A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter K the French authors  Milan Kundera and Maylis de Kerangal

Once again today I feel the weight of the years as I write about Milan Kundera, a great name in French literature. The Czech-born author wrote the renowned L’insoupçonnable légèreté de l’être in 1982. The novel was published in 1984 and became an immediate success. I should even say all the rage. Back then, everyone I knew had to read it. It was new, bold, different. The novel explored several themes and introduced characters who incarnated big human ideas. Among them, Tomas who hesitated between being a womanizer or a passionate lover, while Tereza on the other hand sought true pure love and Sabina lightness.

The Unbearable Lightness of Being is the English translation of this novel. In addition, the American movie director Philip Kaufman adapted it for the big screen, featuring the French actress Juliette Binoche and the British actor Daniel Day-Lewis.

Because nobody, even great writers, can be above criticism I read this interesting article in The Guardian about Kundera’s sexist view on women.

 

Si vous me lisez en français, vous connaissez obligatoirement Milan Kundera. C’est incontestablement son roman L’insoupçonnable légèreté de l’être qui l’aura fait connaitre. Je me souviens encore de l’engouement que ce roman, inhabituel dans sa forme et contenu, avait suscité lors de sa publication en 1984. Je ne me souviens pas par contre du film avec Juliette Binoche et Daniel Day-Lewis. En recherchant ce billet, je suis tombée sur un article dans The Guardian qui évoque la misogynie et le sexisme de Kundera.

Qu’en pensez-vous? Avez-vous lu Kundera? Ou vu le film inspiré par son best seller L’insoupçonnable légèreté de l’être?

 

 

 

Maylis de Kerangal was born in 1967, in Le Havre in Normandy. Her novels have been very well received in France and are translated in English. Réparer les Vivants or The Heart in its English version, a story about a heart transplant, has been an instant best seller in France. I read this fairly recent review about the novel in the New York Times.  The movie Heal the Living is based on the novel.

But it is Birth Bridge that seems particularly appropriate for an American readership and especially for Californians. The novel is set in a fictional south California town where a fictional bridge is being built, triggering the arrival of a crowd of people from various backgrounds.

Have you read Maylis de Kerangal?

 

 

Une de plus dont je n’ai pas lu les romans qui sont pourtant traduits en anglais et disponibles aux US. Son plus grand succès semble être “Réparer les vivants,” adapté au cinéma sous le même titre. Je ne l’ai pas lu mais il me rappelle le livre de Tatiana de Rosnay, “Le Coeur d’Une Autre,” publié en 2009. Ce livre traitait également de la greffe du coeur en adressant aussi la question du donneur et du receveur. Est-ce qu’un coeur vit au-delà de son rôle d’organe? Est-ce que celui ou celle qui reçoit le coeur d’un autre devient un peu l’autre après la greffe?

Mais le roman “Naissance d’un pont” me semble avoir été écrit pour moi 🙂 puisqu’il se situe dans une ville fictive du sud de la Californie et parle de la construction d’un pont tout autant fictif. La critique est mitigée malgré l’accueil positif de la presse. L’avez-vous lu?

La biographie et bibliographie de l’auteure sont disponibles sur le site Babelio. De nombreuses interviews ou critiques de ses romans sont aussi disponibles online.

Cette interview de l’auteure dans Le Monde et cet article dans le New York Times à propos de “The Heart,” la traduction de “Réparer les vivants,” sont intéressants.

 

Extrait de “Réparer les vivants:”

“Que deviendra l’amour de Juliette une fois que le cœur de Simon recommencera à battre dans un corps inconnu, que deviendra tout ce qui emplissait ce cœur, ses affects lentement déposés en strates depuis le premier jour ou inoculé ça et là dans un élan d’enthousiasme ou un accès de colère, ses amitiés et ses aversions, ses rancunes, sa véhémence, ses inclinations graves et tendres? Que deviendront les salves électriques qui creusaient si fort son cœur quand s’avançait la vague?”

Extrait de “Naissance d’un pont:”

“On aime se dire que la ville était simplement désirable et que donc ils l’ont désirée — tout comme on la désire quand on a quinze ans et qu’on vit loin de tout, engoncé dans la campagne, dans un pauvre bled où le clocher sonne à heure fixe, englué dans ces paysages mornes qui font crever d’ennui, où l’on se couche avec les poules parce qu’il n’y a que ça à foutre alors que ce que l’on voudrait, c’est se faire péter les tympans et briller sur la piste, ou du moins la regarder tout son saoul la nuit durant. Prendre la mesure des lieux.”

 

See you tomorrow with letter L!

A demain pour la lettre L!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

 

A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter J the French authors Philippe Jaenada and Andrea H. Japp

 

Philippe Jaenada was born in 1964. If you read French I recommend his biography written in his own words. Another author who tells of his early struggles in life (working odd jobs, searching for his place in the world before starting to write). Seems like some writers know early on that they are meant to write while others search for a longer time to give a sense to their lives or at least find their role in the world. I love how Jaenada compares falling in love with the woman he will marry as being struck by lightning. A beautiful evocation of the moment. I also suggest stopping by the website of the gorgeous village of Veules-en-Rose, located in Normandy, where the author wrote several of his novels. It’s because of the name of the village that I chose to include these roses that I got to admire a few years ago in the small town of Tyler, Texas. The municipal rose garden is a real gem.

Since I haven’t read Jaenada, I browsed through lots of reviews and visited several websites, besides collecting the information coming all the way from France from my partner for this month. Knowing my tastes, I would probably favor Sulak, based on the life of the French gangster Bruno Sulak nicknamed the gentleman robber since he never hurt anyone during his many holdups, and the most recent La Petite Femelle, another historical fiction novel about Pauline Dubuisson, the contreversial French woman judged in 1953 for the murder of her lover, a young woman who was raped and whose head was shaved at the end of WWII to condemn her affairs with German officers. Jaenada has read everything and explored every trail related to Pauline. In the end, he is the first one to offer a drastically new portrait of a woman whose destiny was intricately tied to the turbulent world around her.

Sadly, or not, you’ll tell me 🙂 the only book available in English from Jaenada is Erotic French Postcards. He’s not even the sole author but merely a contributor.

 

Roses from Tyler, Texas

Philippe Jaenada c’est sa biographie écrite par lui même que j’ai vraiment aimé lire. Et puis je suis tombée sous le charme du village de Veules-en-rose il s’est refugié pour écrire son premier roman et ensuite avec sa femme enceinte pour écrire son second livre. D’ les roses qui illustrent mon billet. Elles viennent d’une petite ville du Texas, sans distintion particulière, si ce n’est son jardin municipal planté de roses de toutes espèces. Nous y sommes passés après un hiver très froid et certains des rosiers avaient gelés.

Pour revenir à Jaenada, me connaissant, je pense que j’aimerais “Sulak” la biographie romancée de Bruno Sulak et “La Petite Femelle” inspirée de la vie réelle de Pauline Dubuisson, jugée en 1953 pour le meurtre de son amant. Une figure contreversée dès la fin de la seconde guerre mondiale, due à ses liaisons avec des officiers allemands, Pauline Dubuisson est l’objet d’un roman dans lequel Jaenada la dépeint au-delà d’une criminelle. J’aime cette prise de position quand on sait l’intolérance avec laquelle les femmes ont été (et sont encore trop souvent) jugées.

Avez-vous lu Jaenada?

Extrait de “Sulak :”

“Le plus difficile n’est pas de partir. Ce n’est rien, de partir, il suffit de mettre un pied devant l’autre. Le plus difficile, se dit-il, c’est de ne pas savoir quand on pourra revenir.”

Extrait de “La petite femelle:”

“Tous ces gens de vingt ou trente ans qui se rangent aux côtés des vieux magistrats pour défendre, de bonne foi et à raison, leur ancien copain, mais aussi la morale, la famille, la fidélité obligatoire et la place traditionnelle des femmes, sont la jeunesse et prétendument la force de l’époque, mais les parents de ceux qui manifesteront contre eux en 68.

Pauline a une génération d’avance sur eux.”

From the rose garden in Tyler, Texas

I read a lot, but I admit lagging behind in recent French literature, so I had not even heard about Andrea H. Japp. My French friend has read several of her novels and favors her early work centered on Gloria Parker, a complex, tormented woman. A mathematician, also the mother of a handicapped child, Parker provides help to the FBI in its investigations. Despite this fact, her work is not available in English.

Andrea J. Happ, born Lionelle Nugon-Baudon in 1957 in Paris, is one of the big names in historical crime fiction in France. A doctor in biochemistry, she is a toxicologist, a renowned researcher, and also the French translator of Patricia Cornwell’s novels (under the pen name Hélène Narbonne.)

