In Homage to Charles Aznavour. En Hommage à Charles Aznavour.

Today one of the most well-known French singers passed away. He was 94 and sang for 72 years. His long, prestigious career is also unusual since he was born poor and the sons of two Armenian immigrants wo left Turkey in the wake of more violence against their people, eight years after the Genocide.

My mother told me that I liked one of his songs when I was only a few years old. I don’t remember. What I remember tonight, though, is one of his concerts.

A first for me. A last for him in North America.

Here is what I wrote when my husband and I saw Aznavour in concert in Montreal, almost exactly two years ago. Unforgettable moment and weekend.

Pour vous mes amis français qui venaient de perdre l’un des plus grands noms de la chanson française voici ce que j’ai écrit en voyant Aznavour en concert à Montréal avec mon mari, il y a deux ans. Moment et weekend inoubliables.

 

 

 

Une Rencontre avec la Chanson Française, le Monde Souterrain de Montréal et la Blogosphère

Dear Readers,

I will do my best to offer an English version of this post later this week. I don’t trust Google Translator that much. Although I write more often in English these days, the words that rocked me from the second I took my first breath still rush to the tips of my fingers in some particular moments. I found it impossible to write about my four days in Montreal in another language but French.

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C’est sous la pluie que Montréal m’a accueillie pour une visite de quatre jours en compagnie de mon mari.

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Grâce à son réseau souterrain qui offre trente-deux kilomètres de galeries piétonnières et de métro nous n’avons pris que quelques vraies averses, un clin d’œil à nos vies normande et parisienne. J’ai cependant apprécié les services de mon parapluie Merde Il Pleut acheté deux ans auparavant au Marché Bonsecours et que j’utilise trop peu souvent aux Etats Unis. Nous aurions aimé prendre davantage de photos des boutiques si jolies, mais les gens ici semblent moins obsédés et plus discrets que nous ne le sommes aux Etats Unis avec notre tendance à tout vouloir capter dans la mémoire de nos téléphones. Alors nous nous sommes retenus.

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La raison de notre visite à Montréal était d’assister au concert de Charles Aznavour sur le continent Nord Américain. Je n’ai jamais possédé un seul de ses albums quand je vivais en France et j’aurais éclaté de rire si quelqu’un m’avait dit que j’irais le voir un jour en concert. Et que je serais émue de l’entendre commencer son spectacle par Les Emigrants ? No comment.

A Montréal, ville bâtie par l’immigration, dans une salle comble qui parlait essentiellement le français du Québec, par un chanteur lui même issu d’immigrants, ce choix pourtant s’imposait. En ce qui me concerne, même si j’ai toujours été sensible à l’expérience de l’immigration avant de la vivre, cette chanson a résonné en moi de manière très forte.

Un des points communs à ceux et celles qui ont quitté leur pays natal est cette sorte de nostalgie qui nous affecte parfois pour quelque chose laissé derrière nous. Pour certains ce sera très spécifique : un certain fromage ou vin, un certain café ou encore une rue. Pour la plupart ce manque est plus diffus. Des impressions, une ambiance, un parfum d’un ailleurs que l’on appelait son chez soi et qui revient par bouffées chargées de détails si précis que la gorge se serre et que les yeux s’embuent.

Dans mon cas, c’est souvent la musique qui m’émeut et une chanson française peut me mettre dans tous mes états. Tant auront bercé mon enfance, la plupart du temps à travers la radio que mes parents écoutaient sans cesse, ma mère lorsqu’elle cousait et mon père quand il bricolait sa Renault. A mon issue ces chansons ont pris leurs quartiers dans ma mémoire et en poussent la porte lorsque je les entends, à des milliers de kilomètres et des dizaines d’années des jardins de mon enfance.

Le concert d’Aznavour fut un bain de souvenirs mais aussi un beau pied de nez à la soit disant vieillesse. Cet homme de quatre-vingt douze ans a de l’énergie à revendre. Sa voix est incroyablement semblable à celle de ses débuts. La salle, reconnaissant chaque chanson dès les premières notes, croulait sous les applaudissements. Malgré les demandes enthousiastes du public, chanteur et musicians ont quitté la scène après un spectacle de deux heures sans interruption. Il n’y eut donc pas de rappel après la symbolique chanson La Bohème qui a été chantée par toute la salle, portables allumés en guise des briquets de notre jeunesse. Peut-être le seul indice de fatigue pour celui que la presse définit comme inoxidable ou infatigable.

Ni photo ni vidéo n’étaient autorisées pendant concert. Seule une réplique du Charles Aznavour qui se trouve au Musée Grevin se tenait dans le hall.

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Ce weekend pluvieux et venteux serait resté un très beau weekend d’automne. Tout moment passé avec mon mari à Montréal est un très beau moment. Nous vouons tous deux une affection particulière à cette ville, différente de celle que nous portons aux autres villes d’Amérique du Nord qui nous plaisent. Même New York et Los Angeles que nous aimons beaucoup ne sont pas Montréal. Sans aucun doute parce qu’un français parti depuis si longtemps de France pour les Etats Unis se sent un peu chez soi à Montréal, une ville qui intègre si bien le meilleur de la France et de l’Amérique du Nord.

