A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter P the French authors Jean-Bernard Pouy and Anne Percin

 

As I plow my way through this monthly challenge and read about a few specific French authors I realize why my journey as a French immigrant in the US was sometimes a challenge too.

Jean-Bernard Pouy is my challenge of the day. His profession before he started to write has no equivalent in the American education system. His political beliefs and his writing are very French too.

I come from a land that is hard to define in a nutshell. Not saying that I would ever attempt to limit the vast United States to a nutshell either.

Anyway, I will do my best to give you an accurate portrait of a very French author.

Jean-Bernard Pouy was born in 1946 in Paris where he still lives with his family. After studying cinema at the university he worked as a high school social worker in charge of social, cultural, and educational projects. Who does this kind of job in our American schools?

Pouy is a libertarian and a few themes are so recurrent through his writing that they became almost obsessional: the SNCF (the national company that manages the French railroads, because Pouy’s father was a station master) and the politics, the Tour de France and rock and roll music, the armed struggle and the pleasure that accompanies writing.

His novels, pure product of the French roman noir or noir fiction culture, aren’t translated in English. Pouy is also the creator of the popular protagonist Le Poulpe, a detective nicknamed Octopus because of his long arms. Many French writers collaborate to the successful collection. Which has been made into a movie and a series of comics.

One particularity in Pouy’s writing: no graphic violence or sex.

In case you read French, I found this article in Le Nouvel Obs, a French weekly magazine. I think you’ll find Pouy a unique guy.

 

 

Spring flowers in Saint Augustine, Florida

 

Écrivain libertaire et père du fameux Poulpe, Jean-Bernard Pouy promène de livre en livre de drôles d’obsessions : la SNCF (son père était chef de gare à Tarbes) et la politique, le Tour de France et le rock and roll, la lutte armée et le plaisir d’écrire. Cet article du Nouvel Obs définit assez bien je pense cet auteur français hors du commun et qu’il m’a été si difficile de décrire aux lecteurs américains de mon blog.

Avez-vous lu Pouy? Aimez-vous ses romans?

Extrait de “1280 âmes:”

“Les bons livres qui disparaissent peu à peu de la mémoire active des hommes comptent sur des gens comme moi pour être toujours présents sur les rayonnages. Quand ils y sont, au chaud, la tranche offerte, ils trouvent toujours un amant de passage.”

“Sur le court trajet de la librairie, j’ai pesé le pour et le contre. Fermer le bouclard dix jours ou trouver quelqu’un qui garde le fonds?

Et puis je me suis dit que c’est du meilleur effet de mettre, de temps en temps, sur la porte un écriteau du genre :

“Votre libraire est en vacances, il reviendra le 28…”

Ça fait riche, ça fait commerçant repu qui n’est pas esclave de ses murs, ça fait affaire qui roule et qui amasse suffisamment de mousse pour aller se faire dorer à Ibiza.”

Extrait de “1280 âmes:”

“- Vous connaissez Jim Thompson, bien sûr.

– Quand même…

– Et le numéro 1000 de la Série Noire.

– 1275 âmes. Un chef d’œuvre.

– Traduit par Marcel Duhamel himself. Titre anglais ?

– Pop 1280.

– Voilà le problème. Soi-disant que ça sonnait mieux. Mais avec des conneries comme ça, lors de cette traduction, cinq personnes ont disparu, cinq habitants de la bourgade de Pottsville.

– Ploucville, comme disait Duhamel.

– Ça me taraude. Ça m’empêche de considérer cette littérature, la noire, comme parfaite, un truc comme ça. J’aimerais que vous me les retrouviez, ces passés à l’as, pour raison signifiante. Je vous en garderais une éternelle reconnaissance.”

Early spring on the way to Half Dome, Yosemite National Park

Considered a “queer writer” in France since she refuses to enter into any writing category, Anne Percin writes for children, teenagers and adults alike.

She was born in Epinal in 1970, has lived in the suburbs of Strasbourg and in Paris, before moving to Burgundy. She currently writes and teaches.

Her beloved series about Maxime, a seventeen-year-old boy, is a best seller in France. I wish the novels would be available in English. Smart (a computer whiz), tender (loves his family), a musician (like so many teens), Maxime is a real modern teen boy. Through vivid language and witty and realistic dialogues the author manages to offer an honest and hilarious portrait of an adolescent who is in fact more mature than he appears to be.

Even though many of you don’t read French, I couldn’t resist and picked three short extracts from three of the four books in this really, really good series.

 

Spring vegetation at the top of Clouds Rest, Yosemite National Park

Anne Percin est née en 1970 à Epinal, a vécu dans les banlieues de Strasbourg et à Paris avant de s’installer en Bourgogne avec sa famille. Elle écrit à la fois pour enfants, adolescents, et adultes. Sur la page de son éditeur vous pourrez trouver sa bibliographie et puis Babelio propose aussi des extraits de ses romans.

Mes romans préférés font partie de sa série pour ados avec le craquant Maxime qui vit ses dix-sept ans avec pas mal de panache malgré les obstacles qui se mettent en travers de sa route et les erreurs de sa part.

Comment (bien) rater ses vacances, Comment maximiser (enfin) ses vacances, Comment (bien) gérer sa love story, Comment devenir une rock star (ou pas) sont tous des best sellers en France.

Mon amie blogueuse quant à elle aime beaucoup Le Premier Eté.

Alors on a un peu débordé avec les extraits…

Elle en a choisi un que j’aime vraiment, vraiment beaucoup sur le bonheur. Il vient du roman Bonheur Fantôme.

Extrait de “Comment (bien) rater ses vacances:”

« Maxime: Une brioche maison! me suis-je extasié. C’est pour moi que tu t’es donné tout ce mal? Fallait pas!
Mamie: Je sais, c’est pour ça que je l’ai achetée chez Picard. »

Extrait de “Comment (bien) gérer sa love story:”

« -La jeunesse moderne, elle est obligée d’être inventive, parce qu’elle a rien. On lui laisse plus rien. Tout a déjà été inventé, alors elle recycle.
-Qu’est-ce que tu veux, on est des écocitoyens. »

Extrait de “Comment devenir une rock star (ou pas):”

” Kévin n’est pas un grand amateur de musique. Pour lui, Le Clavier bien tempéré de Bach, c’est un ordinateur allemand avec la clim.”

Extrait de ” Le premier été:”

“Ce n’est pas une tombe. Pas plus que ne le sont, sur le bord des nationales, les silhouettes noires découpées dans le métal, sur les sites des accidents meurtriers. C’est vide, ça ne contient rien, ça ne protège rien. C’est juste un lieu, une borne, un espace délimité pour fixer le souvenir du drame…”

Extrait de “Le premier été:”

À seize ans, la peau n’est pas un rempart assez solide pour se passer de carapace. Il faut des déguisements, des masques, pour supporter le regard des autres sur soi alors qu’on ignore totalement à quoi on peut ressembler.”

Extrait de “Le premier été:”

“… T’as une de ces mémoires, toi, dis donc !
Oui, j’ai UNE DE CES MÉMOIRES. Une de celles qui ne laissent pas de zone d’ombre et aucune place au doute.
Une mémoire cruelle.”

Extrait de “Bonheur fantôme:”

“Le bonheur, même quand il vous est donné d’un coup, il faut se retenir d’en jouir trop vite, il faut en faire de petites provisions pour les jours d’après.

Car viennent ensuite des jours entiers, tout noirs.”

 

See you tomorrow with letter Q!

A demain pour la lettre Q!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

 

 

A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter O the French authors Jean-Hugues Oppel and Véronique Ovaldé

 

Back in the winter, when I was still undecided about my participation to the A to Z Challenge I considered the possibility to introduce authors who only write for children and teens. It would have been a mix of French and American authors. As I move on through the month of April I realize that several of my picks are men and women who write for both readerships.

Today Jean-Hugues Oppel is again one of them. In fact, he has written equally for both. Born in Paris in 1957, he’s one of the most beloved noir novel authors. Ippon, one of his thrillers for children has been particularly well-received.

Unfortunately neither Wikipedia nor any other website offers an English presentation for this author. I would love to translate the extracts that my French blogger friend has selected for Oppel. But translating fiction is a real job, especially when dark humor (a French forte) infuses the writing. So…

Potted geraniums on a balcony in New Orleans. Then the city looks even more French.

 

Né en 1957, Jean-Hugues Oppel est un auteur franco-suisse qui partage son temps entre l’écriture de romans noirs pour adultes et de romans d’aventures pour la jeunesse.