 

Another of the many roses from the Tyler Municipal Rose Garden in Tyler, Texas

La Livrophage me dit avoir beaucoup aimé Andrea H. Japp, surtout la première partie de son œuvre, du polar psychologique avec un personnage central complexe et tourmenté, une femme, Gloria Parker- Simmons, mathématicienne et mère d’une enfant handicapé, qui aide le FBI dans ses enquêtes.

Elle a moins aimé ses derniers romans, toujours policiers, qui explorent le Moyen-Age. “Enfin un long voyage paisible” est un autre livre à propos d’une femme et de sa mère âgée à l’approche de la fin de sa vie.

Extrait de “Contes d’amour et de rage:”

“Vous croyez que la vie, l’amour, c’est quoi ? Une étude de texte ? C’est une perturbation permanente, un dérangement constant. C’est même souvent un bordel majeur.”

Extrait de “Dans la tête, le venin:”

“Un ange qui s’émerveillait , riait de tout , un ange qui transformait la vie en miracle. Un moineau qui se posait sur un appui de fenêtre. Un pétale de fleur qui atterrissait à ces pieds? Une mouche qui envahissait leur cuisine et ses hurlements pour la faire ressortir avant que sa mère ne l’écrase. Un ange qui ne voyait que la vie , que la vie rendait folle de joie. Un ange dont Diane avait dû identifier les morceaux , à la morgue.”

Extrait de “Le Sacrifice du papillon:”

“L’ordre c’est une peur, peur de se perdre, de s’y perdre, de n’être pas à la hauteur. Peur de se dévoiler aussi, rien n’est plus personnel donc révélateur que le désordre. L’ordre est souvent soumis à la logique donc relativement impersonnel. En bref, et au isqué d’être désagréable, je me demande si le désordre n’est pas le produit d’une structure intellectuelle forte.”

Extrait de “Un violent désir de paix:”

“Tourner la page. Amusant cette phrase que tout le monde répète à l’envi sans en comprendre l’extrême importance, la signification dévastatrice, définitive. Une autre page, toute neuve. Un éclatant symbole.”

 

See you tomorrow with letter K!

A demain pour la lettre K!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

 

A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Last year and the year before, I’ve bumped into one or two challenging letters of the alphabet. Today is no exception. Neither my French friend nor I have found a female contemporary French author for the letter I.

So unless you come up with a name in the comments below, Jean-Claude Izzo will go solo for the lettre du jour. But you are in luck because he was a great French writer and man.

Born in Marseille in 1945 from an Italian bartender and a Spanish seamstress, Jean-Claude Izzo had just left trade school (fitter turner milling) when he had to fulfill the mandatory French military service. Opposed to the draft, he went on hunger strike and was sent to Djibouti for discipline. Back to France, he enlisted with the Communist Party, became a pacifist activist, and also a journalist.

In 1978 he quit everything, the Party, his job, his wife, and would return to journalism after a few rough years. He had already started to write, mostly poems, but had a very small readership.

It’s in 1995 at the age of fifty that Izzo published Total Kheops, the first book from a trilogy. This crime fiction first novel, set against the backdrop of inner city Marseille, takes its title from a song by IAM, a Marseille-based band of rappers. Total Kheops met unexpected immediate success and Chourmo and Solea, the two following novels in the series Marseilles Trilogy (its English title) became instant best sellers as well. Izzo admitted being surprised by his sudden popularity that stole other beloved crime fiction authors’ popularity.

I think there is only one reason behind his readers’ enthusiasm: the guy who passed away in 2000 wrote with his guts. Rebel until his death, activist to the core, aware that communism could not work but enraged by the deepening injustice between people, Izzo didn’t need to write activist novels. His writing is generous, sensual, excessive, and sad too, reflecting the raw and violent unfairness of life.

I feel so lucky that my French friend already blogged about him in the past. On her post she also wrote about Marcel Pagnol, the marvelous French author from the area, although Pagnol was born in Aubagne and not in Marseille.

I wish you all could read French and follow the links my friend added to her post. Some of them lead to Izzo’s blog, created and maintained by his son, others to literary hikes in this gorgeous area of France. One of them is about a trail going from Marseille to Aubagne. It is a territory that I don’t know as well as my native Normandy, but as I read I felt as if I walked next to young Marcel and his little brother along these sunny southern France pedestrian paths.

 

Jean-Claude Izzo c’est Marseille. Nul ne peut mieux l’évoquer que l’auteur de la fameuse trilogie qu’il a située à Marseille avec ses cités en toile de fond.

Extrait “Total Khéops:”

“Marseille n’est pas une ville pour touristes. Il n’y a rien à voir.

Sa beauté ne se photographie pas. Elle se partage.

Ici, faut prendre partie. Se passionner. Être pour, être contre. Être violemment.

Alors seulement ce qui est à voir se donne à voir.

Et là trop tard, on est en plein drame. Un drame antique où le héros c’est la mort.

À Marseille, même pour perdre il faut savoir se battre.”

Mon amie bloggeuse qui m’a plus qu’aidée à compiler la liste d’auteurs et auteures pour ce challenge est une fan d’Izzo. Son écriture est sombre, m’a t-elle dit, mais dans sa trilogie, il y a des moments de grâce, des scènes de repas partagés magiques. Et puis, a t-elle ajouté, j’ai vécu trois années pas faciles – à Marseille et je comprends si bien ce qu’il dit et décrit.

Je partage ce sentiment. Un endroit familier quand il est décrit de façon authentique peut être bouleversant à lire.

Je vous recommande de lire son billet à propos de Jean-Claude Izzo, de Marseille, et aussi de Marcel Pagnol.

J’ai eu une envie terrible de marcher sur les chemins ensoleillés entre Marseille et Aubagne, la ville natale du grand Pagnol, un territoire que je ne connais que de manière litéraire. Mais décrit par des talents tel que Izzo ou Pagnol, j’ai toujours eu la sensation d’y être invitée, le temps d’un livre.

Ma partenaire pour ce challenge a ajouté que l’adaptation télévisée de la trilogie de Izzo n’a pas plu aux vrais fans de ses romans. Alain Delon jouait le rôle du commissaire Fabio Montale. L’avez-vous vue ?

Ici, aux US, j’ai pu voir la série Marseille, également située dans cette ville à tant de facettes, avec Depardieu et Benoît Magimel dans les rôles principaux. Ce que j’ai aimé le plus? Le générique musical. Mais je viens de découvrir que la série a été écrite par Dan Frank, le héro de la lettre D.

 

Extrait de “Chourmo:”

“Si on a du cœur, m’expliqua un jour mon père, on ne peut rien perdre où qu’on aille. On ne peut que trouver.”

Extrait de “Solea:”

“Moi, je crois qu’on passe son temps à se perdre, et quand on se trouve, c’est trop tard.”

Extrait de “Le soleil des mourants:”

“Dans la rue, l’attente n’était pas un problème. Au contraire. Plus on perdait de temps – à faire la manche, ou pour pouvoir manger, obtenir un papier… -, et mieux c’était. Du temps, Rico et tous les autres, ils en avaient à revendre, et chaque jour, ces paquets d’heures à épuiser, cela faisait beaucoup pour un seul homme.

Mais là… Les heures perdues le seraient à jamais. Elles ne reviendraient plus. Rico avait conscience de cela. Que le temps lui était compté.”

Extrait “Les Marins perdus:”

“On ignore toujours pourquoi et comment, un souvenir vous remonte à la gorge. Ils sont là, c’est tout. Prêts à sauter sur l’occasion. Pour vous tirer vers des mondes perdus. Les souvenirs, quels qu’ils soient, même les plus beaux ou les plus insignifiants, sont ces instants de la vie qu’on a gâchés. Les témoins de nos actes inaboutis. Ils ne ressurgissent que pour tenter de trouver un accomplissement. Ou une explication…”

 

 

See you tomorrow with letter J!

A demain pour la lettre J!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter H the French authors Hubert Haddad and Sophie Henaff

 

You know what they say: Too many books, too little time?

Well, if this challenge has taught me something (besides the fact that I was crazy to imagine blogging every day for a month) it’s the fact that it is impossible to read each and every author even if you consider only one country.

Hubert Haddad? Who is this guy? I thought. Must be a young one who started to write when I was already living in the US. Then I was embarrassed to realize that Haddad is actually translated in English, has written at least one book that I’m positive I would like to read, is someone who writes novels, essays, poetry, and even plays.

I’m telling you, this challenge will have a significant impact on my budget.

Poinsettias can last well beyond the holiday season if kept sheltered until spring.

