Soirée Ciné Restau sur Fonds d’Amérique Oubliée

Hier c’était le grand jour.

Non pas le Winter Formal de mon fils, même si pour lui c’était le Grand Jour.

Je parle des grands qui se sont offerts une soirée ciné restau.

Le cinéma avant l’Amérique c’était mon pain quotidien, ou presque. Au fond de mes poches, tickets de métro et de ciné cohabitaient dans un joyeux désordre.

La Californie, berceau d’Hollywood et de ses stars, a marqué la fin de ma longue histoire avec les salles obscures.

Pour deux raisons simples : les immigrés – les vrais, ceux qui partent avec une valise pour l’Aventure – ne pensent pas à tout – heureusement d’ailleurs parce qu’ils ne seraient jamais partis. Ils ignorent ou refusent de penser qu’à leur arrivée il y aura :

1-    Absence totale de support familial et amical (normal quand on quitte son pays natal) mais aussi professionnel.

2-    A serrer les cordons de la bourse et à ne pas faire chauffer la carte de crédit. La vie ailleurs coûte toujours plus cher quand on recommence à zéro, surtout avant l’euro. Le franc français ne permettait pas d’aller très loin.

Donc hier soir après avoir utilisé le iPhone et l’appareil photo au maximum de leur capacité et mitraillé Fils Adoré, splendide dans son nouveau costume (se référer à Winter Formal Bis), et Petite Amie tout aussi adorable dans sa petite robe sans manches et ses jambes nues dans ses chaussures à talons Tour Eiffel, papa maman ont enfilé leurs tenues d’amoureux et se sont éclipsés vers l’un de leurs restaus préférés.

Il n’était que six heures mais la séance de ciné commençait à huit heures moins le quart. Au restau il y avait pas mal de convives et déjà quelques couples qui rejoignaient leurs voitures après avoir fini de diner.

En France, c’est encore l’heure du goûter.

Les américains que je connais sautent souvent le déjeuner quand ils savent qu’ils dineront au restau ce qui explique que dès cinq heures ils ont l’estomac dans les talons.

Une autre raison est financière. Certains restaurants, surtout les chaines populaires, offrent des prix spéciaux pour les Early Birds – ceux et celles qui dinent vers quatre/cinq heures de l’après midi et ce jusqu’à cinq heures et demie/ six heures. La sélection des plats est souvent plus limitée et baptisée Early Bird Specials.

C’est un peu un stéréotype de dire que la majorité des Early Birds sont des personnes âgées mais cela reste vrai. Et je peux les comprendre. Ils se lèvent plus tôt et se couchent donc plus tôt et beaucoup vivent sur un revenu fixe qui ne leur permet pas beaucoup d’extras.

Hier soir les amoureux étaient presque des Early Birds, sauf que notre restau n’offre pas d’Early Bird Specials.

Peu après nous sont arrivés six ados, tout aussi endimanchés que Fils Adoré et Petite Amie.  Les jeunes filles, perchées dans des sandales si découpées et si hautes que mes pieds frissonnaient dans mes petites bottes et que j’en avais le vertige, se sont assises en face de leurs dates (nom donné au partenaire. La date peut aussi être le petit ami ou la petite amie mais pas nécessairement). Les garçons étaient eux aussi sur leur trente et un. Boutonniere (sans accent) à la boutonnière pour les garçons et corsages au poignet pour les filles, ils étaient un mélange d’innocence, de naïveté et de confiance en eux qui me déconcerte encore parfois.

Plus traditionnel tu meurs. J’ai du penser tout haut car mon amoureux me dit qu’au moins ils ont bon goût car ils ont choisi un restau élégant, à la cuisine délicieuse. Point taken, comme on dit ici.

Nous les quittons pour le ciné.

Comme nous n’y allons pas souvent, nous choisissons avec soin le film qui méritera notre visite.

Si vous vivez avec un homme et un ou des Fils Adoré(s) vous savez que ce n’est pas une mince affaire.