De bonnes critiques sur Babelio par les lecteurs qui ont lu Ippon, l’un de ses romans destinés aux enfants dès l’âge de 9 ans. Si vous en avez un qui aime le judo et les thrillers, c’est un roman qu’il adorera.

Extrait de “Ippon:”

“Sébastien n’ose pas appeler, les mots restent bloqués dans sa bouche. Il se sent stupide. Très enfant, tout à coup. Trop. C’est ridicule. La semaine dernière encore, au club, il ratatinait son copain Fernand qui est pourtant plus vieux que lui, et ceinture marron. Bientôt noire, même.”

Extrait de “Vostok:”

“Depuis le feu et la roue, on ne compte plus, les “plus-plus-grands-progrès-de-l’histoire-de-l’humanité”, avec un grand H….. C’est comme les cambriolages du siècle, vous savez, au douzième commis avant la fin de la première décennie ça ne fait plus sérieux !”

Extrait de “French Tabloïds:”

“Le rapporteur expédie les questions diverses. Le maire opine toujours. Puis on vote des résolutions. On vote des lignes de crédits. On vote des lignes de dépenses. Il n’y aura aucun suspense quant aux résultats des votes : le parti du maire a -la majorité absolue au conseil municipal. On pourrait voter à main levée pour aller plus vite.

L’opposition vote contre tout ce qu’elle peut être contre. L’opposition s’abstient quand voter contre serait ridicule. Elle vote pour parce qu’elle ne peut pas faire autrement dès qu’il s’agit des anciens combattants ou des petits vieux pensionnés.

C’est beau la démocratie à l’ouvrage.”

Extrait de “Barjot:”

“Sept à table. Deux kir, deux Suze-cassis, un porto, un whisky-coca, un coca nature. Une tablée sinistre sur fond sonore d’Angleterre tatchérienne. Sept convives qui attendent le maître de maison en louchant sur les plats. On sait rester poli.

Ils ont encore quatorze minutes d’existence devant eux.”

 

Spring in Lake Tahoe, California

 

Véronique Ovaldé was born in 1972 in Rosny-sous-Bois, in the Parisian suburbs, minutes away from my husband’s hometown. She’s worked in the publishing industry before starting to write fiction. Two of her novels have been translated in English. I read Kick the Animal Out, translated from Déloger l’Animal. I haven’t read And My See-Through Heart.

My French blogger friend favors Ce que je sais de Vera Candida, which isn’t available in English. Too bad, since the extract she chose is a moving evocation of a mother’s love for her daughter, told mostly through the sense of smell.

Véronique Ovaldé’s writing is infused with poetry but no sentimentality. She often writes at the edge between dream and reality. This is what I liked in Kick the Animal Out. It’s not a novel for readers who like a clean definite ending. But it will satisfy the ones who appreciate the power of human thoughts, especially when we’ve been hurt. Looks like she explored a similar theme in And My See-Through Heart that I just put on my to-read list.

As soon as she started to be published Véronique Ovaldé earned solid fans among her readers and well-deserved praise. Her novels have received several literary awards. This Wikipedia page highlights her productive and meaningful career.

 

Sparse vegetation in Arches National Park, Utah

Pour les français Babelio vous dira tout sur Véronique Ovaldé si vous ne la connaissez pas encore. J’ai aimé son roman Kick the Animal Out, traduit de Déloger l’Animal. C’est une histoire étrange qui n’a pas de fin définie. On ne sait jamais rien de précis tout au long du roman et de l’histoire de Rose, cette ado de quinze ans. Sauf qu’elle souffre. Et cela m’a suffit pour vouloir la suivre jusqu’à la dernière page.

Mon amie bloggeuse m’a confié tout avoir aimé de Véronique Ovaldé, sauf son dernier roman qui se déroule à Los Angeles. Son préféré de tous reste Ce que je sais de Vera Candida et c’est pour cela qu’elle a sélectionné ce très bel extrait qui est une évocation magnifique de l’amour d’une mère pour sa fille. On sait l’importance des sens au cours de nos vies, mais il est vrai que ces cinq sens sont complètement exacerbés en présence de nos enfants quand ils sont très jeunes. Particulièrement l’odorat, le plus primal des cinq.

J’ai trouvé et lu cet article sur Véronique Ovaldé dans Libé. Et j’ai ajouté son roman Et mon cœur transparent sur ma liste de livres à lire.

Extrait de “Ce que je sais de Vera Candida:”

“ L’odeur de Monica Rose faisait chavirer Vera Candida. Elle s’asseyait près de sa fille et plongeait le visage dans ses cheveux. Ils sentaient le sel et l’iode, le vent et quelque chose de plus souterrain et mammifère, comme la sueur d’un minuscule rongeur ou bien d’un petit loup. Monica Rose sentait la fourrure. Vera Candida se disait toujours : “Comment ferai-je quand je serai une très vieille femme, que je n’y verrai plus, que je tenterai de me souvenir de cette odeur?” Elle s’efforçait d’enregistrer comme sur des cylindres d’argile les sensations liées à sa fille : la main de la petite dans la sienne, la façon dont Monica Rose serrait son cou avec ses bras aussi fins que des roseaux, elle serrait serrait en y mettant toute sa minuscule force, et c’était inenvisageable de ne plus être deux un jour, c’était si injuste que cela paraissait impossible. »

Extrait de “Déloger l’animal:”

Un soir Monsieur Loyal est rentré trop tôt.

“Moi j’étais au lit dans ma chambre minuscule avec sa toute petite fenêtre grillagée (ce n’était pas une chambre me semblait-il, mais bien un garde-manger, un lieu où l’on avait jadis entreposé des jambons et des pommes de terre parce qu’il y faisait sec, frais et sombre, et où l’on m’avait rangée pour les mêmes raisons, c’était, disait maman, le meilleur endroit de la maison). Je dormais et ce furent les éclats de voix qui venaient du salon qui me réveillèrent.”

“Comment avait-elle osé partir et ne pas m’emmener ? J’ai pris la disparition de maman entre mes mains, j’en ai fait une boule toute serrée, je l’ai avalée pour que l’ennemi ne la trouve pas.”

“J’ai croisé les doigts de mes deux mains, croisé les jambes, les pieds, les sandalettes, tout ce que j’ai pu réussir à croiser à fin d’exorcisme. J’ai espéré que mon anxiété fut conjuratoire et non prémonitoire.”

Extrait de “Et mon cœur transparent:”

“Une ombre vit sur le visage de ceux qui ont perdu quelqu’un. L’ombre d’une plante grimpante. Elle croît à leur insu, et quand ils pensent que personne ne les surveille, elle baigne leurs traits d’absence, de gravité et de perplexité. C’est un démon discret qui habite leur visage. Il se cache dès que quelqu’un le regarde.”

 

 

See you tomorrow with letter P!

A demain pour la lettre P!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

 

 

A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

 

Today for the letter N the French authors Jean-Paul Nozière and Amélie Nothomb

 

Jean-Paul Nozière is also one of these authors who write for adults and children alike. In fact, he started to write for children and teenagers more than fifteen years before his first novel for adults was published. His website is a mine of information. But it’s in French. So, here is again, thanks to Wikipedia, a short blurb about this author.

Un Eté Algérien, Nozière’s most renowned novel for teens, has received several literary awards. The story tells of the end of the friendship between two fifteen-year-old boys caught in the endless Algeria war. Over the course of one summer, they will have to take sides. Sélim will choose to join the fight for the independence of Algeria while Paul will remain loyal to French Algeria. This moving story set in Algeria in 1958 shows how historical events affect everyone, including children and teenagers. Unfortunately, this sober book, written with heart an nuance, isn’t available in English.

Through most of Nozière’s works, whether for children or adults, the themes of Algeria and its endless bloody war toward independence are recurrent.

In his well-known adult series, Les Enquêtes de Slimane, for example, Slimane, nicknamed the Arab, entered the police to understand his father’s murder, an older harki, and maybe to find his killers.

A note about the word “Harki” for anyone who has an interest in French history:

The word defines the Muslim Arabs who served as auxiliaries during the Algeria war between 1954 and 1962. It sometimes applies as well to all Algerian Muslims who supported French Algeria during the war. In France, “Harki” can apply to the repatriated French Muslims living in the country since 1962 and to their descendants born in France. The word “Harki” refers then to a social group, a fraction of the French Muslims born of Algerian descent, a distinct from other French of Algerian origin or from Algerians living in France. In 2003, French President Jacques Chirac established September 25 as the Day of National Recognition for the Harkis. On April 14, 2012 President Nicolas Sarkozy recognized France’s historical responsibility in abandoning Harki Algerians veterans at the time of war.