Hubert Haddad est l’un de ces auteurs qui écrivent à la fois des romans, des pièces de théatre, de la poésie, et des essais. Mon amie française ne l’a pas lu. Ouf, je me sens mieux 🙂 Mais elle me dit que l’on parle de plus en plus de lui en France. Sa biographie sur le site de son éditeur Zulma est courte. J’ai lu davantage sur Wikipedia et Amazon. Mais Zulma vous donnera accès à sa bibliographie complète ainsi qu’à toutes sortes d’information intéressantes sur l’écrivain et son travail.

Et puis ne manquez pas les extraits choisis par La Livrophage. Ils sont franchement beaux. J’adore le passage sur les paysages d’altitude, moi qui en ai eu peur si longtemps et qui l’aime tant maintenant.

Extrait “Le peintre d’éventail:”

“On garde si peu d’une mémoire d’homme. À peine un signe en terre. Quelques images et de rares paroles au meilleur des cas. Moins que son poids de cendre après la crémation.”

Extrait “Ma:”

“Marcher dans les grands paysages des altitudes, c’est s’inventer son jardin intérieur presque à chaque pas, d’un angle à l’autre du ciel ou des vallées. Les nuages à tout moment naissent des montagnes, fantômes d’avalanches qui traversent le souvenir…”

Extrait “Opium poppy:”

“Pourquoi faut-il ânonner sans fin la langue des autres et se taire, ravaler ses propres mots, ses chansons? Depuis sa capture, on le traite comme le rejeton de parents imaginaires. On lui apprend des choses irréelles. Les enfants ne servent qu’à plaire aux grandes personnes.”

 

I forgot the name of this plant but I love how these pink flowers grow back, spring after spring.

I was tempted to select Anne Hébert for the letter H. She was my very favorite female author when I lived in France, but she was Canadian. So I stuck to my initial goal, and I’m glad that my partner in crime suggested Sophie Henaff who isn’t very well known but starts to make a name for herself in France. I liked the suggestion because Henaff writes funny stories. And although most people I’ve met and know love to laugh it is rare to find funny novels, particularly written by women authors.

Born in 1972 Sophie Henaff is a journalist, a novelist, and a translator. Her first polar or thriller Poulets grillés, published in 2015 tells of a police investigation led by an eclectic team made of Parisian cops who have a jinx on, are alcoholic and/or lazy, or still are creative and write…

Their new boss has no illusion: she knows she has been put in charge of this incapable group of cops to fail. But she isn’t an obedient woman and ske also knows that giving up too soon on something or someone is not a good idea.

Poulet” in French means “Chicken” but it is also how we call the cops in France. “Grillés” means “Grilled,” but also “Burned,” as in “I burned my chances” or “He’s completely burned.”

So the title suggests a funny novel. And indeed the story is original, funny, and even hilarious. A book that makes the readers laugh remains in my opinion a success.

Enough people agreed since Poulets Grillés has received three awards since its publication.

I plant vinca in a shaddy location and in the middle of the summer the white color provides a cool feeling sensation .

J’étais temptée de choisir Anne Hébert pour la lettre H. Mais elle est canadienne, alors je suis restée fidèle à mon but initial et j’ai préféré le choix suggéré par ma partenaire française. Sophie Henaff est peu connue encore puisqu’elle n’a écrit que deux romans, mais son tout premier “Poulets Grillés” a reçu trois prix litéraires et il est très drôle.

Imaginez la pire équipe de flics qui soit donnée d’exister: alcoliques, feignants, originaux en tous genres, et comble de l’horreur, des écrivains…

Leur nouveau chef n’est pas en odeur de sainteté au Quai des Orfèvres et on lui colle cette équipe de génie entre les pattes dans le but unique de la faire échouer. Mais elle déteste la soumission et ne renonce à rien. Le résultat est un livre hilarant mais aussi original avec des personnages uniques et attachants. L’humour est un ingrédient qui manque souvent en litérature et finalement lire un livre qui vous fait passer un super moment est pour moi un livre réussi.

 

Extrait de “Poulets grillés:”

“Puis il attendit, simplement, étirant l’instant pour laisser le champ libre à la paranoïa qui, à coup sûr, grimperait. Torrez faisait cet effet. En sa présence, les flics évoluaient tels des arachnophobes dans un panier de mygales. Les plus téméraires se dispensaient juste de courir. Parfois une tête brûlée se faisait le coup du toréador et s’approchait, le corps en alerte. Un regard et il repartait. Les fous jouent avec la mort, mais pas avec la poisse. La poisse vous promet le pire : la maladie, la ruine, l’accident, pour vous, vos proches, à petit feu et sans gloire. La poisse gangrène là où on ne l’attend pas.”

Extrait de “Rester groupés:”

“- Mais il est où Jacques à la fin ? Il doit encore trainer à la maison .

Atterrées , ses amies ne savaient trop comment rappeler à cette femme au cerveau grignoté par l’implacable Alzheimer que son mari était là , à l’heure , dans le cercueil qui sortait du long break noir.”

 

See you tomorrow with letter I!

A demain pour la lettre I!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

 

A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter G the French authors Pascal Garnier and Claudie Gallay

 

I thought I had never heard of Pascal Garnier (1949-2010) when my French friend suggested his name. So I looked him up.

When I read that he’s been compared to Patricia Highsmith and moreover to Georges Simenon, I mentioned his name to my husband who would have done anything to have diner with Simenon. He has his entire collection of novels related to the infamous Commissaire Maigret and any other of his books, including a few translated in English. So I assumed that if an author was compared to THE Simenon, my husband knew him.

The name sounds familiar, he told me at eleven p.m. as we were ready to go to bed. He left the room and came back a while later with a… book. Ha, he said, I knew I had read that guy.

Surclassements was published in 1987, only a few years before we left France. It’s a short book made of the three short stories, a genre we call “nouvelle” in France.

My husband has only read another book written by Pascal Garnier, and we were already living in California. He said he had liked the novel but insisted that the author should never be compared to Georges Simenon.

I’m sure you understand how partial we can be when we admire a certain author.

His opinion, however, doesn’t change the fact that Pascal Garnier has been translated in many languages and that his novels are available in the US. His Author Page on Amazon is quite well done, so I let you explore his biography and ample bibliography.

What I love most about this novelist is the fact that he quit school at the age of fifteeen, traveled the world, and finally settled back in France. In between odd jobs he wrote songs and dreamed of writing a longer piece. Some day. Like a book. Aware that his poor spelling and grammar were serious obstacles he wasn’t sure he could ever succeed. So. He wrote. And wrote. And wrote. Until he could submit his work. The rest is history.

 

Pascal Garnier (1949-2010) m’a été conseillé par mon amie bloggueuse qui adore ses romans noirs, écrits avec l’humour du désespoir, dit-elle. Elle l’a chroniqué plusieurs fois sur son blog. A partir de ce lien vous pourrez lire les quatre autres qui sont de très beaux éloges à un auteur disparu trop jeune.

Quant à moi j’ai adoré lire “Pascal Garnier par lui même” sur le site de la maison d’édition Zulma. C’est magnifique d’apprendre qu’un auteur de sa réputation qui a quitté l’école à 15 ans n’osait pas écrire parce que son orthographe et grammaire étaient loin d’être parfaites. Le travail derrière ses romans est collossal et sa détermination un super encouragement pour tous ceux qui doutent d’eux mêmes et de leurs rêves.

 

It was a strange feeling to read Claudie Gallay’s biography and to re-live my very first real hike in the mountains. From my native Normandy the mountains were not exactly close. But my mother really wanted to visit Lourdes, in the Pyrénées. So we went and camped there. My parents made friends with their neighbors who had kids slightly older than me and my sister. While the parents shared an apéritif every evening before dinner the kids told us about hiking and skiing, activities foreign to us. In the end, the family offered to take me and my sister on a hike. We had no equipment and had never lived in altitude. But they insisted that it would be relatively easy. This “relatively” easy hike was much harder than I expected. My feet were hurting. I discovered that I was afraid of heights. But the scenery took my breath away and I absolutely loved the feeling of achievement. This hike changed my summer and years later I would realize that it had planted the seeds for more hiking in my future. This family who invited me was from Isère and lived in Bourgoin-Jallieu, where Claudie Gallay, the author for the letter of the day was born.

And her best seller “Les Déferlantes” is set in La Hague, near Cherbourg in Normandy, my homeland.

I really have to read Claudie Gallay.