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Mais il y a eu à ce weekend le bonus de ma rencontre avec une bloggeuse française, d’origine africaine, qui vit à Montréal. Ni elle ni moi n’avions jamais franchi le pas entre la blogosphère et la rencontre en personne. Je suis certaine qu’elle devait se demander qui était derrière the French American Writer comme je ne pouvais m’empêcher d’essayer de deviner qui était derrière Le Blog des Gaous.

D’elle je ne connaissais que son prénom. Son blog est très personel, elle y partage ouvertement ses expériences liées à sa vie d’immigrée qui a vécu en Afrique, en Europe et maintenant au Canada mais son identité et son visage, contrairement aux miens, ne sont pas publiques.

Comment vais-je me présenter ? Et si je m’étais trompée de restau ? Qu’est-ce que je fais si elle ne vient pas ? Est-ce qu’elle regrettera notre rencontre ?

En fait, nous nous sommes tout de suite retrouvées. Allez savoir ce qui se passe dans cette blogosphère.

Nous nous sommes assises autour d’une petite table comme on n’en fait peu aux Etats Unis et avons commandé une grande bouteille de Perrier. On a eu beau se rencontrer dans l’une de ces innombrables brasseries de Montréal, ni elle et moi ne buvons de bière,  jamais d’alcool le midi et aimons le Perrier. Trois points communs.

La liste s’est allongée au cours de notre déjeuner qui lui aussi s’est étiré sans que nous y fassions attention. Ce n’est que lorsque nous avons voulu échanger les photos de nos enfants que nous avons réalisé que nous avions passé deux heures et demie à discuter. Nos salades et le Perrier étaient depuis longtemps terminés. Nous avions encore tant à nous dire que nous avons poursuivi en buvant nos cafés.

Nos maris respectifs nous connaissant mieux que nous mêmes ne s’étaient fait aucune illusion. Le sien avait pris les clés de la voiture et le mien m’avait donné rendez-vous à l’hôtel. Tous deux savaient que la soi disant heure de déjeuner avait le potentiel de dégénérer.

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Mais de quoi peuvent bien parler deux femmes qui ne se sont jamais rencontrées ? En fait nous n’étions déjà plus des inconnues. Nos blogs sont des fenêtres ouvertes sur les maisons que sont nos vies. Et chacun de nos billets une lettre écrite à ceux et celles qui choisissent de nous lire.

Au-delà de nos expériences d’immigrées, de mes questions sur Montréal et sur l’Afrique, de nos enfants et de l’éducation, des campagnes présidentielles américaine et française, alors que la pluie battait la devanture de la brasserie et que les conversations autour de nous se déroulaient en français et en anglais, nous avons aussi parlé de nos vies de femmes en 2016, dans un monde qui semble nous prendre plus au sérieux et nous laisse enfin devenir celles que nous voulons être. Hors des moules, des boîtes et sans étiquettes. Sans filet, nous sommes tellement plus fortes et uniques.

J’ai été émue quand Madame Gaou m’a dit avoir choisi la citoyenneté française. A l’heure où la France débat de l’immigration et de l’identité nationale, moi la française de souche comme le clament certains, me suis sentie moins française que cette Africaine de naissance qui se dit Togoloise. Comme j’aimerais trouver un adjectif aussi drôle et exact pour définir mon existence franco américaine.

Nous avons aussi eu une pensée amicale pour une blogueuse française qui écrit du Royaume Uni avec un humour franco anglais qui est une cure guarantie contre la déprime. Juré, nous n’avons eu que des mots positifs pour toi, Pomdepin.

Madame Gaou a insisté pour m’inviter. J’ai retrouvé ma France natale dans ce geste convivial qui m’a parfois manqué aux Etats Unis où presque toujours chacun paie pour soi. Elle m’a aussi raccompagnée jusqu’au métro et nous avons partagé une partie du trajet jusqu’à ce que nos lignes se séparent, nous plaçant sur deux quais se faisant face. Alors que les passagers se tenaient de chaque côté du quai, immobiles et silencieux comme nous le sommes souvent dans une station de métro, notre geste de la main me sembla être plus qu’un simple au revoir.

Nous avions franchi le seuil du monde virtuel pour une rencontre en chair et en os.

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Le soleil n’est apparu sur Montréal que dimanche en début d’après midi, alors que nous reprenions le chemin de l’aéroport en taxi.  Je me suis surprise à m’en réjouir pour les gens de Montréal.

Quand on vit dans une région où le soleil est presque toujours au rendez-vous on finit par l’oublier. Dans le Nord Est de l’Amérique, au cœur de l’automne, chaque rayon est un cadeau.

Le mien pour vous sont ces quelques photos prises par mon mari.

Malgré la pluie et le vent, ou peut-être à cause d’eux, ces quatre jours ont été un méga cadeau.

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