 

Vinca is a great groundcover plant but also a colorful spring addition when potted.

Jean-Paul Nozière a écrit pour adolescents pendant une quinzaine d’années avant de publier son premier roman pour adultes.

Son roman le plus connu pour adolescents, ou en tous cas le plus reconnu, reste “Un Eté Algérien.” L’histoire se déroule en 1957 en pleine guerre d’Algérie. Sélim et Paul sont amis d’enfance, mais l’été de leurs quinze ans marque la fin de leur amitié d’enfance. Il est tout autant impossible à Sélim de ne pas soutenir l’indépendance de l’Algérie qu’il ne l’est à Paul de ne pas défendre l’Algérie française. Ce roman sobre illustre le poids inéluctable de l’histoire sur deux adolescents dont l’amitié ne peut résister aux choix politiques que chacun prend.

Si vous voulez en savoir plus sur “Un Eté Algérien” je trouve la revue sur Ricochet très complète.

Et si vous avez un ado qui aime l’histoire, Le Ville de Marseille par Nozière est aussi un bon roman qui traite également de la guerre d’Algérie.

Les thèmes de la guerre d’Algérie et de l’indépendance sont très présents dans l’oeuvre de Nozière, que ce soit dans ses romans pour adolescents ou pour adultes.

Dans sa série Les Enquêtes de Slimane par exemple, Paul Slimane Rahali, surnommé l’Arabe, est entré dans la police pour comprendre le meurtre de son père ancien harki, et peut-être découvrir les assassins.  Depuis qu’il a démissionné de la police il vit la plupart du temps dans un camping-car, regarde des cassettes vidéo, ou se promène en VTT. Il lui arrive parfois d’exercer la profession non avouée de détective, couvert par une ancienne collègue, Florence, avec laquelle il a des relations épisodiques.

 

Extrait de “Un Eté Algérien:”

“La guerre faisait rage et je n’avais pas d’autre choix que de m’y engager pour sauver ma patrie.”

 

Early spring patches of green in Maine

Sometimes the A to Z challenge demands some modifications. I initially thought of another female author for the letter N, but Amélie Nothomb is quite phenomenal and although she was born in Belgium she writes in French, so I decided to go with her.

Amélie Nothomb’s father was a diplomat and she spent the five first years of her life in Japan. Fascinated by this country, she will later become fluent in Japanese and work a translator. Due to her father’s career Nothomb has lived in many parts of the world. Although she has now a home in Brussels she still lives all over the world where she loves meeting her readers.

Her first novel Hygiène de l’assassin or Hygiene of the Assassin in English was published in 1992 and brought her immediate success and recognition. Extremely prolific she has since then published a novel every year. Each of her novels has been a best seller in France. All are translated in English.

Her novel Tokyo Fiancée will interest anyone who has experienced any cultural and linguistic challenge. This is what the New York Times wrote about the novel, which is also a movie. Here is a review about the movie.

Fear and Trembling was awarded the prestigious Grand Prix du roman de l’Académie française in 1999 and is also adapted to the movies.

Even if you don’t speak French I invite you to visit Amelie Nothomb’s website, simply for aesthetic reasons.

Charleston, South Carolina

Si vous vivez en France vous n’avez pas pu échapper au phénomène Amélie Nothomb. Je me suis permise un petit écart car cette auteure est de nationalité belge. Mais elle écrit en français et a obtenu le Grand Prix du roman de l’Académie française en 1999 pour son roman “Stupeur et Tremblements.”

Celui qui l’a fait connaitre est “Hygiène de l’Assassin.” Ses romans sont tous traduits en de nombreuses langues, y compris en anglais et trois d’entre eux ont été adaptés au cinéma. Son site est beau et je vous invite à le visiter.

Extrait de “Stupeurs et Tremblements:”

“Récapitulons, petite je voulais devenir Dieu. Très vite, je compris que c’était trop demander et je mis un peu d’eau bénite dans mon vin de messe : je serais Jésus. J’eus rapidement conscience de mon excès d’ambition et acceptai de « faire » martyre quand je serais grande
Adulte, je me résolus à être moins mégalomane et à travailler comme interprète dans une société japonaise. Hélas, c’était trop bien pour moi et je dus descendre un échelon pour devenir comptable. Mais il n’y avait pas de frein à ma foudroyante chute sociale. Je fus mutée au poste de rien du tout. Malheureusement –j’aurais dû m(en douter- rien du tout, c’était encore trop bien pour moi. Et ce fus alors que je reçus mon affectation ultime : nettoyeuse de chiottes.”

Extrait de “Hygiène de l’assassin:”

“- Féministe, moi ? Je hais les femmes encore plus que les hommes.
– Pourquoi ?
– Pour mille raisons. D’abord parce qu’elles sont laides : avez-vous déjà vu plus laid qu’une femme ? A-t-on idée d’avoir des seins, des hanches, et je vous épargne le reste ?
Et puis, je hais les femmes comme je hais toutes les victimes. Une très sale race, les victimes. Si on exterminait à fond cette race-là, peut être aurait-on enfin la paix, et peux-être les victimes auraient-elles enfin ce qu’elles désirent, à savoir le martyre.
Les femmes sont des victimes particulièrement pernicieuses puisqu’elles sont avant tout victimes d’elles-mêmes, des autres femmes.
Si vous voulez connaître la lie des sentiments humains, penchez-vous sur les sentiments que nourrissent les femmes envers les autres femmes : vous frissonnerez d’horreur devant tant d’hypocrisies, de jalousie, de méchanceté, de bassesse. Jamais vous ne verrez deux femmes de battre sainement à coups de poing ni même s’envoyer une solide bordée d’injures : chez elles, c’est le le triomphe des coups bas, des petites phrases immondes qui font tellement plus mal qu’un direct dans la mâchoire.”

 

 

See you tomorrow with letter O!

A demain pour la lettre O!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

 

Today for the letter M the French authors  Diane Meur and Marcus Malte

When I started this challenge I thought of expanding to francophone authors. After all, French is spoken in more countries than France. Then I decided to stick to my native land because some writers had specifically written about France. Today, Diane Meur is my exception.

She was born in 1970 in Belgium but studied and now lives and works in France. Her academic background is stellar. Fluent in German, she is a translator. In fact, she started the writing of her first novel La Vie de Mardochée de Löwenfels, écrite par lui- même while translating. Despite her fiction writing career she is still a translator.

Only one of her novels and a collection of personal essays are available in English.

House of Shadows is published by the University of Chicago Press Books. In this novel the narrator is an ancestral house that tells of generations of inhabitants during the struggle for Polish independence. A slice of Eastern Europe history told through a unique voice. Impressive.

In her much more personal book In Dreams Diane Meur shares her dreams of the years 2008–2010, a time of global upheaval that happened to coincide with upheavals in her own life.

First Daffoldild in Maine

Diane Meur est née en Belgique en 1970 et après ses études secondaires au lycée français de Bruxelles elle y apprend l’allemand elle s’installe à Paris pour poursuivre ses études.
Après deux années de classes préparatoires au lycée Henri IV, elle intègre l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, en section lettres modernes. Hésitant entre allemand, lettres modernes et histoire, très vite elle se lance dans la traduction.
Elle commence d’ailleurs l’écriture de son premier roman La Vie de Mardochée de Löwenfels écrite par lui-même grâce à son travail de recherche pour la traduction. Le livre publié par Sabine Wespieser en 2002 sera suivi par Raptus (2004), Les Vivants et les Ombres (2007) et Les Villes de la plaine (2011), tous chez le même éditeur, et distingués par des prix et traduits dans plusieurs pays. En 2015 elle publie La Carte des Mendelssohn, magistral et tentaculaire roman épousant trois siècles de l’histoire allemande, qui conjugue érudition, fantaisie et subversion. En parallèle Diane Meur poursuit toujours son travail de traductrice.

“La Vie de Mardochée de Löwenfels, écrite par lui-même” est un roman impressionnant comme on en lit rarement. La 4ème de couverture vous permettra de juger du contenu par vous mêmes:

“Les noms sont souvent un destin : celui de Mardochée, ainsi baptisé selon le vœu imprudent d’un de ses aïeux lors de la troisième croisade, le mènera bien loin du duché familial dont il semble un temps promis à reprendre la succession.