 

C’est drôle de lire la biographie d’une auteure dont je n’avais jamais entendu parler et de revivre ma première randonnée en montagne. De notre Normandie natale la montagne n’était pas la porte à côté, donc nous n’étions allés qu’une seule fois dans les Alpes rendre visite à l’un de mes oncles, frère de ma maman. Lorsque j’avais 15 ans ma mère a suggeré les Pyrénées. Elle voulait surtout aller à Lourdes. Au camping du village mes parents ont sympathisé avec leurs voisins qui avaient des enfants un plus âgés que ma soeur et moi. D’apéro en apéro il a été décidé de nous emmener en randonnée. Nous n’avions aucun équipement et j’ai eu super mal aux pieds, j’ai eu aussi peur en altitude, mais cette première fois m’a marquée et j’ai eu envie de recommencer. Cette famille qui m’a proposé ma première ballade en montagne venait de l’Isère, de Bourgoin-Jallieu, très précisement, là est née Claudie Gallay, l’auteure d’aujourd’hui pour le challenge de A à Z.
Et “Les Déferlantes,” son cinquième roman, un best seller couronné par de nombreux prix, adapté pour la télévision, se situe à la Hague, en Normandie, ma région natale.

Je crois que je n’ai vraiment aucune excuse pour ne pas lire Claudie Gallay.

 

Extrait de “Seule à Venise:”

“L’amour est la chose la plus brutale qui soit. Tellement soudaine. Il faudrait pouvoir s’en protéger n’est-ce-pas?”

Extrait de “L’amour est une île:”

“Vieillir ce n’est rien quand on se souvient. C’est l’oubli qui fait la souffrance.”

Extraits de “Les Déferlantes:”

“Qu’est-ce qui fait que l’on s’éprend, comme ça, au premier regard, sans jamais s’être vus avant? Il y a des rencontres qui se font et d’autres, toutes les autres qui nous échappent, nous sommes tellement inattentifs… Parfois nous croisons quelqu’un, il suffit de quelques mots échangés, et nous savons que nous avons à vivre quelque chose d’essentiel ensemble. Mais il suffit d’un rien pour que ces choses là ne se passent pas et que chacun poursuive sa route de son côté.”

“A deux, l’espace change. Le silence n’est plus du silence même si l’autre se tait.”

“J’ai serré les poings. Comprendre quoi? Qu’un jour on se réveille et qu’on ne pleure plus? Combien de nuits j’ai passées, les dents dans l’oreiller, je voulais retrouver les larmes, la douleur, je voulais continuer à geindre. Je préférais ça. J’ai eu envie de mourir, après, quand la douleur m’a envahi le corps, j’étais devenue un manque, un amas de nuits blanches, voilà ce que j’étais, un estomac qui se vomit, j’ai cru en crever, mais quand la douleur s’est estompée, j’ai connu autre chose. Et c’était pas mieux.

C’était le vide.”

 

At The Last Bookstore In Los Angeles

 

 

See you tomorrow with letter H!

A demain pour la lettre H!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

 

 

A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter F the French authors Dan Frank and Irene Frain

 

Dan Frank was born in Paris on October 17, 1952.

Three of his novels, including the first one “Les Calendes grecques,” have been praised by the press and by his readers and have received many literary awards.

But it is his series of novels “Les Aventures de Boro, reporter photographe,” written in collaboration with Jean Vautrin that will give Frank visibility and popularity. The eight volumes published between 1987 and 2009 depict the life of a young charismastic photo reporter named Boro during the tumultuous 1930s and then during WWII until the liberation of Europe. The artwork for the covers has been realized by Enki Bilal.

The series of comic books, still written by Dan Frank and Jean Vautrin, illustrated by Marc Weber  under Enki Bilal’s artistic direction has also been very well received in France.

Frank’s books have not been translated in English, but one of the quotes from his series with Boro is one of my beliefs too. So for once I will try to translate this quote as best as I can.

“Il faut être aimable avec la vie, sinon la vie se venge.”

“One must be kind with life, or life will strike back.”

 

Santa Cruz, California

Dan Frank est né à Paris le 17 octobre 1952. Après des études de sociologie à la Sorbonne il se met rapidement à écrire. Son premier roman “Les Calendes grecques” recoit le prix du premier roman en 1980. “La Separation” lui vaudra le Renaudot en 1991 et “Les enfants” le prix des romancières en 2003. Mais c’est la série de romans “Les Aventures de Boro, reporter photographe” écrite en collaboration avec Jean Vautrin qui le rend très populaire.

Les huit volumes publiés entre 1987 et 2009 relatent la vie tumultueuse du jeune et charismatique reporter photographe Boro dans l’Europe des années 1930 et pendant la deuxième guerre mondiale jusqu’à la libération.

La bande dessinée écrite par Dan Frank et Jean Vautrin et illustrée par Marc Weber sous la direction de Enki Bilal est aussi un petit chef d’oeuvre.

Extraits de “Les champs de bataille:”

“Le droit des uns ne peut nuire au droit des autres, l’intérêt des uns va toujours contre l’intérêt des autres.”

Extrait de “La séparation:”

“Naguère, dans la rue, elle lui donnait le bras. Désormais, elle marche parallèlement à lui, les mains dans les poches du manteau qu’il lui a offert. Il déteste ce manteau. A cause des poches.”

Extrait de “Les Aventures de Boro, reporter photographe: Les Noces de Guernica:”

“Il faut être aimable avec la vie, sinon la vie se venge.”

Extrait “Les Aventures de Boro, reporter photographe: Mademoiselle Chat:”

“A cet instant même, derrière l’une des fenêtres brillamment éclairées donnant sur le parc, la princesse Romana Covasna, authentique descendante de Michel le Brave, prince de Valachie, contemplait ses grands yeux verts dans sa psyché.

Voluptueuse et nue sous son déshabillé diaphane, elle lisait sa propre beauté dans leur éclat de velours et cherchait dans la perfection de ses paupières allongées une raison supplémentaire de s’aimer.

Retardant le moment de quitter son image, elle inclina l’ovale parfait de son beau visage, creusa ses joues d’une ombre mystérieuse, puis s’appliqua longuement à tracer sur ses lèvres si désirables un trait rouge, aigu et lumineux qui mettrait sa sensualité de fauve dangereux à la portée d’un baiser volé.”

Berkeley, California

Irène Frain was born in Brittany in 1950. She is one of the most renowned and prolific French female authors. Despite her modest origins (her father was a farm boy who later taught adults and her mother was a seamstress) Frain became a Latin professor at the Sorbonne after teaching high school French for years. Later she will work for major French magazines and then start writing historical fiction.

From her first novel Le Nabab, published in 1982 to Marie Curie Prend un Amant, published in 2016, Frain has constantly demonstrated her ability for impeccable research, due to her background in journalism and her writing skills due to her academic training.

Her most famous novels are Le Nabab (1982), Secret de famille (1989), Devi (1993), L’Homme fatal (1995), Les Naufragés de l’île Tromelin (2009). In 2013, she will publish Sorti de Rien her most personal book to this day, also my favorite.

The expression « sorti de rien » can be derogative in French and contrasts with the expression « coming from a good family. »

When Irène Frain is one day addressed as someone who “comes from nothing,” an ancestral anger fuels her urgency to return to her native Brittany to explore her father’s past. The result is a moving homage to the man who deliberately left his humble origins to climb the social ladder, without ever forgetting where he was coming from. This book is ultimately an homage to every human being who “comes from nothing” but fights for dignity until finding it.

We are many who “come from nothing.” We can leave the limits that our birth gave us without rejecting our origins. In Sorti de Rien Irène Frain offers us a fascinating portrait of her father, of Brittany, and of social classes. She also wrote a beautiful love letter to her father.

 

Sierra Foothills, Central California

Irène Frain n’a pas besoin d’être présentée, non ? Cependant si vous le souhaitez vous pouvez lire sa biographie et bibliographie sur son site et aussi sur celui de Babelio. Mon livre favori est “Sorti de rien,” publié en 2013, un hommage émouvant à son père, à la Bretagne, et à ses origines sociales modestes. Je le lis comme un hommage à tous ceux et celles qui s’élèvent au-delà des origines de leur naissance sans les renier ni les oublier. Ce livre est pour moi un livre sur la dignité humaine.

Extrait de “La forêt des 29:”

“Recommençons, comme avant, à nous mettre à l’écoute du ciel, des animaux, des nuages, des arbres, des insectes, des serpents, des fleurs, des plantes. Et puisque la vie et l’eau sont les seules vérités qui tiennent, occupons nous de la vie et de l’eau.”

Extrait de “Sorti de rien:”

“- années 1920 –

Depuis qu’il va à l’école, il est régulièrement assailli par l’angoisse du rejet. Ça a commencé dès la petite classe ici même, dans le périmètre sacro-saint de l’école : un matin, au beau milieu d’une phrase en français, il a lâché, sans même s’en rendre compte, trois ou quatre mots de breton. Le maître a fondu sur lui puis l’a affublé d’un sautoir auquel pendait une queue de vache.