Il n’y a pas de nouveau James Bond à l’affiche, Matt Damon en a fini avec Bourne et Bruce Willis avec Die Hard.

Je vous épargne la discussion de vendredi soir où sur les conseils d’une de mes copines j’avais proposé un deal qu’elle m’avait vendu comme infaillible.

« Tu choisis le film et tu dis okay au diner steak frites. »

Le problème est que mon amoureux aime les films et les acteurs cités au-dessus mais pas vraiment les steak-houses (là où l’on mange des steaks plus grands que mes deux mains).

Ma chance a tourné quand nous avons réalisé que le seul film décent (combo spectateurs et critiques) qui passait était Nebraska.

On a perdu beaucoup de temps parce que c’était mon choix #1 depuis le début de la discussion.

L’inconditionnel fan de Bruce Springsteen que je suis avait senti son cœur battre en lisant le titre du film, à l’affiche ici depuis la mi novembre.

A travers nos nombreux voyages à travers les States nous avons traversé plusieurs fois les grandes plaines du Nebraska et le pont qui enjambe la rivière North Platte à Lincoln, la capitale de l’état.

Rouler sous un ciel plus grand que la terre est inoubliable.

La pochette en noir et blanc du 33 tours de Springsteen dépeint à la perfection l’immense désolation mais aussi la beauté abrupte de ces terres qui semblent n’aller nulle part.

Tout comme la pochette du disque, le film Nebraska est également tourné en noir et blanc.

L’histoire est en apparence très simple. Un vieil homme de Billings, Montana, persuadé d’avoir gagné un million de dollars parce qu’il a reçu une vague lettre l’en informant, décide, malgré l’opposition de sa femme et de ses fils, de rejoindre Lincoln, Nebraska, pour encaisser son prix.

En fait Nebraska est un portrait complexe, réaliste et émouvant d’un Américain oublié dans une Amérique oubliée. L’humour décapant vise avec justesse tous les défauts et aussi le meilleur de l’être humain à travers une famille et les détails savoureux et poignants de la vie en Amérique rurale.

J’ai marqué un point en persuadant mon amoureux d’acheter deux billets pour Nebraska. J’ai arrêté de les compter quand j’ai réalisé que ce film était fait pour deux amoureux des Etats Unis parce qu’il évoquait à la perfection nos rencontres avec des Américains semblables aux personnages fictifs de Nebraska, nos expériences de vie ici, nos voyages passés et à venir.

Allez voir le film quand il sortira en France. Il dépeint une Amérique peu connue, d’apparence peu séduisante et pourtant tellement humaine.

Un petit point en moins : la chanson du Boss aurait fait un beau background musical.

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Encore des S’ Mores

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Je me suis cassée le nez à la boulangerie. Trois jours de suite.

« Je peux avoir une galette des rois, s’il vous plait ? »

« Sorry, on les a toutes vendues. »

A croire qu’une colonie de français vient de s’installer dans le coin. J’ai fini par passer une commande.

Pour nous faire patienter mon fils a proposé des S’ mores.

Ce sont en effet mes enfants qui m’ont fait découvrir à travers leurs expériences de camps de vacances ce petit plaisir gourmand, convivial, économique et très aimé des américains.

Ingrédients :

– gros marshmallows

– chocolat

Graham Crackers

Je ne crois pas que l’on vende ce genre de biscuits secs en France. Ici ils sont principalement utilisés pour faire les cheesecakes. Et des S’ mores.

– un feu d’extérieur

Technique:

Au bout d’un long bâton (on vend aussi des piques spéciales en magasin) mais les bâtons font l’affaire, faire fondre et légèrement brûler un gros marshmallow au-dessus du feu.

Poser une barre individuelle ou plusieurs carrés de chocolat sur une moitié de Graham Cracker.

Recouvrir du marshmallow chaud et de la seconde moitié du Graham Cracker.

Les S’ mores c’est bon. C’est pourquoi on les appelle “Some More.”

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Hier soir Papa/mari travaillait et les sœurs/filles sont reparties à l’université depuis samedi dernier.