Dans le récit haut en couleur de ses apprentissages, où se superpose, à la mélancolie narquoise du narrateur vieillissant, l’ironie tragique de l’histoire, on découvre un XIVe siècle très détaché des conventions du genre historique. Sans doute y voit-on se dérouler aventures de grand chemin, scènes de liesse et complots politiques ; sans doute y croise-t-on, parmi d’autres figures réelles ou inventées, maître Eckhart, Guillaume d’Ockam et Marsile de Padoue. Mais toujours le pittoresque le cède à la fantaisie désinvolte de l’auteur, les truands y sont bons pères de famille, les théologiens athées, les rejetons d’empereur républicains…

Sur fond de heurts et d’échanges entre les trois religions du Livre, dans un Saint-Empire germanique tiraillé entre guelfes et gibelins, Mardochée, humaniste avant l’heure, relate ses errements amoureux, son initiation aux doctrines hétérodoxes, son progressif éveil à un monde violent et inique; tandis que déjà se profile, avec la grande peste, une première catastrophe de la raison.”

Dans “Les Vivants et les Ombres,” la narratrice est la demeure qui raconte l’histoire de la famille. Un tour de force.

L’une de mes auteures favorites pour adolescents aux US (A. S. King) utilise partiellement ce procédé de narration. Les endroits familiers aux personnages principaux sont eux aussi des personnages qui observent et analysent les actions et pensées des humains. J’adore!

Extrait de “Les vivants et les ombres:”

“Et je commence à comprendre ce que sont, pour les humains, le temps et son écoulement irrémédiable. Moi qui me laissais vivre dans l’idée que tout est toujours là et peut être rappelé à loisir, je découvre l’humaine amertume des occasions manquées.”

Balboa Park, San Diego, California

I admit my weakness and foundness for authors who write for adults and children. Marcus Malte is one of them.

Born in 1967 in La Seyne-sur-Mer, near Toulon, Marcus Malte claims arriving to writing after failed attempts to work in the film and music industries. In his short bio he adds that he’s currently waiting to see if writing will work.

It works, Mr. Malte. It really works.

Malte is currently praised for his most recent novel Le Garçon that tells of Joseph, a boy who grew up away from all forms of modern civilization until he decides in 1908 to leave his remote southern France little corner of the world where he has lived until then with his mother. As you can esily imagine the boy will meet the best and the worst of humanity, especially when the war shatters all of Europe and soon the world.

In addition to this novel, Marcus Malte has written other novels, novellas, short stories, picture books, and even comics.

Again, if you read French, you are more than welcome to pay a visit to my challenge partner. She has reviewed Canisses, one of Malte’s novels, on her blog.

His work is not translated in English. I wish his picture books were.

I particularly like Sous ma Couverture Vit une Souris. A little girl and a little green mouse talk together under a blanket. I would have loved this book when my oldest daughter lost her first tooth and was upset when she thought I had lied to her, telling her it was a mouse who traded a tooth for a coin instead of a fairy. Adorable story preceded by three other books about a white bear, a turtle and a kangaroo, all living under the little girl’s blanket.

 

Sub Tropical Vegetation in Key Largo, Florida

J’avoue avoir un faible pour ceux et celles qui écrivent à la fois pour adultes et enfants. Marcus Malte en fait partie. Son site est parfait et vous pouvez y trouver sa longue bibliographie. Né en 1967 à la Seyne-sur-Mer il n’a jamais quitté la région. Il a tenté le film et la musique mais finalement c’est l’écriture de romans, de nouvelles, d’albums illustrés, et même de BD qui lui a réussit.

La livrophage/lectrice en campagne adore. Elle a chroniqué son roman “Canisses” sur son blog. On parle beaucoup de lui cette année pour son dernier roman chez Zulma “Le garçon,” Prix Fémina 2016.

Et puis Malte écrit pour la jeunesse!

J’aurais aimé avoir son album “Une Souris Vit sous ma Couverture” pour ma fille ainée lorsqu’elle a perdu sa première dent. Notre petite souris française est une fée aux Etats Unis. Pas très grave, me direz-vous. Un drame pour un enfant d’immigrés qui ignorent les plus simples coutumes. C’est pour cela que j’aime tant la litérature jeunesse. Elle est aussi importante pour les grands que pour les petits.

 

Extrait de “Le garçon:”

“Joseph parle peu. Lorsqu’il s’exprime c’est par des sortes d’apologues qu’il rovide d’une voix grave, sans inflexions et fixant devant lui quelque chose qui ne se trouve pas là mais ailleurs, dans un autre cercle du temps. Et le rovid écoute. Si le sens de ces paroles lui demeure souvent inaccessible, leur sobre mélodie en revanche lui roviden au coeur. Elle le pénètre, elle le charge, elle le nourrit, et son coeur devient si plein et si gros que le rovid est souvent contraint d’élargir sa poitrine d’une vaste inspiration. Est-ce seulement le flux sonore qui lui cause cet effet ? Le rythme ? Les vibrations ? Il a déjà connu semblable sensation quand au rovident parfois il surprenait sa rov dans ses conversations solitaires. Il la connaîtra à nouveau plus tard à la faveur d’une mélodie particulière issue du pavillon d’un hautbois. Mais quoi ? Qu’est-ce exactement ? On l’ignore. Et de rovi faîtes que le mystère perdure. L’indéchiffrable et l’indicible. Que nul ne sache jamais d’où rovident l’émotion qui nous étreint devant la beauté d’un chant, d’un récit, d’un vers.”

Extrait de “Cannisses:”

“Maintenant que j’y songe, la chatte Guimauve elle s’est fait écraser dans les tous premiers jours de notre arrivée. Ça ne faisait pas une semaine qu’on avait emménagé ici. On aurait dû comprendre que c’était un signe. Une sorte d’avertissement. Je m’en veux, c’est moi qui aurais dû y penser. En face, ce n’était pas encore vendu. Ce n’était pas trop tard pour changer. On n’avait pas déballé la moitié des cartons. Il suffisait de traverser la rue pour inverser le sort. C’est moi qui serais allé déposer un petit mot dans sa boîte aux lettres à lui. Ses condoléances, ça me fait une belle jambe. Dire qu’il suffisait de traverser. “

 

See you on Monday with letter N!

A lundi pour la lettre N!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter L the French authors Gilles Leroy and Marie-Hélène Lafon

Gilles Leroy‘s novels are translated in more than thirty languages but not in English. Go figure. Particularly since he wrote an historical fiction trilogy on the backdrop of America. Alabama Song even won the most prestigious Prix Goncourt in 2007. This New York Times article acknowledges the accomplishment.

Alabama Song is set in Alabama in 1918. When Zelda, a Southern Belle, meets Scott Fitzgerald, her life takes a whole new direction. Scott has already decided to become a writer and the two of them are soon the couple the most adulated in New York City. Zelda and Scott are still very young and won’t survive the excesses of the city. The rest is history.

A portrait of a woman who desperately tried to exist beyond her writer-husband’s extraordinary destructive appetites.

Zola Jackson is the fictional story of an African American teacher from New Orleans during hurricane Katrina in August 2005. While her neighbors wait for help that will take forever to arrive, Zola organizes her survival. Water rises, unstoppable, TV helicopters film the ongoing tragedy, while hiding in her attic with her dog Lady, Zola waits, ready for the worst.

Gilles Leroy writes a story of resilience and survival during the most tragic natural catastrophe that hit modern America.

Nina Simone, the third novel in Leroy’s American series, tells of the making of Nina Simone, from Eunice Kathleen Waymon, the little black girl from Tryon, North Carolina born in 1933, to the immense diva the world will get to know. Her destiny resembles a novel, which probably triggered Leroy’s desire to write her story, blending true biographic facts to his imagination.

 Still from the rose garden in Tyler, Texas

Il est rare qu’un auteur français qui reçoit le Prix Goncourt ne soit pas traduit en anglais. Et pourtant c’est ce que se passe avec “Alabama Song,” écrit par Gilles Leroy. L’auteur s’est glissé dans la peau de Zelda Fitzgerald pour nous offrir un portrait de la femme qui aura partagé la vie de Scott. On connaît l’histoire de ce couple qui fut la coqueluche de New York et qui ne survivra pas au succès grisant qui les entourera. Zelda bien sûr souffrira d’être cannibalisée par le grand écrivain et c’est sa voix que Gilles Leroy écoute alors qu’il écrit ce roman.