« A toi le symbole ! »

Pas besoin de se creuser la tête pour comprendre de quelle infamie le symbole est la marque : la vie à ras de la terre et des pierres qui fut celle de ses aïeux. Puis le maître lui apprend qu’il ne pourra s’en défaire qu’en dénonçant un camarade qui, comme lui, aura laissé échapper un mot de la « langue des arriérés ».”

Extrait de “Les naufragés de l’île Tromelin:”

“Dès les premières secousses, pourtant, ils ont bien dû crier, eux aussi, ces cent soixante hommes, femmes et enfants. Supplier, hurler comme les matelots, à s’en déchirer les poumons. Et sûrement encore plus fort: sous les panneaux cloués, ils n’ont pas la moindre idée de ce qui arrive au bateau.”

 

Garden of roses in Angers, France

 

See you tomorrow with letter G!

A demain pour la lettre G!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

 

A Month of French Authors/ Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter E the French authors Jean Echenoz and Annie Ernaux

Something strange happens when you leave your native land as an adult. Your education is completed and you’ve already started a career. You’ve also most likely discovered your favorite authors. Then you move thousands miles away and you must master another language and culture. Quickly you find out that books are your best allies to learn your new country. And slowly but ineluctably you start to read more and more in your acquired new language. Meanwhile life goes on in the old land and the authors you loved keep writing and publishing. But you’ve lost track and one day you forget about them. Until someone mentions one name, one title, one book, which happened when my partner for this challenge suggested Jean Echenoz. Then more names, more titles and more books rushed back to my memory’s shores.

This is a little unsettling to write about authors who were at some point as familiar as my country.

Today as I introduce Jean Echenoz and Annie Ernaux I feel the unstoppable journey of time.

I had just started to work in a publishing company in Paris when I read Echenoz. One of the perks of my job was to have access to any published book in any house at a discounted price. I built quite a collection over ten years.

 

California Poppies

Jean Echenoz was born on December 1947 in Orange (Provence-Alpes-Côte d’Azur region in southeastern France) and moved to Paris for his studies in sociology.

His first novel “Le Méridien de Greenwich” was published in 1979, while I was still in school so I only read it years later.

I was hooked and read each of his following books until I left France. Echenoz is the product of the Nouveau Roman and … Echenoz. His novels are strange, populated with even stranger people and the result would be a disaster for most writers. But Echenoz writes with unique skills and somehow builds novels that not only stand on their own but among others.

Influenced by jazz music (important component in Cherokee), thrillers, films, and using irony and playfulness Echenoz plants his characters in surprising or even weird situations. Beyond the strangeness of his novels I’ve always read someone who writes about modern human angst.

Echenoz is known for maintaining strong relationships with his most faithful readers and honoring them in his novels.

Being one of the most influencial French authors, his novels are translated in many languages, including in English of course.

Here is again the link that can allow you to find French authors translated in English.

Acadia National Park, Maine

Jean Echenoz est né à Orange et a passé son enfance dans l’Aveyron avant de s’installer à Paris pour y poursuivre des études de sociologie. Il est un grand, voire un très grand, parmi les auteurs français. Sa biographie et bibliographies sont disponibles sur la page de la Bibliothèque nationale de France ainsi que sur le site des Editions de Minuit, l’un de ses éditeurs. A partir des Editions de Minuit il est aussi possible de lire un court topo sur chacun des romans de Echenoz, ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant puisque j’avais oublié certains de ses écrits.

Ce fut “Le Méridien de Greewich” qui me fit découvrir Echenoz. Et puis ce fut “Cherokee” et “L’Equipée malaise,” suivis de “L’Occupation des sols” et de “Lac.”

Si vous ne le connaissez pas, lisez au moins l’un de ses romans. Il est difficilement comparable à d’autres auteurs puisqu’il ajoute à la tradition du roman moderne sa signature complètement unique.

Extrait du roman “Des éclairs:”

“Il apparaît d’abord qu’il aime mieux être seul et vivre seul en général, et se considérer dans les miroirs plutôt que regarder les autres, et se passer des femmes bien qu’il leur plaise beaucoup car il est fort beau, fort grand, brillant et beau parleur, il n’a pas quarante ans, il est à prendre. S’il n’est certes pas indifférent, n’aimant pas mieux les hommes, à ce que les dames se pressent discrètement autour de sa personne, il semble jusqu’ici qu’il désire peu qu’elles se rapprochent au-delà d’un seuil précis.”

Extrait du roman “Le méridien de Greenwich:”

“Il devait être à la campagne. Il reconnaissait le fond sonore ininterrompu de la campagne, où les babils d’oiseaux, les frissons des feuillages et l’entrechoc des branches se croisaient aux cris d’animaux domestiques et aux bourdons d’insectes pour tisser une trame de bruits, légère et tenace à la fois, trouée de temps en temps par un silence qui, dans un tel contexte prenait une allure de bruit. Ces silences ruraux étaient tous différents, qui déterminaient la durée de ce silence, mais, plus encore, sa saveur particulière, sa densité, son style.”

Extrait “Je m’en vais:”

“Si l’anatomie de Delahaye, si son comportement, son élocution confuse évoquent ainsi de la mauvaise herbe rétive, l’amie qui l’accompagne relève d’un autre style végétal. Prénommée Victoire et belle plante silencieuse à première vue, elle paraît plus sauvage qu’ornementale ou d’agrément, datura plutôt que mimosa, moins épanouie qu’épineuse, bref d’apparence pas très commode.”

Gardenia Flower from Charleston, South Carolina

Annie Ernaux est née à Yvetot en Seine Maritime le 1er septembre 1940. Sa biographie et bibliographie sont disponibles sur le site Babelio.

Lire Ernaux s’est plonger dans la classe ouvrière normande dont je suis également issue, c’est se reconnaitre ou reconnaitre ses parents, leurs voisins, leurs commerçants. Plus de vingt ans me séparent de l’auteure, et pourtant les portraits simples mais précis qu’elle taille me sont familiers. Il en est de même pour ses écrits sur l’évolution de fille à femme. Bien sûr les temps ont changé, mais on peut encore lire Ernaux maintenant pour comprendre la France des années de son enfance, de sa jeunesse et au-delà. Son écriture est dépouillée ce qui la rend facile à lire, du moins en apparence.

Extrait du livre “La place:”

“Il me conduisait de la maison à l’école sur son vélo. Passeur entre deux rives, sous la pluie et le soleil. Peut-être sa plus grande fierté, ou même la justification de son existence : que j’appartienne au monde qui l’avait dédaigné.”

Extrait du livre “Les années:”

“L’arrivée de plus en plus rapide des choses faisaient reculer le passé. Les gens ne s’intéressaient pas sur leur utilité, ils avaient simplement envie de les avoir et souffraient de ne pas gagner assez d’argent pour se les payer immédiatement…

La profusion des choses cachait la rareté des idées et l’usure des croyances.”

Extrait du livre “L’autre fille:”

“Les parents d’un enfant mort ne savent pas ce que leur douleur fait à celui qui est vivant.”

Extrait du livre “La femme gelée:”

“J’ai vécu jour après jour la différence entre lui et moi, coulé dans un univers rétréci, bourrée jusqu’à la gueule de minuscules soucis. De solitude. Je suis devenue la gardienne du foyer, la préposée à la subsistance des êtres et à l’entretien des choses.”

Mirror Lake, Yosemite National Park

Annie Ernaux was born in Yvetot, Normandy, in 1940. After completing her studies at the university and starting a career in the academics, teaching modern French literature, she quickly focused her writing around autobiographical material from her childhood and youth. Ernaux is an author who cannot leave me indifferent. Like me she was born in Normandy in a working class family where she would be the first one to go to college. Her writing about her father, her mother, the place where she grew up is deliberately simple, almost raw, to better depict her upbringing. This choice left me sometimes uncomfortable. I strongly respect everyone’s origins, since children are neither responsible for their parents nor for their place of birth. I also support the desire to leave one social class for another. But I also believe that we should not be ashamed of the people and the place we are coming from, whether our parents were rich or poor, educated or not. Sometimes when I read Annie Ernaux I feel as if her family’s modest origins and lack of education shamed her. But I also find love in her books, especially when she writes about her father. In addition, reading her work opens an interesting window on French society and particularly the limited roles traditionally assigned to girls and women in the 1960s. A plus for Americans willing to understand the complex country that France is.

Annie Ernaux is widely translated in English and her books are available on Amazon.

Lily Pad in Maine

See you tomorrow with letter F!