Donc c’était mon fils et moi en duo.

Je vous recommande tout particulièrement les S’ mores si vous avez des ados. Le pouvoir magique du feu ouvre non seulement l’appétit mais aussi les conversations.

Les S’ mores sont parfaits pour les hivers doux de la Californie et si en plus vous avez la chance de pouvoir encore vivre sous un ciel étoilé, ne vous en privez pas.

Et puis bien sur les S’ mores permettent d’attendre la galette des rois quand elle se fait désirer.

Il y a une solution à tout problème aux States.

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P.S. Une française m’a dit qu’en France on faisait aussi griller de la guimauve au bout d’un bâton. Mais je suis partie depuis longtemps et puis je vivais à Paris…

Et vous? Faites-vous des S’ mores? En France ou ailleurs?

En Faveur des Cadeaux Surprise

Entre Noël et le Jour de l’An que feraient les Américains s’ils ne pouvaient pas rendre les cadeaux qui sont trop petits, trop grands, trop moches ou trop pas ce qu’ils attendaient ?

Même Apple encourage à leur rendre visite pour enfin s’offrir le cadeau de ses rêves.

Je crois rêver.

Moi, j’ai adoré mes cadeaux cette année, comme toutes les autres années d’ailleurs.

Je ne retourne jamais mes cadeaux. J’aime les surprises. Je déteste faire des listes d’idées. Juste assez longtemps avant les fêtes je me débrouille simplement pour laisser des indices assez précis qui m’assurent de recevoir ce dont je rêve.

Alors cette mode qui consiste à se ruer dès le 25 sur l’Internet et le 26 dans les grands magasins pour vendre, rendre ou échanger un cadeau choisi avec soin par le Père Noël ou un être cher? Non, non, je n’aime pas du tout cela.

Vous n’aimez pas vos cadeaux ?

Gardez les et habituez vous à eux. Non mais.

Se faire des cadeaux à soi même ne laisse plus la moindre place à l’étonnement.

Un pull jaune canari ? On n’y aurait pas pensé mais maintenant qu’on l’a, on réalise que c’est une couleur positive qui ne pourra qu’ensoleiller ses matins grisâtres.

Une boite de chocolats alors qu’on a dit à tout le monde qu’on arrêtait le sucre en 2014 ? Pas de problème il reste une petite semaine pour la finir.

Les américains m’avaient surprise avec leur shopping de Noël en plein été mais franchement choquée en retournant leurs cadeaux.

Mon mari – heureusement que je l’ai pour scanner toutes les news pour moi – m’a dit que cette année six français sur dix aimeraient changer certains de leurs cadeaux de Noël.

Je crois rêver.

Remarquez, demain l’une de mes filles va exactement faire cela.

J’en profiterai peut-être, m’a t-elle dit, pour choisir un autre modèle.

Je ne peux pas vraiment lui en vouloir.

1- Elle est américaine.

2- Sa mère lui a fait cadeau d’une chaussure orpheline de sa sœur jumelle. Les chaussures c’est mieux quand il y en a deux.

L’année prochaine je devrais peut-être considérer commencer mon shopping de Noël en juillet pour avoir le temps de vérifier le contenu des boites.

Quant à moi, je suis très contente de mes cadeaux. Vous pouvez constater que le Père Noël me connaît très bien.

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Happy Holidays with a French Touch

The officer handed me my passport and said something that I didn’t understand.

The following day, everybody across town was saying the same words with a big nice smile. That’s how I guessed that everyone was wishing everyone “Happy Holidays.”

But why “holidays?”

Were all Americans taking a vacation during the fêtes de fin d’année?

In fact, most were staying home, enjoying the holidays.

So my husband and I did the same.

In fact it was our very first Christmas as a family.

The year before we had invited his and my family in our Parisian apartment and our baby wasn’t born yet.

Since my husband and I grew up in France we shared a common culture but it didn’t mean that we celebrated Christmas in the exact same way.