Les deux autres romans de Leroy, également écrits avec pour toile de fond les Etats Unis, sont à propos de la seule et unique diva Nina Simone et d’un personnage fictif (une femme noire de la Nouvelle Orléans pendant l’ouragan Katrina).

La bibliographie intégrale de Gilles Leroy est disponible sur Babelio. Un site que je découvre de plus en plus depuis le début de ce challenge et que je trouve un peu similaire Goodreads américain mais beaucoup mieux organisé et plus simple d’accès. Et puis le site de l’auteur est aussi une mine d’informations.

 

Extrait de “Alabama Song:”

“Plus je claquais des dents, plus il me serrait contre lui, toute menue, comme un grand rien contre lui si plein.”

Extrait de “Zola Jackson:”

“Mon enfant, on dirait que c’est l’heure. L’heure de te rejoindre et je ne l’ai pas volée. Ça fait peur, ça fait un bien fou.

Délivre moi mon fils, délivre moi du mal, délivre moi de mes péchés, libère moi de la peur, pardonne la bêtise, pardonne la jalousie, délivre moi du poinçon de haine, délivre moi du goût amer des passions tristes, délivre moi de ton amour pour toi, délivre moi.”

Extrait de “Nina Simone:”

“Eunice, c’était mon vrai nom. Maintenant je l’ai presque oublié. Cinquante années passées dans la peau de Nina Simone m’ont fait oublier mon nom. Et c’est une drôle de chose, à la fin, que de devoir porter un nom qui n’a jamais été le sien. Pour vivre un destin qui n’était pas le sien.”

Marie-Hélène Lafon, what a discovery!

I wish you all spoke French. My challenge would be a piece of cake or simple comme bonjour as we say in my native France.

First, I would invite you to read this blog post.

Then, I would require from you to visit the author’s page on the website Esprits Nomades. What I read there about Marie-Hélène Lafon and written by Marie-Hélène Lafon is profoundly moving.

But I know it is a lot to ask from you. So I will do my best to offer you Marie-Hélène Lafon in a nutshell.

Born in 1962 in Aurillac, in the Auvergne region, the author is the daughter of farm workers. Early on she knows that education is the key to leave the farm and her rough homeland; the only key in fact for girls. With financial help she’s able to study at the Sorbonne University, in Paris. Then, she started to teach middle school French, Latin, and Greek. Despites her writing career Lafon still teaches these subjects to middle school students. I can’t live from my writing, she says, because I sell modestly. But I teach middle school not only for financial reasons, but because I love my job. Teaching French, Latin, and Greek has a meaning for me.

But if Lafon lives in Paris she has never left her native Aurillac and each and every of her books is strongly biographical, although they are not memoirs. The author, quiet by nature, has observed the people and her native land with exceptional honesty, respect, and tenderness. She insists that even though she has learned to eat her soup quietly she is still a girl and a daughter from this tough territory, lodged in the belly of France. Her writing borrows a lot to the vocabulary of the land and farming. She says reading out loud everything she writes. I suppose that she wants each word to sound, taste, and smell like the land and the people she writes about. Her slight novels take the readers to a world that is disappearing. Not only in Auvergne, in my opinion, but in many, many parts of the world. Entire villages are dying now that massive agriculture has taken over and that real estate has expended miles and miles beyond the cities. Lafon’s work is about sociology in the end. She says, for example, that to live between two worlds is what happens to anyone who leaves his/her social borders. In an unexpected way, I found this quite close to the immigration experience as well.

 

Alors là c’est le coup de foudre total. Foudroyée par ce qu’écrit Marie-Hélène Lafon sur la terre, le travail de la terre, les gens simples qui y vivent ou en sont, un monde appelé à disparaitre.

Mon amie bloggeuse aime cette auteure autant que moi. Plus encore sans doute qui moi qui n’ai lu que “Joseph.” Si vous ne connaissez pas Marie-Hélène Lafon, je vous supplie de la lire. Ses mots pétris dans la terre du Cantal, mais finalement dans la terre tout court, sont empreints de sagesse, de tendresse, de respect pour le monde rural qui disparait, celui du travail agricole, celui des petits villages, celui de la nature qui grandit autour de vous quand vous êtes un enfant de la campagne et reste au fond du ventre pour le reste de votre vie, que vous soyez à Paris ou dans n’importe quelle ville.

Le billet de la livrophage/ lectrice en campagne est super. Comme moi elle est aime la vision de Lafon sur la ruralité, une visions empreinte de sensibilité humaine mais jamais mièvre. Et je vous conseille vraiment la page Marie-Hélène Lafon sur le site Esprits Nomades. J’ai essayé d’en dire quelques mots en anglais ci-dessus, mais si vous lisez le français, s’il vous plait, lisez ses mots exceptionnels. Le langage m’a émue. La lucidité de Marie-Hélène Lafon par rapport aux changements inéluctables qui affectent le monde rural m’a donné la chair de poule. Son analyse sur le départ de sa terre natale et du passage à une classe sociale différente m’a beaucoup touchée aussi. Elle affirme que celui ou celle qui se sépare de la terre de son enfance pour la ville ou un autre endroit vit sa vie à la lisière de deux mondes, ce qui pour elle est un terrain inconfortable fécond pour l’écriture.

Mais mon verbiage n’a ni gout ni odeur en comparaison des mots de l’auteure, modelés dans la terre.

 

 

 

See you tomorrow with letter M!

A demain pour la lettre M!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

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A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter K the French authors  Milan Kundera and Maylis de Kerangal

Once again today I feel the weight of the years as I write about Milan Kundera, a great name in French literature. The Czech-born author wrote the renowned L’insoupçonnable légèreté de l’être in 1982. The novel was published in 1984 and became an immediate success. I should even say all the rage. Back then, everyone I knew had to read it. It was new, bold, different. The novel explored several themes and introduced characters who incarnated big human ideas. Among them, Tomas who hesitated between being a womanizer or a passionate lover, while Tereza on the other hand sought true pure love and Sabina lightness.

The Unbearable Lightness of Being is the English translation of this novel. In addition, the American movie director Philip Kaufman adapted it for the big screen, featuring the French actress Juliette Binoche and the British actor Daniel Day-Lewis.

Because nobody, even great writers, can be above criticism I read this interesting article in The Guardian about Kundera’s sexist view on women.

 

Si vous me lisez en français, vous connaissez obligatoirement Milan Kundera. C’est incontestablement son roman L’insoupçonnable légèreté de l’être qui l’aura fait connaitre. Je me souviens encore de l’engouement que ce roman, inhabituel dans sa forme et contenu, avait suscité lors de sa publication en 1984. Je ne me souviens pas par contre du film avec Juliette Binoche et Daniel Day-Lewis. En recherchant ce billet, je suis tombée sur un article dans The Guardian qui évoque la misogynie et le sexisme de Kundera.

Qu’en pensez-vous? Avez-vous lu Kundera? Ou vu le film inspiré par son best seller L’insoupçonnable légèreté de l’être?

 

 

 

Maylis de Kerangal was born in 1967, in Le Havre in Normandy. Her novels have been very well received in France and are translated in English. Réparer les Vivants or The Heart in its English version, a story about a heart transplant, has been an instant best seller in France. I read this fairly recent review about the novel in the New York Times.  The movie Heal the Living is based on the novel.

But it is Birth Bridge that seems particularly appropriate for an American readership and especially for Californians. The novel is set in a fictional south California town where a fictional bridge is being built, triggering the arrival of a crowd of people from various backgrounds.

Have you read Maylis de Kerangal?

 

 

Une de plus dont je n’ai pas lu les romans qui sont pourtant traduits en anglais et disponibles aux US. Son plus grand succès semble être “Réparer les vivants,” adapté au cinéma sous le même titre. Je ne l’ai pas lu mais il me rappelle le livre de Tatiana de Rosnay, “Le Coeur d’Une Autre,” publié en 2009. Ce livre traitait également de la greffe du coeur en adressant aussi la question du donneur et du receveur. Est-ce qu’un coeur vit au-delà de son rôle d’organe? Est-ce que celui ou celle qui reçoit le coeur d’un autre devient un peu l’autre après la greffe?

Mais le roman “Naissance d’un pont” me semble avoir été écrit pour moi 🙂 puisqu’il se situe dans une ville fictive du sud de la Californie et parle de la construction d’un pont tout autant fictif. La critique est mitigée malgré l’accueil positif de la presse. L’avez-vous lu?

La biographie et bibliographie de l’auteure sont disponibles sur le site Babelio. De nombreuses interviews ou critiques de ses romans sont aussi disponibles online.