A demain pour la lettre F!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

In the spring of 2016, my husband and I made a deal: he can pick any table for dinner when we travel, as long as there is an independent bookstore nearby.

Tonight my husband mentioned reading Curt Mekemson’s comment about this tradition (Letter B) and he suggested adding the name of a restaurant where we ate together for each letter of the alphabet. So here is the deal: every day my husband will comment on each of my posts and add a restaurant from North America (USA and Canada) starting with the same letter. He already added his pics to the letters A, B, and C.

Food and books go really well together, I think, so I hope that you will enjoy this small fun addition inspired by Curt’s comment. By the way, if you don’t know this guy, check out his blog where he shares his travels and other great slices of life with his wife Peggy. You won’t regret it.

Today the French authors Marc Dugain and Michelle Desbordes for the letter D

 

Marc Dugain was born in 1957 in Senegal where his father was working. His family returned to France when Dugain was seven years old. Besides keeping an assiduous correspondance with his childhood friend, the writer Fred Vargas, Dugain had never written fiction before publishing his first novel “La Chambre des Officiers” in 1999. This book tells of his grandfather’s life as a soldier during WWI and by extension of this brutally bloody conflict that the French called la Der des Ders, hoping it would be the last in Europe. The novel will receive twenty literary awards and will mark the beginning of Dugain’s literary career. This novel is available in English:  The Officer’s Ward.

Among Dugain’s following novels, also very well received, two are particularly interesting to American readers.

In “La Malédiction d’Edgar,”published in 2005, Dugain writes an outstanding historical fiction novel about John Edgar Hoover, the first director of the FBI director. The controversial Hoover was also chosen by Clint Eastwood when he filmed “J. Edgar” with Leonardo DiCaprio as the FBI director.

“Avenue des Géants,” published in 2012, is a portrait of the American serial killer Edmund Kemper and also of the American society during the turbulent 1960s and 1970s. If you want to refresh your memory about Kemper, still in jail as we speak, this is a link about him on Wikipedia.

“Avenue des Géants” is available in English:  The Avenue of the Giants.

 

 

Marc DUGAIN est né au Sénégal où son père était coopérant en 1957. Sa famille est rentrée en France lorsqu’il avait sept ans. Avant son premier roman qui le fera connaitre Dugain n’avait rien écrit, à part une correspondance importante avec son amie d’enfance l’écrivain Fred Vargas. Vous pouvez lire sa biographie et bibliographie sur le site Babelio.

Le billet de la Livrophage à propos de ” Avenue des géants” est excellent.  “La chambre des officiers” avec la très belle adaptation au cinéma par Bertrand Tavernier est extraordinaire tout comme “La malédiction d’Edgar” sur Hoover.

Extrait de “Avenue des géants:”

“Pourquoi les gens écrivent-ils ? Souvent parce qu’une sourde vanité les rend fiers de leurs malheurs et qu’ils veulent les partager avec le reste de l’humanité parce que, au fond, ils sont trop lourds pour eux. Je crois aussi que beaucoup de gens écrivent parce qu’ils ne trouvent aucun réconfort auprès de leur famille. C ’est même pire, c’est souvent leur famille qui est à l’origine de leurs déboires. Avoir des lecteurs leur donne le sentiment d’être moins seuls sans l’inconvénient d’une promiscuité assommante avec des gens bien intentionnés. Souvent aussi, ils écrivent pour laisser une trace.”

Extraits de “La malédiction d’Edgar:”

“L’électeur nous laissera toujours le sale boulot. Il sait bien que là-haut les choses ne sont pas si claires. Mais il ne sait pas toujours à quel point. Quand il le découvre, il fait mine de s’en offusquer. Mais tant qu’il est devant son téléviseur avec une bière bon marché et qu’il y a de l’essence dans le réservoir de sa voiture, il est plutôt satisfait que d’autres fassent le sale boulot à sa place. Il est comme tout le monde, pris entre le rêve et la réalité.”

“Marilyn Monroe faisait partie de ces rares femmes qui figuraient au panthéon photographique d’Edgar, sur les murs de l’escalier qui menait à l’étage. Il l’avait rencontrée à plusieurs reprises et il gardait le souvenir d’une femme délicieuse, fragile, et d’une beauté touchante. Edgar manifesta toujours une grande mansuétude à son égard et une tolérance surprenante pour ses écarts de conduite avec les hommes. Ce n’est jamais elle qu’il incriminait, mais il préférait voir dans sa conduite critiquable le désespoir d’une femme seule, incapable de résister à des hommes qui la convoitaient comme un trophée. La femme la plus désirable d’Amérique ne pouvait pas être ignorée par le plus grand coureur du pays. Compte tenu de l’attrait irrépressible de John Kennedy pour les femmes, il n’était pas pensable qu’il fît l’impasse sur le symbole sexuel le plus adulé d’une génération.”

Extrait de “La chambre des officiers:”

“Je suis réveillé quelques heures plus tard par une douleur si forte et si diffuse que je suis incapable d’en localiser l’origine précise. Mes pieds bougent. Les deux. Les mains aussi. Chacun de mes yeux perce la semi-obscurité. Je suis entier. Avec ma langue, je fais le tour de ma bouche. En bas, elle vient s’appuyer sur les gencives de la machoire inférieure : les dents ont été pulvérisées. Les hauteurs, elles, s’annoncent comme un couloir sans fin ; ma langue ne rencontre pas d’obstacle et lorsqu’elle vient toucher les sinus, je décide d’interrompre cette première visite. C’est tout ce vide qui me fait souffrir.”

Michelle Desbordes was born in 1940 in Saint-Cyr-en-Val, France. She studied literature at the Sorbonne University and became later a library curator. She will write nine novels before dying in 2006, in Sologne, the French region where she was from.

Interestingly, the book that both my French friend and I read and loved among the nine novels Michelle Desbordes wrote is the same.

La Robe Bleue is a moving novel that tells of the French sculptor Camille Claudel, sister of the French poet Paul Claudel. She spent thirty years in a psychatrist hospital and always wore a blue dress when her brother Paul visited her. The story of her mental illness is controversial as opinions vary about the reasons of her hospitalization. The entry in Wikipedia highlights Camille Claudel’s career and mental illness.

I love art and am particularly interested in the stories of women artists from the 19th and early 20th century who rarely received praise for their work during their lives. Camille Claudel’s work and talent will only be recognized and appreciated after her death.

Michelle Desbordes’ novels have not been translated in English.

Michelle Desbordes est née à Saint-Cyr-du-Val en 1940 et est décédée en 2006.

Sa biographie et bibliographie ainsi que deux vidéos à propos de deux de ses livres, « La Robe Bleue » et «L’Habituée » sont disponibles sur le site Babelio.

Par le plus grand des hasards le livre de Michelle Desbordes qui a marqué mon amie française est aussi mon préféré. “La Robe Bleue” évoque Camille Claudel qui alors qu’elle est à l’asile, met cette robe pour attendre la visite de son frère Paul. Une lecture bouleversante.

J’aime l’art et je suis particulièrement intéressée par les femmes artistes qui jusqu’à une date récente ne recevaient pas le respect dont leurs pairs masculins bénéficiaient pendant leur vie. Comme tant d’autres, le talent de la sculptrice Camille Claudel ne sera en effet reconnu qu’après sa mort.

Extraits de “La Robe Bleue:”

“Ainsi la trouvait-il quand il arrivait, à l’ombre des chênes où elle s’installait pour le voir franchir les grilles et pénétrer dans la cour, la petite place aux platanes où il prenait l’allée du haut, le chemin de terre et de pierres qui bientôt s’étrécissait jusqu’à devenir l’étroit raidillon sous les arbres.”

“Car ce ne serait pas cette robe qu’on a dite, et qu’on voit sur les photographies, la robe triste et morne qu’elle revêt les jours qu’elle veut paraître bien mise, ce ne serait pas cette robe-là de vieille proprette et bien mise avec ses rayures pâles dans le sombre de l’étoffe, ce serait une autre, et qu’il ne lui aurait jamais vue, bleue comme ses yeux, bleue comme la mer où ils sont ce jour-là, une robe longue et bleue, si légère dans le vent, qu’elle lui paraît d’un autre temps, une robe comme autrefois lui semble-t-il, et d’un coton, d’une toile qui dit le radieux d’un jour d’été, une étoffe qui se lève dans le vent, légère bat les chevilles, et parfois d’un grand mouvement vole autour d’elle. Un calicot, une étamine bleue. Une toile douce où passe l’air, la brise du bord de l’eau.”

 

 

 

See you tomorrow with letter E!