At his home le Père Noël arrived on Christmas Eve while everyone was having dinner.

At my home le Père Noël climbed down the chimney the night before Christmas.

At my home we never opened our gifts on Christmas Eve.

At his home they did.

At my home we always went to midnight mass.

At his home they didn’t.

At my home we never ate boudin blanc (white blood sausage.)

At his home they did.

But there were things that we both did.

We arranged our nicest pair of shoes under the tree where le Père Noël dropped the gifts.

We didn’t leave food for le Père Noël and his reindeer.

Since we were not living in France anymore, since our parents were far away and wouldn’t be offended by our Made in the USA French Noël, we were free to create our own rituals. Although a little homesick there was also something very liberating to be on our own.

So in complete agreement we decided that:

We would still call Santa le Père Noël.

We would still put our shoes under the tree but hang socks, too.

We would open one gift on Christmas Eve and the rest on Christmas morning.

We would skip midnight mass. There were as many churches in the US as cafés in France and we had no idea where to go.

We would try for a typical French Christmas, but back in the 90s there wasn’t much true French food, even in the San Francisco Bay Area, so we started to mix and match, in the same way all immigrants do. With ingredients that sounded intriguing and food we recognized. Perfect melting pot.

We would leave cookies and milk for the reindeer and …wine for Santa. After all ours was very French and preferred a stronger drink to go on his long shift than a cup of milk.

Years passed and more children filled our home. Our family life changed, but some things never did.

We still follow the Christmas rituals that we created when this country wasn’t ours yet and when we felt free to improvise.

In the end, you see, anyone, even away from home, can make a new place home.

Merry Christmas and Happy Holidays to all!

And a special thought to you, who are away from the place that once was home and are creating your own rituals in the adoptive land.

P.S. I saw this little fellow all alone, late afternoon. Are you part of Santa’s team and where is Rudolph? I asked him. He looked at me before vanishing in the woods. I didn’t hear any bells, although I held my breath.  Tomorrow I will leave a glass of milk, some cookies in a plate.

And a glass of wine, too.

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Christmas Tree Lane

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« Tu dois voir ça ! » me dit mon mari.

Je viens juste de passer quelques vingt heures de voyage et d’atterrir à San Francisco. J’ai un bébé de moins d’un an dans les bras et un minuscule dans le ventre.

Franchement, qu’est-ce qu’une parisienne doit absolument voir qui ne peut attendre le lendemain ?

Mais il y a dans la voix de mon mari quelque chose d’irrésistible.

« D’accord, où m’emmènes tu ? »

« Prépares toi à être surprise, » dit-il avec des paillettes dans les yeux.

Au volant de la vieille Oldsmobile qu’il a achetée en arrivant en Californie, il m’entraine dans les rues de Palo Alto.

Malgré l’absence totale de voitures et de passants  – il est minuit et Palo Alto est une ville morte en comparaison avec Paris – chaque maison est illuminée de tous feux. Des Pères Noël et des bonhommes de neige en plastique, dodus et joviaux, des traineaux tirés par des rênes plus vrais que nature se tiennent dans chaque jardin.

Même les troncs d’arbre – y compris les palmiers – sont entourés de guirlandes électriques, toutes allumées dans la nuit étoilée.

Je ne suis jamais encore allée à Disneyland mais cette nuit j’entre au royaume.

Ma sœur m’a conduite sur les Champs Élysées la veille. Paris avait revêtu sa robe de fête et alors que ma sœur descendait l’avenue, j’écarquillais les yeux, essayant  de mémoriser la splendeur de Paris, ma ville d’adoption que j’aimais tant.

Mais les décorations et les maisons illuminées sur Emerson, Hamilton et la plupart des rues de Palo Alto m’offrent le soir de mon arrivée aux Etats Unis une version toute nouvelle des fêtes de fin d’année.

Nulle part en France je n’ai vu autant de lumières et de décorations, même à Paris.

Et aucun français avec toute sa tête à lui n’aurait organisé un tel show.