Cette interview de l’auteure dans Le Monde et cet article dans le New York Times à propos de “The Heart,” la traduction de “Réparer les vivants,” sont intéressants.

 

Extrait de “Réparer les vivants:”

“Que deviendra l’amour de Juliette une fois que le cœur de Simon recommencera à battre dans un corps inconnu, que deviendra tout ce qui emplissait ce cœur, ses affects lentement déposés en strates depuis le premier jour ou inoculé ça et là dans un élan d’enthousiasme ou un accès de colère, ses amitiés et ses aversions, ses rancunes, sa véhémence, ses inclinations graves et tendres? Que deviendront les salves électriques qui creusaient si fort son cœur quand s’avançait la vague?”

Extrait de “Naissance d’un pont:”

“On aime se dire que la ville était simplement désirable et que donc ils l’ont désirée — tout comme on la désire quand on a quinze ans et qu’on vit loin de tout, engoncé dans la campagne, dans un pauvre bled où le clocher sonne à heure fixe, englué dans ces paysages mornes qui font crever d’ennui, où l’on se couche avec les poules parce qu’il n’y a que ça à foutre alors que ce que l’on voudrait, c’est se faire péter les tympans et briller sur la piste, ou du moins la regarder tout son saoul la nuit durant. Prendre la mesure des lieux.”

 

See you tomorrow with letter L!

A demain pour la lettre L!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

 

A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter J the French authors Philippe Jaenada and Andrea H. Japp

 

Philippe Jaenada was born in 1964. If you read French I recommend his biography written in his own words. Another author who tells of his early struggles in life (working odd jobs, searching for his place in the world before starting to write). Seems like some writers know early on that they are meant to write while others search for a longer time to give a sense to their lives or at least find their role in the world. I love how Jaenada compares falling in love with the woman he will marry as being struck by lightning. A beautiful evocation of the moment. I also suggest stopping by the website of the gorgeous village of Veules-en-Rose, located in Normandy, where the author wrote several of his novels. It’s because of the name of the village that I chose to include these roses that I got to admire a few years ago in the small town of Tyler, Texas. The municipal rose garden is a real gem.

Since I haven’t read Jaenada, I browsed through lots of reviews and visited several websites, besides collecting the information coming all the way from France from my partner for this month. Knowing my tastes, I would probably favor Sulak, based on the life of the French gangster Bruno Sulak nicknamed the gentleman robber since he never hurt anyone during his many holdups, and the most recent La Petite Femelle, another historical fiction novel about Pauline Dubuisson, the contreversial French woman judged in 1953 for the murder of her lover, a young woman who was raped and whose head was shaved at the end of WWII to condemn her affairs with German officers. Jaenada has read everything and explored every trail related to Pauline. In the end, he is the first one to offer a drastically new portrait of a woman whose destiny was intricately tied to the turbulent world around her.

Sadly, or not, you’ll tell me 🙂 the only book available in English from Jaenada is Erotic French Postcards. He’s not even the sole author but merely a contributor.

 

Roses from Tyler, Texas

Philippe Jaenada c’est sa biographie écrite par lui même que j’ai vraiment aimé lire. Et puis je suis tombée sous le charme du village de Veules-en-rose il s’est refugié pour écrire son premier roman et ensuite avec sa femme enceinte pour écrire son second livre. D’ les roses qui illustrent mon billet. Elles viennent d’une petite ville du Texas, sans distintion particulière, si ce n’est son jardin municipal planté de roses de toutes espèces. Nous y sommes passés après un hiver très froid et certains des rosiers avaient gelés.

Pour revenir à Jaenada, me connaissant, je pense que j’aimerais “Sulak” la biographie romancée de Bruno Sulak et “La Petite Femelle” inspirée de la vie réelle de Pauline Dubuisson, jugée en 1953 pour le meurtre de son amant. Une figure contreversée dès la fin de la seconde guerre mondiale, due à ses liaisons avec des officiers allemands, Pauline Dubuisson est l’objet d’un roman dans lequel Jaenada la dépeint au-delà d’une criminelle. J’aime cette prise de position quand on sait l’intolérance avec laquelle les femmes ont été (et sont encore trop souvent) jugées.

Avez-vous lu Jaenada?

Extrait de “Sulak :”

“Le plus difficile n’est pas de partir. Ce n’est rien, de partir, il suffit de mettre un pied devant l’autre. Le plus difficile, se dit-il, c’est de ne pas savoir quand on pourra revenir.”

Extrait de “La petite femelle:”

“Tous ces gens de vingt ou trente ans qui se rangent aux côtés des vieux magistrats pour défendre, de bonne foi et à raison, leur ancien copain, mais aussi la morale, la famille, la fidélité obligatoire et la place traditionnelle des femmes, sont la jeunesse et prétendument la force de l’époque, mais les parents de ceux qui manifesteront contre eux en 68.

Pauline a une génération d’avance sur eux.”

From the rose garden in Tyler, Texas

I read a lot, but I admit lagging behind in recent French literature, so I had not even heard about Andrea H. Japp. My French friend has read several of her novels and favors her early work centered on Gloria Parker, a complex, tormented woman. A mathematician, also the mother of a handicapped child, Parker provides help to the FBI in its investigations. Despite this fact, her work is not available in English.

Andrea J. Happ, born Lionelle Nugon-Baudon in 1957 in Paris, is one of the big names in historical crime fiction in France. A doctor in biochemistry, she is a toxicologist, a renowned researcher, and also the French translator of Patricia Cornwell’s novels (under the pen name Hélène Narbonne.)

 

Another of the many roses from the Tyler Municipal Rose Garden in Tyler, Texas

La Livrophage me dit avoir beaucoup aimé Andrea H. Japp, surtout la première partie de son œuvre, du polar psychologique avec un personnage central complexe et tourmenté, une femme, Gloria Parker- Simmons, mathématicienne et mère d’une enfant handicapé, qui aide le FBI dans ses enquêtes.

Elle a moins aimé ses derniers romans, toujours policiers, qui explorent le Moyen-Age. “Enfin un long voyage paisible” est un autre livre à propos d’une femme et de sa mère âgée à l’approche de la fin de sa vie.

Extrait de “Contes d’amour et de rage:”

“Vous croyez que la vie, l’amour, c’est quoi ? Une étude de texte ? C’est une perturbation permanente, un dérangement constant. C’est même souvent un bordel majeur.”

Extrait de “Dans la tête, le venin:”

“Un ange qui s’émerveillait , riait de tout , un ange qui transformait la vie en miracle. Un moineau qui se posait sur un appui de fenêtre. Un pétale de fleur qui atterrissait à ces pieds? Une mouche qui envahissait leur cuisine et ses hurlements pour la faire ressortir avant que sa mère ne l’écrase. Un ange qui ne voyait que la vie , que la vie rendait folle de joie. Un ange dont Diane avait dû identifier les morceaux , à la morgue.”

Extrait de “Le Sacrifice du papillon:”

“L’ordre c’est une peur, peur de se perdre, de s’y perdre, de n’être pas à la hauteur. Peur de se dévoiler aussi, rien n’est plus personnel donc révélateur que le désordre. L’ordre est souvent soumis à la logique donc relativement impersonnel. En bref, et au isqué d’être désagréable, je me demande si le désordre n’est pas le produit d’une structure intellectuelle forte.”

Extrait de “Un violent désir de paix:”

“Tourner la page. Amusant cette phrase que tout le monde répète à l’envi sans en comprendre l’extrême importance, la signification dévastatrice, définitive. Une autre page, toute neuve. Un éclatant symbole.”

 

See you tomorrow with letter K!

A demain pour la lettre K!

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Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

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A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Last year and the year before, I’ve bumped into one or two challenging letters of the alphabet. Today is no exception. Neither my French friend nor I have found a female contemporary French author for the letter I.

So unless you come up with a name in the comments below, Jean-Claude Izzo will go solo for the lettre du jour. But you are in luck because he was a great French writer and man.

Born in Marseille in 1945 from an Italian bartender and a Spanish seamstress, Jean-Claude Izzo had just left trade school (fitter turner milling) when he had to fulfill the mandatory French military service. Opposed to the draft, he went on hunger strike and was sent to Djibouti for discipline. Back to France, he enlisted with the Communist Party, became a pacifist activist, and also a journalist.

In 1978 he quit everything, the Party, his job, his wife, and would return to journalism after a few rough years. He had already started to write, mostly poems, but had a very small readership.

