A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français

In the spring of 2016, my husband and I made a deal: he can pick any table for dinner when we travel, as long as there is an independent bookstore nearby.

Tonight my husband mentioned reading Curt Mekemson’s comment about this tradition (Letter B) and he suggested adding the name of a restaurant where we ate together for each letter of the alphabet. So here is the deal: every day my husband will comment on each of my posts and add a restaurant from North America (USA and Canada) starting with the same letter. He already added his pics to the letters A, B, and C.

Food and books go really well together, I think, so I hope that you will enjoy this small fun addition inspired by Curt’s comment. By the way, if you don’t know this guy, check out his blog where he shares his travels and other great slices of life with his wife Peggy. You won’t regret it.

Today the French authors Marc Dugain and Michelle Desbordes for the letter D

 

Marc Dugain was born in 1957 in Senegal where his father was working. His family returned to France when Dugain was seven years old. Besides keeping an assiduous correspondance with his childhood friend, the writer Fred Vargas, Dugain had never written fiction before publishing his first novel “La Chambre des Officiers” in 1999. This book tells of his grandfather’s life as a soldier during WWI and by extension of this brutally bloody conflict that the French called la Der des Ders, hoping it would be the last in Europe. The novel will receive twenty literary awards and will mark the beginning of Dugain’s literary career. This novel is available in English:  The Officer’s Ward.

Among Dugain’s following novels, also very well received, two are particularly interesting to American readers.

In “La Malédiction d’Edgar,”published in 2005, Dugain writes an outstanding historical fiction novel about John Edgar Hoover, the first director of the FBI director. The controversial Hoover was also chosen by Clint Eastwood when he filmed “J. Edgar” with Leonardo DiCaprio as the FBI director.

“Avenue des Géants,” published in 2012, is a portrait of the American serial killer Edmund Kemper and also of the American society during the turbulent 1960s and 1970s. If you want to refresh your memory about Kemper, still in jail as we speak, this is a link about him on Wikipedia.

“Avenue des Géants” is available in English:  The Avenue of the Giants.

 

 

Marc DUGAIN est né au Sénégal où son père était coopérant en 1957. Sa famille est rentrée en France lorsqu’il avait sept ans. Avant son premier roman qui le fera connaitre Dugain n’avait rien écrit, à part une correspondance importante avec son amie d’enfance l’écrivain Fred Vargas. Vous pouvez lire sa biographie et bibliographie sur le site Babelio.

Le billet de la Livrophage à propos de ” Avenue des géants” est excellent.  “La chambre des officiers” avec la très belle adaptation au cinéma par Bertrand Tavernier est extraordinaire tout comme “La malédiction d’Edgar” sur Hoover.

Extrait de “Avenue des géants:”

“Pourquoi les gens écrivent-ils ? Souvent parce qu’une sourde vanité les rend fiers de leurs malheurs et qu’ils veulent les partager avec le reste de l’humanité parce que, au fond, ils sont trop lourds pour eux. Je crois aussi que beaucoup de gens écrivent parce qu’ils ne trouvent aucun réconfort auprès de leur famille. C ’est même pire, c’est souvent leur famille qui est à l’origine de leurs déboires. Avoir des lecteurs leur donne le sentiment d’être moins seuls sans l’inconvénient d’une promiscuité assommante avec des gens bien intentionnés. Souvent aussi, ils écrivent pour laisser une trace.”

Extraits de “La malédiction d’Edgar:”

“L’électeur nous laissera toujours le sale boulot. Il sait bien que là-haut les choses ne sont pas si claires. Mais il ne sait pas toujours à quel point. Quand il le découvre, il fait mine de s’en offusquer. Mais tant qu’il est devant son téléviseur avec une bière bon marché et qu’il y a de l’essence dans le réservoir de sa voiture, il est plutôt satisfait que d’autres fassent le sale boulot à sa place. Il est comme tout le monde, pris entre le rêve et la réalité.”

“Marilyn Monroe faisait partie de ces rares femmes qui figuraient au panthéon photographique d’Edgar, sur les murs de l’escalier qui menait à l’étage. Il l’avait rencontrée à plusieurs reprises et il gardait le souvenir d’une femme délicieuse, fragile, et d’une beauté touchante. Edgar manifesta toujours une grande mansuétude à son égard et une tolérance surprenante pour ses écarts de conduite avec les hommes. Ce n’est jamais elle qu’il incriminait, mais il préférait voir dans sa conduite critiquable le désespoir d’une femme seule, incapable de résister à des hommes qui la convoitaient comme un trophée. La femme la plus désirable d’Amérique ne pouvait pas être ignorée par le plus grand coureur du pays. Compte tenu de l’attrait irrépressible de John Kennedy pour les femmes, il n’était pas pensable qu’il fît l’impasse sur le symbole sexuel le plus adulé d’une génération.”