A demain pour la lettre E!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

 

 

 

 

 

A Month of French Authors/ Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter C, the French authors Philippe Claudel and Sandrine Collette

 

Philippe Claudel was born in Dombasle-sur-Meurthe in Lorraine (eastern France) on February 2, 1962.

I discovered Claudel when I was already living in the United States. My parents-in-law visited us regularly and always arrived with an extra bag loaded with literature. Picture books and children’s magazines for their grandkids. Novels, newspapers, and magazines for their son and me.

I shouldn’t say that I waited for their arrival because of the books, but it is true that excitement always grew inside me when they unpacked their luggage. Anyone who loves reading knows that the expectation of a book is comparable to opening a treasure chest.

This is on one of their visits that I discovered and fell for Philippe Claudel’s writing.

It is said that plot isn’t his strong suit. I would say that plot is a very American word. My most favorite books and movies lack suspenseful ingredients that so many American readers and moviegoers adore. But these quiet books and movies have often the potential to stir more emotions than an action-packed novel or film. It is possible that the language, words that have rocked my childhood and youth, remain the reason why I am still a little partial to French literature and movies.

I admire the American writers for their capacity to write novels that I can’t put down. I envy the American language for its strength but the French language never fails to move me.

My favorite novels written by Claudel remain “La Petite Fille de Monsieur Linh” translated in English under the title “Monsieur Linh and his Child” and “Le Rapport Brodeck” or “The Brodeck’s Report” in English.

I read that Claudel woke up one day with the opening sentence of “The Brodeck’s Report.”

“My name is Brodeck and I am not responsible.”

Here is what The New York Times wrote about this novel.

Besides my two favorite novels I adore Claudel’s book “Parfums,” or “Parfums A Catalogue of Remembered Smells,” in English. In this unique book filled with short but evocative memories of the scents that were the background of his childhood, the author manages to offer a very personal book that talks to the universal human relationship with smells.

Many French readers admire Claudel for his sparse prose that shoots right to the heart. My French partner for this monthly challenge wrote a very short post about Claudel’s novel “Le Café de l”Excelsior.” She picked this extract from the novel especially for her nephew who had just lost his father. In the extract the author evocates with poignancy but no sentimentality the unstoppable passage of time.

Claudel’s novels and films are available in the US and I definitely encourage you to check out his work if you haven’t done it yet.

 

Philippe Claudel est né a Dombasle-sur-Meurthe en Lorraine le 2 février, 1962

Son talent en tant que romancier et metteur en scène est incontesté en France. La plupart de ses romans sont empreints de tristesse ou sans doute davantage d’un sens aigu du passage du temps qui finit par nous laisser orphelins de ceux et celles que nous avons connu et aimé.

Un extrait de “Le Café de l’Excelsior:”

“Nous délaissent sans prévenir les plus beaux de nos jours, et les larmes viennent après, dans les après-midi rejouées de solitude et de remords, quand nous avons atteint l’âge du regret et celui des retours. Les visages et les gestes que nous traquons dans l’ombre des puits de nos mémoires, les rires, les bouquets, les caresses, les silences boudeurs, les taloches aimantes, l’amour et le don de ceux qui nous mènent au seuil de la vie creusent notre souffrance autant qu’ils nous apaisent. Nous vivons parmi de grands pans de lumière hâchés de noirs fracas. Il faut nous en convaincre.”

Et un très court billet écrit par la Livrophage qui a sélectionné ce passage pour son neveu qui venait de perdre son père.

Puis bien sûr il y a “Les âmes grises” et “Le rapport de Brodeck,”magistral et adapté en BD par Manu Larcenet.

“Je ne sais pas si l’on peut guérir de certaines choses. Au fond, raconter n’est peut-être pas un remède si sûr que cela. Peut-être qu’au contraire raconter ne sert qu’à entretenir les plaies, comme on entretient les braises d’un feu afin qu’à notre guise, quand nous le souhaiterons, il puisse repartir de plus belle.”

Et une mention spéciale aussi à “Trois petites histoires de jouets.”

Un extrait:

“C’était un petit Pierrot bancal, grossier, mal peint, au regard ourlé de noir, au sourire de mystère et de mélancolie, une larme figée à son œil gauche, un pantin à trois sous que l’on vendait dans les rues jadis. Alors il sentit, en même temps que le pantin paraissait le fixer lui, et lui seul, comme il n’aurait pu fixer personne d’autre, même si des milliers, des centaines de milliers d’hommes et de femmes eussent été dans le même lieu, il sentit s’ouvrir dans sa chair une immense déchirure, comme si d’un coup et sous l’effet du regard de ce Pierrot de bois, tout son être se fendait en deux, jusqu’à l’âme, une déchirure nette, violente mais aucunement douloureuse, un voile que l’on fend d’un trait, un voile ou plutôt un lourd rideau posé sur la part la plus intime de sa mémoire, et cela depuis plus de cinquante années.

Il tituba.

Son front heurta la vitrine.

Le pantin le regardait toujours par au-delà la paroi de verre et par-delà du temps.”

“Barrio Flores” est quant à lui un récit de voyage à Cuba.

Bien d’autres livres et recueils de nouvelles marquent la carrière brillante de Claudel. Ses livres sont assez tristes, même très tristes et déprimés/déprimants, mais remarquablement écrits.

 

 

Sandrine Collette est née à Paris en 1970.

En plus de sa biographie et bibliographie, une interview et aussi des extraits que certains lecteurs ont particulièrement aimé sont disponibles sur le site Babelio.

Ni mon amie bloggueuse ni moi n’avons lu Collette, mais elle l’a vue deux fois aux Quais du Polar à Lyon et cet automne à Brive. Elle lui prédit un grand avenir.

Quant à moi, j’aime énormément les grands espaces et la nature, et Sandrine Collette leur donne un rôle important dans ses romans.

Et puis quelqu’un qui dit ne pas voyager mais est capable de planter un roman dans un décor de Patagonie…

Comme nous ne l’avons pas lue, voici seulement trois extraits de ses romans, illustrant son style litéraire. Si vous l’avez lue, dites nous le.

Extrait de “Il reste la poussière:”

“C’est le mot qui l’interpelle, un mot qu’il n’a jamais entendu. Le bonheur.

Souvent, pour maudire le sort, la mère, devant une bête morte, une récolte gâtée par le mauvais temps ou trop de factures à la fois, s’écrie: Malheur! Cela, il connaît. Une patte cassée, malheur. Une charogne tombée dans la réserve d’eau, malheur. Et malheur encore, les fils qui tardent à finir leur ouvrage ou le vent qui couche les clôtures, laissant échapper le bétail. Toute sa vie baigne dans ce mélange de résignation et de poing levé au ciel, s’étrangle de peur devant les éléments déchaînés, de rage face au monde qui n’est ni juste ni beau.”

Extrait de: “Les larmes noires sur la terre:”

“Voilà, ce n’est qu’un enfant mort. Peut-être est-ce le premier que tu vois de ton existence, oui bien sûr, je le devine dans tes yeux, tu croyais qu’un enfant est éternel, nous le croyons tous avant qu’ils ne trépassent, parce que l’ordre des choses voudrait que les parents ne connaissent jamais la mort de leurs petits, mais il n’y a pas d’ordre dans le monde, pas de chronologie, pas d’obligation – et pas de justice.”

Extrait de “Un vent de cendre:”

“Tout le monde a fait l’expérience une fois dans sa vie de ces moments étranges qui donnent l’impression d’avoir déjà été vécus. Une sensation au détour d’un chemin, un lieu à la fois inconnu et familier, lointain et au bord de la conscience en même temps ; la certitude d’avoir un jour prononcé les mêmes mots, d’avoir fait les même es gestes. Mais où, quand, pourquoi, impossible de le dire. Cette sensation reste, ardente et vaine. Perdus d’avance, ces souvenirs ne reviennent jamais en mémoire, inaccessibles, d’un autre temps, d’un autre monde.”

 

Sandrine Collette was born in Paris, in 1970.

My French friend has met the author twice at the famous Quais du Polar, the yearly international crime fiction festival, held in Lyon, France and once at another French book festival. She predicts the author a brilliant future.

The author who has a master in philosophy and a doctorate in political sciences is indeed one the big names in contemporary crime fiction in France. Her first novel “Des nœuds d’acier,” published in 2013, won the prestigious Grand Prix de littérature policière the same year, bringing her immediate visibility.

I haven’t read Sandrine Collette since crime fiction is not my favorite genre. But my husband used to be a big fan when we lived in France. His books stayed behind when we left Paris for the San Francisco Bay Area. Later, when we had decided to stay in the US, my father-in-law offered to forward us a complete list of the books we had boxed and stacked in his basement. The task was quite phenomenal, but one day we received five handwritten single-paced pages with the title of each book. My father-in-law had not listed the crime fiction novels but wrote a quick note implying that maybe we didn’t really need those novels.