It’s in 1995 at the age of fifty that Izzo published Total Kheops, the first book from a trilogy. This crime fiction first novel, set against the backdrop of inner city Marseille, takes its title from a song by IAM, a Marseille-based band of rappers. Total Kheops met unexpected immediate success and Chourmo and Solea, the two following novels in the series Marseilles Trilogy (its English title) became instant best sellers as well. Izzo admitted being surprised by his sudden popularity that stole other beloved crime fiction authors’ popularity.

I think there is only one reason behind his readers’ enthusiasm: the guy who passed away in 2000 wrote with his guts. Rebel until his death, activist to the core, aware that communism could not work but enraged by the deepening injustice between people, Izzo didn’t need to write activist novels. His writing is generous, sensual, excessive, and sad too, reflecting the raw and violent unfairness of life.

I feel so lucky that my French friend already blogged about him in the past. On her post she also wrote about Marcel Pagnol, the marvelous French author from the area, although Pagnol was born in Aubagne and not in Marseille.

I wish you all could read French and follow the links my friend added to her post. Some of them lead to Izzo’s blog, created and maintained by his son, others to literary hikes in this gorgeous area of France. One of them is about a trail going from Marseille to Aubagne. It is a territory that I don’t know as well as my native Normandy, but as I read I felt as if I walked next to young Marcel and his little brother along these sunny southern France pedestrian paths.

 

Jean-Claude Izzo c’est Marseille. Nul ne peut mieux l’évoquer que l’auteur de la fameuse trilogie qu’il a située à Marseille avec ses cités en toile de fond.

Extrait “Total Khéops:”

“Marseille n’est pas une ville pour touristes. Il n’y a rien à voir.

Sa beauté ne se photographie pas. Elle se partage.

Ici, faut prendre partie. Se passionner. Être pour, être contre. Être violemment.

Alors seulement ce qui est à voir se donne à voir.

Et là trop tard, on est en plein drame. Un drame antique où le héros c’est la mort.

À Marseille, même pour perdre il faut savoir se battre.”

Mon amie bloggeuse qui m’a plus qu’aidée à compiler la liste d’auteurs et auteures pour ce challenge est une fan d’Izzo. Son écriture est sombre, m’a t-elle dit, mais dans sa trilogie, il y a des moments de grâce, des scènes de repas partagés magiques. Et puis, a t-elle ajouté, j’ai vécu trois années pas faciles – à Marseille et je comprends si bien ce qu’il dit et décrit.

Je partage ce sentiment. Un endroit familier quand il est décrit de façon authentique peut être bouleversant à lire.

Je vous recommande de lire son billet à propos de Jean-Claude Izzo, de Marseille, et aussi de Marcel Pagnol.

J’ai eu une envie terrible de marcher sur les chemins ensoleillés entre Marseille et Aubagne, la ville natale du grand Pagnol, un territoire que je ne connais que de manière litéraire. Mais décrit par des talents tel que Izzo ou Pagnol, j’ai toujours eu la sensation d’y être invitée, le temps d’un livre.

Ma partenaire pour ce challenge a ajouté que l’adaptation télévisée de la trilogie de Izzo n’a pas plu aux vrais fans de ses romans. Alain Delon jouait le rôle du commissaire Fabio Montale. L’avez-vous vue ?

Ici, aux US, j’ai pu voir la série Marseille, également située dans cette ville à tant de facettes, avec Depardieu et Benoît Magimel dans les rôles principaux. Ce que j’ai aimé le plus? Le générique musical. Mais je viens de découvrir que la série a été écrite par Dan Frank, le héro de la lettre D.

 

Extrait de “Chourmo:”

“Si on a du cœur, m’expliqua un jour mon père, on ne peut rien perdre où qu’on aille. On ne peut que trouver.”

Extrait de “Solea:”

“Moi, je crois qu’on passe son temps à se perdre, et quand on se trouve, c’est trop tard.”

Extrait de “Le soleil des mourants:”

“Dans la rue, l’attente n’était pas un problème. Au contraire. Plus on perdait de temps – à faire la manche, ou pour pouvoir manger, obtenir un papier… -, et mieux c’était. Du temps, Rico et tous les autres, ils en avaient à revendre, et chaque jour, ces paquets d’heures à épuiser, cela faisait beaucoup pour un seul homme.

Mais là… Les heures perdues le seraient à jamais. Elles ne reviendraient plus. Rico avait conscience de cela. Que le temps lui était compté.”

Extrait “Les Marins perdus:”

“On ignore toujours pourquoi et comment, un souvenir vous remonte à la gorge. Ils sont là, c’est tout. Prêts à sauter sur l’occasion. Pour vous tirer vers des mondes perdus. Les souvenirs, quels qu’ils soient, même les plus beaux ou les plus insignifiants, sont ces instants de la vie qu’on a gâchés. Les témoins de nos actes inaboutis. Ils ne ressurgissent que pour tenter de trouver un accomplissement. Ou une explication…”

 

 

See you tomorrow with letter J!

A demain pour la lettre J!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter H the French authors Hubert Haddad and Sophie Henaff

 

You know what they say: Too many books, too little time?

Well, if this challenge has taught me something (besides the fact that I was crazy to imagine blogging every day for a month) it’s the fact that it is impossible to read each and every author even if you consider only one country.

Hubert Haddad? Who is this guy? I thought. Must be a young one who started to write when I was already living in the US. Then I was embarrassed to realize that Haddad is actually translated in English, has written at least one book that I’m positive I would like to read, is someone who writes novels, essays, poetry, and even plays.

I’m telling you, this challenge will have a significant impact on my budget.

Poinsettias can last well beyond the holiday season if kept sheltered until spring.

Hubert Haddad est l’un de ces auteurs qui écrivent à la fois des romans, des pièces de théatre, de la poésie, et des essais. Mon amie française ne l’a pas lu. Ouf, je me sens mieux 🙂 Mais elle me dit que l’on parle de plus en plus de lui en France. Sa biographie sur le site de son éditeur Zulma est courte. J’ai lu davantage sur Wikipedia et Amazon. Mais Zulma vous donnera accès à sa bibliographie complète ainsi qu’à toutes sortes d’information intéressantes sur l’écrivain et son travail.

Et puis ne manquez pas les extraits choisis par La Livrophage. Ils sont franchement beaux. J’adore le passage sur les paysages d’altitude, moi qui en ai eu peur si longtemps et qui l’aime tant maintenant.

Extrait “Le peintre d’éventail:”

“On garde si peu d’une mémoire d’homme. À peine un signe en terre. Quelques images et de rares paroles au meilleur des cas. Moins que son poids de cendre après la crémation.”

Extrait “Ma:”

“Marcher dans les grands paysages des altitudes, c’est s’inventer son jardin intérieur presque à chaque pas, d’un angle à l’autre du ciel ou des vallées. Les nuages à tout moment naissent des montagnes, fantômes d’avalanches qui traversent le souvenir…”

Extrait “Opium poppy:”

“Pourquoi faut-il ânonner sans fin la langue des autres et se taire, ravaler ses propres mots, ses chansons? Depuis sa capture, on le traite comme le rejeton de parents imaginaires. On lui apprend des choses irréelles. Les enfants ne servent qu’à plaire aux grandes personnes.”

 

I forgot the name of this plant but I love how these pink flowers grow back, spring after spring.

I was tempted to select Anne Hébert for the letter H. She was my very favorite female author when I lived in France, but she was Canadian. So I stuck to my initial goal, and I’m glad that my partner in crime suggested Sophie Henaff who isn’t very well known but starts to make a name for herself in France. I liked the suggestion because Henaff writes funny stories. And although most people I’ve met and know love to laugh it is rare to find funny novels, particularly written by women authors.

Born in 1972 Sophie Henaff is a journalist, a novelist, and a translator. Her first polar or thriller Poulets grillés, published in 2015 tells of a police investigation led by an eclectic team made of Parisian cops who have a jinx on, are alcoholic and/or lazy, or still are creative and write…

Their new boss has no illusion: she knows she has been put in charge of this incapable group of cops to fail. But she isn’t an obedient woman and ske also knows that giving up too soon on something or someone is not a good idea.

Poulet” in French means “Chicken” but it is also how we call the cops in France. “Grillés” means “Grilled,” but also “Burned,” as in “I burned my chances” or “He’s completely burned.”

So the title suggests a funny novel. And indeed the story is original, funny, and even hilarious. A book that makes the readers laugh remains in my opinion a success.

Enough people agreed since Poulets Grillés has received three awards since its publication.