Cette nuit là, sous le ciel californien éclatant d’étoiles, je tombais sous le charme de la nature exubérante et un peu enfantine des américains.

Le lendemain je fis la connaissance d’hommes et de femmes tout de rouge vêtus. Dans leurs sweatshirts brodés de paysages d’hiver avec rênes et flocons, avec leurs bonnets de Noël venant parfois avec une clochette teintant à chacun de leurs pas, et des broches imitant les fameuses Candy Canes, symbole de Noël aux States, je plongeais la tête la première dans un monde qui réussit encore à me surprendre.

Pendant cette première saison des fêtes, j’ai essayé d’apprendre les chants de Noël qui passaient en continu sur la radio et dans les magasins jusqu’à ce que j’en sois écœurée.

Tout le monde se souhaitait Joyeuses Fêtes à tout moment de la journée. Y compris les policiers. Et les pompiers dans leurs camions décorés.

L’américain adore les rituels, sait en inventer et surtout les faire adopter si facilement par le récent immigré qui vient de poser sa valise.

 

Aujourd’hui, dans un monde plus homogène, j’ai eu envie de vous faire découvrir Christmas Tree Lane qui fête cette année son 91e anniversaire.

Au cœur de la saison des fêtes cette tradition locale illustre la compassion naturelle des américains, égale à leur exubérance et leur anticonformisme.

En 1920, à Fresno, à une heure au sud de chez moi, un enfant est mort juste avant Noël. En son honneur sa famille a illuminé un arbre sur leur  pelouse. Dans un élan spontané de sympathie leurs voisins ont imité ce symbole. D’année en année cet événement, tout d’abord limité à quelques maisons, s’est étendu à tout un quartier.

La réputation de Christmas Tree Lane a dépassé Fresno et la Californie. Nationalement reconnue comme la plus longue rue des Etats Unis décorée pour les fêtes, elle est visitée chaque année par plus de 100 000 personnes.

Deux soirées sont uniquement piétonnes et je vous les recommande si vous passez dans le coin.

Je vous encourage aussi à visiter le site web et à explorer la galerie de photos.

Les deux photos suivantes sont prises par ma fille qui est descendue hier sur Christmas Tree Lane.

Joyeuses Fêtes à tous.

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A Ma Une

La presse internationale révèle les écoutes téléphoniques effectuées par la NSA sur les citoyens français. Chez les champions de la vie privée, c’est le choc.

L’état du New Jersey rejoint les quatorze autres états américains qui ont légalisé le mariage gay.

Les américains qui désirent souscrire (beaucoup pour la première fois) à un plan de santé par l’intermédiaire du Healthcare.gov (programme fédéral) rencontrent des obstacles parfois tellement insurmontables qu’ils abandonnent en route.

Beaucoup de raisons techniques sont évoquées. Mais un fait, peu divulgué jusqu’alors, dénonce l’impossibilité de connaître le cout du plan avant d’avoir fourni trois tonnes d’informations personnelles.

Un peu comme un menu de restaurant qui n’annoncerait pas ses prix et ne vous laisserait pas changer votre commande quand vous réalisez que le filet mignon est au-dessus de votre budget.

En comparaison, les plans proposés par le secteur privé laissent les gens faire leur shopping avant de payer.

Evidemment ce genre de problème fournit des munitions gratuites aux opposants de l’Affordable Care. Comme on dirait en français c’est prendre le bâton pour se faire battre.

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J’ai fait ma ballade matinale en compagnie de mon mari. Le parking près du  lac où nous aimons marcher était plein. Assez inhabituel maintenant que la piscine est fermée. Une dame vêtue de rouge est sortie d’un coupé rouge. A la main un mug rouge et au bras un petit sac assorti. Son sourire était accordé au reste de sa personne.

« Un meeting des Red Hatters, » a murmuré mon mari sur un ton confidentiel. « Enfin je suppose, » a t-il ajouté.

Depuis quand connaît-il les dates des réunions de ce club kitch à souhait ?