Extrait de “La chambre des officiers:”

“Je suis réveillé quelques heures plus tard par une douleur si forte et si diffuse que je suis incapable d’en localiser l’origine précise. Mes pieds bougent. Les deux. Les mains aussi. Chacun de mes yeux perce la semi-obscurité. Je suis entier. Avec ma langue, je fais le tour de ma bouche. En bas, elle vient s’appuyer sur les gencives de la machoire inférieure : les dents ont été pulvérisées. Les hauteurs, elles, s’annoncent comme un couloir sans fin ; ma langue ne rencontre pas d’obstacle et lorsqu’elle vient toucher les sinus, je décide d’interrompre cette première visite. C’est tout ce vide qui me fait souffrir.”

Michelle Desbordes was born in 1940 in Saint-Cyr-en-Val, France. She studied literature at the Sorbonne University and became later a library curator. She will write nine novels before dying in 2006, in Sologne, the French region where she was from.

Interestingly, the book that both my French friend and I read and loved among the nine novels Michelle Desbordes wrote is the same.

La Robe Bleue is a moving novel that tells of the French sculptor Camille Claudel, sister of the French poet Paul Claudel. She spent thirty years in a psychatrist hospital and always wore a blue dress when her brother Paul visited her. The story of her mental illness is controversial as opinions vary about the reasons of her hospitalization. The entry in Wikipedia highlights Camille Claudel’s career and mental illness.

I love art and am particularly interested in the stories of women artists from the 19th and early 20th century who rarely received praise for their work during their lives. Camille Claudel’s work and talent will only be recognized and appreciated after her death.

Michelle Desbordes’ novels have not been translated in English.

Michelle Desbordes est née à Saint-Cyr-du-Val en 1940 et est décédée en 2006.

Sa biographie et bibliographie ainsi que deux vidéos à propos de deux de ses livres, « La Robe Bleue » et «L’Habituée » sont disponibles sur le site Babelio.

Par le plus grand des hasards le livre de Michelle Desbordes qui a marqué mon amie française est aussi mon préféré. “La Robe Bleue” évoque Camille Claudel qui alors qu’elle est à l’asile, met cette robe pour attendre la visite de son frère Paul. Une lecture bouleversante.

J’aime l’art et je suis particulièrement intéressée par les femmes artistes qui jusqu’à une date récente ne recevaient pas le respect dont leurs pairs masculins bénéficiaient pendant leur vie. Comme tant d’autres, le talent de la sculptrice Camille Claudel ne sera en effet reconnu qu’après sa mort.

Extraits de “La Robe Bleue:”

“Ainsi la trouvait-il quand il arrivait, à l’ombre des chênes où elle s’installait pour le voir franchir les grilles et pénétrer dans la cour, la petite place aux platanes où il prenait l’allée du haut, le chemin de terre et de pierres qui bientôt s’étrécissait jusqu’à devenir l’étroit raidillon sous les arbres.”

“Car ce ne serait pas cette robe qu’on a dite, et qu’on voit sur les photographies, la robe triste et morne qu’elle revêt les jours qu’elle veut paraître bien mise, ce ne serait pas cette robe-là de vieille proprette et bien mise avec ses rayures pâles dans le sombre de l’étoffe, ce serait une autre, et qu’il ne lui aurait jamais vue, bleue comme ses yeux, bleue comme la mer où ils sont ce jour-là, une robe longue et bleue, si légère dans le vent, qu’elle lui paraît d’un autre temps, une robe comme autrefois lui semble-t-il, et d’un coton, d’une toile qui dit le radieux d’un jour d’été, une étoffe qui se lève dans le vent, légère bat les chevilles, et parfois d’un grand mouvement vole autour d’elle. Un calicot, une étamine bleue. Une toile douce où passe l’air, la brise du bord de l’eau.”

 

 

 

See you tomorrow with letter E!

A demain pour la lettre E!

Thank you for reading!

Merci de nous lire!

Good luck if you participate to the A to Z Challenge!

Bonne chance si vous participez au Challenge de A à Z!

 

 

 

 

 

Comments

  1. Everyday I am presenting a restaurant (or two) Evelyne and I recently visited.

    Donna’s (Baltimore): we came across this original, low-key restaurant in the Charles Village when our daughter went to grad school at JHU. It was just in front of her building. Recently that location closed but I have visited their Cross Key place. Same fresh food, same creative cocktails (Elderflower Lemondrop)

    — Evelyne’s husband.

  2. Merci Evelyne. “La Robe Bleue” m’intéresse !

  3. Je me dis que votre travail, très intéressant et utile, ferait un très beau livre, non ? Bravo en tout cas à toutes les deux. C’est très réconfortant de puiser dans cette mine d’or de connaissances qui se présente à nous …

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