We flew to Paris shortly after and decided to ship every book, except some of mine left in my native rainy Normandy. They had not really enjoyed staying in my parent’s basement and I had to get rid of quite a few molded books.

But the crime fiction novels arrived in California. Year after year my husband started to read more American thrillers than French crime fiction novels. That’s what happens to immigrants. But the books are still home. Or rather, in our garage, too.

If you read some French I encourage you to read the interview with Sandrine Collette. She doesn’t travel and yet managed to set her novel “Il Reste la Poussiere” in Patagonia. Which to me signals talent.

Her books, unfortunately, aren’t translated in English.

See you tomorrow with letter D!

A demain pour la lettre D!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

Today for the letter B, the French authors Vincent Borel and Jeanne Benameur

Due to the challenge to provide the authors’ photos, I decided to illustrate my posts with personal pics of spring flowers, either from California, from Maine or any other American state.

 

Vincent Borel was born in Gap, in southeastern France in 1962.

He inherits his passion for opera from his Spanish grandfather, a huge music lover. While studying French literature in Aix-en-Provence Vincent Borel can be seen backstage during the Opera Festival and soon on stage performing in several operas.

Borel moves to Paris in 1985 and while working odd jobs he also discovers the Parisian nightlife (raves, techno music). These experiences will plant the seeds for his first novel “Un Ruban Noir,” published ten years later. Quickly after, the author becomes a journalist for several different Parisian magazines.

Starting in 1999, Borel dives into the 16th and 17th centuries. His inexorable passion for the music of this period of time will inspire the creation of several books, all published with the same editor.

In 2002, “Baptiste,” a novel inspired by the compositor Jean-Baptiste Lully’s life, is published and extremely well received by the public. The novel is followed in 2004 and 2006 by “Mille Regrets” and “Pyromanes.”

In 2010, Borel publishes “Antoine et Isabelle.” This unusual novel that blends true elements from the author’s family history, historical events, and contemporary questions is also highly praised. The novel is even considered for the Goncourt, the prestigious coveted French literary recognition and will receive other awards the same year. The impeccable research that Borel did to write his novel triggers his desire to apply for Spanish citizenship, a request that will be fulfilled.

In 2013, Borel writes “Richard W.,” a novel inspired by Richard Wagner’s life.

His eighth novel “Fraternels” is published in 2016.

If you read some French, I encourage you to visit my friend’s excellent post related to “Antoine et Isabelle.”

 

 

 

La biographie et bibliographie de Vincent Borel sont disponibles sur le site de l’éditrice de l’auteur, Sabine Wespieser.

Lire plus ici à propos de “Antoine et Isabelle,” un roman qui mêle avec un rare talent éléments autobiographiques (l’histoire de famille de l’auteur) et événements historiques et adresse aussi avec une rare acuité des questions concernant notre monde actuel.

Je vous encourage à lire le super billet de la livrophage à propos de ce roman.

Baptiste,” la biographie romancée de Lulli, est aussi d’après elle un exceptionnel ouvrage, très rock and roll!

Je regrette tout particulièrement que “Baptiste” et “Richard W.” ne soient pas disponibles aux US. Tous deux feraient de super cadeaux pour mon fils, un passionné de musique en tous genres, mais surtout de classique.

Un extrait de “Baptiste:”

“La récitation chantée fut brisée d’airs déchirants et brefs où les castrats envoyaient leur vocalité d’acrobate arracher des larmes au paradis. Les voix claires, juvéniles et femelles, de cette enfance perpétuée par la petite opération, tutoyaient les entrailles et donnaient des vapeurs aux femmes. La chair de poule en venait aux plus réticents.”

Un extrait de “Antoine et Isabelle:”

“Pour Antonio et pour des dizaines de regards avides, la lecture c’est autant de fenêtres sur le monde qu’il y a de pages parcourues. Un mot construit une phrase qui forme un chapitre recelant de multiples expériences. La combinaison des lettres de l’alphabet une fois maîtrisée est aussi infinie que le nombre d’êtres sur la terre.
 Bien plus tard, Antonio regrettera d’avoir quitté l’école. Pour lors, il lui a tourné le dos, comme il fuit le carrer dels Flassaders où n’existent que des convenances et où personne ne répond à ses questions. Car Antonio a soif, comme tous ces êtres avides de savoir et de connaissance. La lecture n’est pas pour eux une échappatoire ou un loisir de nantis : lire c’est croître.”

 

 

Jeanne BENAMEUR was born in Ain M’lila in Algeria, in 1952.

At the age of five years old she arrives with her parents in France and the family settles in La Rochelle.

A French literature professor Benameur will publish numerous novels while working in a publishing company too.

In 2001, Benameur receives the Unicef Award for her novel “Les Demeurées,” the story of an illiterate woman and her daughter.

Benameur belongs to the French association Parrains Par Mille, which provides support to teenagers in trouble. In fact, this association plays an important role in her Young Adult novel “Adil, Coeur Rebelle,” a contemporary story set in Paris that depicts Adil, a teen boy who shares his life between his family, his middle school and rap music. Adil is very upset when the police shot a young burglar in his neighborhood. His mother, alone with him while her husband is away for a few weeks, worries for Adil. Will Louis, a retired teacher be able to help Adil see through despite their age difference? Will they forge a friendship despite their cultural differences?

Benameur has since since published “Laver les Ombres” et “Otages Intimes.” Both novels will be well received in France.

Benameur currently lives in Paris where she pursues her diverse writing journey (theater, novels, poetry, short stories).

My French friend favors “Les Demeurées” to the other books. As for me I will get “Adil, Coeur Rebelle” because I just love Young Adult novels.

 

 

Jeanne Benameur est née à Ain M’lila, une petite ville d’Algérie, en 1952

Elle arrive en France à l’âge de 5 ans avec ses parents et sa famille s’installe à La Rochelle.

Professeure de lettres jusqu’en 2001, elle a publié chez divers éditeurs, mais particulièrement chez Denoël en littérature générale, et aux éditions Thierry Magnier. Elle est également directrice de collection, aux Éditions Thierry Magnier et chez Actes Sud-junior.

Elle a reçu en 2001 le Prix Unicef pour son roman “Les Demeurées,” l’histoire d’une femme illettrée et de sa fille (Denoël, 2000).

Jeanne Benameur fait partie de l’équipe de Parrains Par Mille, une association de parrainage d’adolescents désemparés. L’auteure fait d’ailleurs agir cette association auprès d’Adil, dans “Adil, cœur rebelle.”

En 2008, elle rejoint Actes Sud avec “Laver les ombres.”

Elle reçoit le Prix RTL-LIRE 2013 pour “Profanes” et le Prix Libraires en Seine 2016 pour son roman “Otages Intimes.”

Elle vit maintenant à Paris où elle consacre l’essentiel de son temps à l’écriture: théâtre, roman , poésie, nouvelles.

Un extrait de “Les Demeurées:”

“Aujourd’hui, les mots sont là, dans sa tête à elle. Ça ne fait pas de bruit. Sous ses doigts, à chaque lettre qui se dessine, les mots arrivent. Luce lève les yeux, guette. Sa Varienne va dans la maison, lourde et tranquille. Les mots dans la tête de Luce sont silencieux. Ils ne s’échappent pas. Ils vient tout seuls,ne font pas mal. Luce s’étonne du secret. C’est tout un monde qui respire sans apparaître. C’est à elle, rien qu’à elle. Une grande chaleur peu à peu envahit tout son corps. C’est à elle, à l’intérieur d’elle et personne, personne ne peut y toucher. La joie qui l’envahit en silence ne peut pas se mesurer. Elle y est toute, ne sait pas pourquoi. Luce continue sa lente progression dans l’alphabet. Elle est seule, heureuse.”

Un extrait de “Laver les ombres:”

“Une à une, elle déchire les pages de son vieux livre d’amour, les laisse tomber dans l’eau. Le papier disparaît dans le mouvement des vagues. Alors les mots imprimés, ces mots que personne ne lui a jamais dits, ses lèvres les prononcent. Pour elle toute seule. Dans sa langue à elle. C’est en italien, seulement en italien qu’elle aurait pu les dire.” …”Elle ignorait qu’elle avait tant et tant de phrases inscrites, à l’intérieur d’elle. Sous la peau. Des passages entiers. Comme des blocs de falaise usée qui s’écroulent. En même temps qu’elle délivre dans l’air tout ce que les livres lui ont appris de l’amour, elle pleure. C’est tout”

See you tomorrow with letter C!

A demain pour la lettre C!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!