Les Red Hatters font partie de la Red Hat Society et illustrent à la perfection un écart socioculturel intéressant entre les Etats Unis et la France.

Ce club créé en 1998 est ouvert aux femmes à partir de l’âge de cinquante ans. En gros : sa fondatrice, californienne du sud, a fait un jour un achat d’impulsion alors qu’elle allait rejoindre l’une des ses amies pour déjeuner. Elle est arrivée coiffée d’un fedora rouge qui a suscité l’enthousiasme de son amie. De fil en aiguille, l’idée d’un club où les femmes d’âge mur (c’est l’expression française pour le middle age américain, je crois) se retrouveraient, pour se moquer dans la bonne humeur d’être un peu moins jeunes, et se soutiendraient socialement et émotionnellement est née.

Le chapeau rouge et par extension les vêtements violets et rouges qui jurent un peu lorsqu’ils sont portés ensemble sont devenus emblématiques du club.

Le moto des membres de la Red Hat Society: Fun, friendship, freedom, fulfillment, fitness.

Traduction : l’amusement, l’amitié, la liberté, la plénitude, la forme physique.

Quand on les voit débarquer dans un café ou un restau, le mot Fun prend le dessus et aussi toute sa valeur.

Car si les journaux titrent sinistre, un fait reste exact : l’américain (e) recherche le fun avant tout.

Cette quête peut agacer, et elle me déconcerte toujours un peu, moi la française plus coincée et moins exubérante. Ah le poids de l’éducation.

Les proms, les winter formals, les marching bands, les graduations, les sweet sixteen et j’en passe et j’en oublie, toutes ces célébrations et traditions américaines n’existent que pour se fabriquer des souvenirs et avoir du fun.

Sur un plateau de télé français les invités évoquant un tournage de film ou la réalisation d’une pièce de théâtre diront sur un ton chargé d’émotion et de retenue: “C’était un vrai bonheur.”

Les américains dans les mêmes circonstances s’exclameront, des paillettes plein les yeux: “It was so much fun!”

Moi je regarde les deux plateaux, et comme toujours mon cœur balance. Je suis un peu entre les deux et j’emprunte un peu des deux.

Oh j’oubliais, il y a des membres de la Red Hat Society dans plus de vingt-cinq pays à l’extérieur des Etats Unis.

La France n’est pas sur la liste.

Foreign Ways of Life

Leaving one’s native country means discovering, learning, and assimilating foreign ways of life.
Over the years that followed my move from France to the USA, the American customs that most intrigued me were by far the strange celebrations organized before and after the birth of a child.
Since I had a baby when I arrived, I sought the company of other new mothers. That’s how I got invited to many baby showers.
Of course, I knew the meaning of the word ‘shower’ but I wasn’t sure what to expect when I showed up at my first baby shower. It was a relief to understand that the expecting mother was the only one to be showered. And only with silly games and gifts.
I was then in my early thirties and most of my new friends were having babies. So when my turn came, I was seasoned in the art of baby showers. My friends still managed to surprise me when they showed up unexpected, with casseroles (it means pan by the way in French) and all sorts of baked and cooked food for weeks after I delivered my daughter.
You see, in my native France, giving birth is a private event and only close relatives and selected friends are welcome to visit the new parents and their baby.
With my own children growing up, I entered the world of school dances, winter formals and proms, which of course brought also a big deal of cultural shock. But that would be the topic of an entire post.
Thanks to one of my friends, I attended yesterday my first bridal shower. According to my daughters (who have never attended a bridal shower but have probably read a dummies book about proper bridal showers), it was atypical because there was only one game, no lingerie, and was not offered by the bride’s best friend but her future mother in law.
Still, the guests were all close friends of the young couple and their families so the ambience was warm and relaxed. The bride to be was lovely and was definitely showered with lots of gifts for her future home.
I told everyone that I had officially attended the last event that was missing to my knowledge of the American world of celebrations.
I didn’t disclose that I have never been to a bachelorette party. Yet.

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