I plant vinca in a shaddy location and in the middle of the summer the white color provides a cool feeling sensation .

J’étais temptée de choisir Anne Hébert pour la lettre H. Mais elle est canadienne, alors je suis restée fidèle à mon but initial et j’ai préféré le choix suggéré par ma partenaire française. Sophie Henaff est peu connue encore puisqu’elle n’a écrit que deux romans, mais son tout premier “Poulets Grillés” a reçu trois prix litéraires et il est très drôle.

Imaginez la pire équipe de flics qui soit donnée d’exister: alcoliques, feignants, originaux en tous genres, et comble de l’horreur, des écrivains…

Leur nouveau chef n’est pas en odeur de sainteté au Quai des Orfèvres et on lui colle cette équipe de génie entre les pattes dans le but unique de la faire échouer. Mais elle déteste la soumission et ne renonce à rien. Le résultat est un livre hilarant mais aussi original avec des personnages uniques et attachants. L’humour est un ingrédient qui manque souvent en litérature et finalement lire un livre qui vous fait passer un super moment est pour moi un livre réussi.

 

Extrait de “Poulets grillés:”

“Puis il attendit, simplement, étirant l’instant pour laisser le champ libre à la paranoïa qui, à coup sûr, grimperait. Torrez faisait cet effet. En sa présence, les flics évoluaient tels des arachnophobes dans un panier de mygales. Les plus téméraires se dispensaient juste de courir. Parfois une tête brûlée se faisait le coup du toréador et s’approchait, le corps en alerte. Un regard et il repartait. Les fous jouent avec la mort, mais pas avec la poisse. La poisse vous promet le pire : la maladie, la ruine, l’accident, pour vous, vos proches, à petit feu et sans gloire. La poisse gangrène là où on ne l’attend pas.”

Extrait de “Rester groupés:”

“- Mais il est où Jacques à la fin ? Il doit encore trainer à la maison .

Atterrées , ses amies ne savaient trop comment rappeler à cette femme au cerveau grignoté par l’implacable Alzheimer que son mari était là , à l’heure , dans le cercueil qui sortait du long break noir.”

 

See you tomorrow with letter I!

A demain pour la lettre I!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

 

A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter G the French authors Pascal Garnier and Claudie Gallay

 

I thought I had never heard of Pascal Garnier (1949-2010) when my French friend suggested his name. So I looked him up.

When I read that he’s been compared to Patricia Highsmith and moreover to Georges Simenon, I mentioned his name to my husband who would have done anything to have diner with Simenon. He has his entire collection of novels related to the infamous Commissaire Maigret and any other of his books, including a few translated in English. So I assumed that if an author was compared to THE Simenon, my husband knew him.

The name sounds familiar, he told me at eleven p.m. as we were ready to go to bed. He left the room and came back a while later with a… book. Ha, he said, I knew I had read that guy.

Surclassements was published in 1987, only a few years before we left France. It’s a short book made of the three short stories, a genre we call “nouvelle” in France.

My husband has only read another book written by Pascal Garnier, and we were already living in California. He said he had liked the novel but insisted that the author should never be compared to Georges Simenon.

I’m sure you understand how partial we can be when we admire a certain author.

His opinion, however, doesn’t change the fact that Pascal Garnier has been translated in many languages and that his novels are available in the US. His Author Page on Amazon is quite well done, so I let you explore his biography and ample bibliography.

What I love most about this novelist is the fact that he quit school at the age of fifteeen, traveled the world, and finally settled back in France. In between odd jobs he wrote songs and dreamed of writing a longer piece. Some day. Like a book. Aware that his poor spelling and grammar were serious obstacles he wasn’t sure he could ever succeed. So. He wrote. And wrote. And wrote. Until he could submit his work. The rest is history.

 

Pascal Garnier (1949-2010) m’a été conseillé par mon amie bloggueuse qui adore ses romans noirs, écrits avec l’humour du désespoir, dit-elle. Elle l’a chroniqué plusieurs fois sur son blog. A partir de ce lien vous pourrez lire les quatre autres qui sont de très beaux éloges à un auteur disparu trop jeune.

Quant à moi j’ai adoré lire “Pascal Garnier par lui même” sur le site de la maison d’édition Zulma. C’est magnifique d’apprendre qu’un auteur de sa réputation qui a quitté l’école à 15 ans n’osait pas écrire parce que son orthographe et grammaire étaient loin d’être parfaites. Le travail derrière ses romans est collossal et sa détermination un super encouragement pour tous ceux qui doutent d’eux mêmes et de leurs rêves.

 

It was a strange feeling to read Claudie Gallay’s biography and to re-live my very first real hike in the mountains. From my native Normandy the mountains were not exactly close. But my mother really wanted to visit Lourdes, in the Pyrénées. So we went and camped there. My parents made friends with their neighbors who had kids slightly older than me and my sister. While the parents shared an apéritif every evening before dinner the kids told us about hiking and skiing, activities foreign to us. In the end, the family offered to take me and my sister on a hike. We had no equipment and had never lived in altitude. But they insisted that it would be relatively easy. This “relatively” easy hike was much harder than I expected. My feet were hurting. I discovered that I was afraid of heights. But the scenery took my breath away and I absolutely loved the feeling of achievement. This hike changed my summer and years later I would realize that it had planted the seeds for more hiking in my future. This family who invited me was from Isère and lived in Bourgoin-Jallieu, where Claudie Gallay, the author for the letter of the day was born.

And her best seller “Les Déferlantes” is set in La Hague, near Cherbourg in Normandy, my homeland.

I really have to read Claudie Gallay.

 

C’est drôle de lire la biographie d’une auteure dont je n’avais jamais entendu parler et de revivre ma première randonnée en montagne. De notre Normandie natale la montagne n’était pas la porte à côté, donc nous n’étions allés qu’une seule fois dans les Alpes rendre visite à l’un de mes oncles, frère de ma maman. Lorsque j’avais 15 ans ma mère a suggeré les Pyrénées. Elle voulait surtout aller à Lourdes. Au camping du village mes parents ont sympathisé avec leurs voisins qui avaient des enfants un plus âgés que ma soeur et moi. D’apéro en apéro il a été décidé de nous emmener en randonnée. Nous n’avions aucun équipement et j’ai eu super mal aux pieds, j’ai eu aussi peur en altitude, mais cette première fois m’a marquée et j’ai eu envie de recommencer. Cette famille qui m’a proposé ma première ballade en montagne venait de l’Isère, de Bourgoin-Jallieu, très précisement, là est née Claudie Gallay, l’auteure d’aujourd’hui pour le challenge de A à Z.
Et “Les Déferlantes,” son cinquième roman, un best seller couronné par de nombreux prix, adapté pour la télévision, se situe à la Hague, en Normandie, ma région natale.

Je crois que je n’ai vraiment aucune excuse pour ne pas lire Claudie Gallay.

 

Extrait de “Seule à Venise:”

“L’amour est la chose la plus brutale qui soit. Tellement soudaine. Il faudrait pouvoir s’en protéger n’est-ce-pas?”

Extrait de “L’amour est une île:”

“Vieillir ce n’est rien quand on se souvient. C’est l’oubli qui fait la souffrance.”

Extraits de “Les Déferlantes:”

“Qu’est-ce qui fait que l’on s’éprend, comme ça, au premier regard, sans jamais s’être vus avant? Il y a des rencontres qui se font et d’autres, toutes les autres qui nous échappent, nous sommes tellement inattentifs… Parfois nous croisons quelqu’un, il suffit de quelques mots échangés, et nous savons que nous avons à vivre quelque chose d’essentiel ensemble. Mais il suffit d’un rien pour que ces choses là ne se passent pas et que chacun poursuive sa route de son côté.”

“A deux, l’espace change. Le silence n’est plus du silence même si l’autre se tait.”

“J’ai serré les poings. Comprendre quoi? Qu’un jour on se réveille et qu’on ne pleure plus? Combien de nuits j’ai passées, les dents dans l’oreiller, je voulais retrouver les larmes, la douleur, je voulais continuer à geindre. Je préférais ça. J’ai eu envie de mourir, après, quand la douleur m’a envahi le corps, j’étais devenue un manque, un amas de nuits blanches, voilà ce que j’étais, un estomac qui se vomit, j’ai cru en crever, mais quand la douleur s’est estompée, j’ai connu autre chose. Et c’était pas mieux.

C’était le vide.”

 

At The Last Bookstore In Los Angeles

 

 

See you tomorrow with letter H!

A demain pour la lettre H!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

 

 

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