Encore des S’ Mores

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Je me suis cassée le nez à la boulangerie. Trois jours de suite.

« Je peux avoir une galette des rois, s’il vous plait ? »

« Sorry, on les a toutes vendues. »

A croire qu’une colonie de français vient de s’installer dans le coin. J’ai fini par passer une commande.

Pour nous faire patienter mon fils a proposé des S’ mores.

Ce sont en effet mes enfants qui m’ont fait découvrir à travers leurs expériences de camps de vacances ce petit plaisir gourmand, convivial, économique et très aimé des américains.

Ingrédients :

– gros marshmallows

– chocolat

Graham Crackers

Je ne crois pas que l’on vende ce genre de biscuits secs en France. Ici ils sont principalement utilisés pour faire les cheesecakes. Et des S’ mores.

– un feu d’extérieur

Technique:

Au bout d’un long bâton (on vend aussi des piques spéciales en magasin) mais les bâtons font l’affaire, faire fondre et légèrement brûler un gros marshmallow au-dessus du feu.

Poser une barre individuelle ou plusieurs carrés de chocolat sur une moitié de Graham Cracker.

Recouvrir du marshmallow chaud et de la seconde moitié du Graham Cracker.

Les S’ mores c’est bon. C’est pourquoi on les appelle “Some More.”

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Hier soir Papa/mari travaillait et les sœurs/filles sont reparties à l’université depuis samedi dernier.

Donc c’était mon fils et moi en duo.

Je vous recommande tout particulièrement les S’ mores si vous avez des ados. Le pouvoir magique du feu ouvre non seulement l’appétit mais aussi les conversations.

Les S’ mores sont parfaits pour les hivers doux de la Californie et si en plus vous avez la chance de pouvoir encore vivre sous un ciel étoilé, ne vous en privez pas.

Et puis bien sur les S’ mores permettent d’attendre la galette des rois quand elle se fait désirer.

Il y a une solution à tout problème aux States.

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P.S. Une française m’a dit qu’en France on faisait aussi griller de la guimauve au bout d’un bâton. Mais je suis partie depuis longtemps et puis je vivais à Paris…

Et vous? Faites-vous des S’ mores? En France ou ailleurs?

Happy Holidays with a French Touch

The officer handed me my passport and said something that I didn’t understand.

The following day, everybody across town was saying the same words with a big nice smile. That’s how I guessed that everyone was wishing everyone “Happy Holidays.”

But why “holidays?”

Were all Americans taking a vacation during the fêtes de fin d’année?

In fact, most were staying home, enjoying the holidays.

So my husband and I did the same.

In fact it was our very first Christmas as a family.

The year before we had invited his and my family in our Parisian apartment and our baby wasn’t born yet.

Since my husband and I grew up in France we shared a common culture but it didn’t mean that we celebrated Christmas in the exact same way.

At his home le Père Noël arrived on Christmas Eve while everyone was having dinner.

At my home le Père Noël climbed down the chimney the night before Christmas.

At my home we never opened our gifts on Christmas Eve.

At his home they did.

At my home we always went to midnight mass.

At his home they didn’t.

At my home we never ate boudin blanc (white blood sausage.)

At his home they did.

But there were things that we both did.

We arranged our nicest pair of shoes under the tree where le Père Noël dropped the gifts.

We didn’t leave food for le Père Noël and his reindeer.

Since we were not living in France anymore, since our parents were far away and wouldn’t be offended by our Made in the USA French Noël, we were free to create our own rituals. Although a little homesick there was also something very liberating to be on our own.

So in complete agreement we decided that:

We would still call Santa le Père Noël.

We would still put our shoes under the tree but hang socks, too.

We would open one gift on Christmas Eve and the rest on Christmas morning.

We would skip midnight mass. There were as many churches in the US as cafés in France and we had no idea where to go.

We would try for a typical French Christmas, but back in the 90s there wasn’t much true French food, even in the San Francisco Bay Area, so we started to mix and match, in the same way all immigrants do. With ingredients that sounded intriguing and food we recognized. Perfect melting pot.

We would leave cookies and milk for the reindeer and …wine for Santa. After all ours was very French and preferred a stronger drink to go on his long shift than a cup of milk.

Years passed and more children filled our home. Our family life changed, but some things never did.

We still follow the Christmas rituals that we created when this country wasn’t ours yet and when we felt free to improvise.

In the end, you see, anyone, even away from home, can make a new place home.

Merry Christmas and Happy Holidays to all!

And a special thought to you, who are away from the place that once was home and are creating your own rituals in the adoptive land.

P.S. I saw this little fellow all alone, late afternoon. Are you part of Santa’s team and where is Rudolph? I asked him. He looked at me before vanishing in the woods. I didn’t hear any bells, although I held my breath.  Tomorrow I will leave a glass of milk, some cookies in a plate.

And a glass of wine, too.

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Christmas Tree Lane

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« Tu dois voir ça ! » me dit mon mari.

Je viens juste de passer quelques vingt heures de voyage et d’atterrir à San Francisco. J’ai un bébé de moins d’un an dans les bras et un minuscule dans le ventre.

Franchement, qu’est-ce qu’une parisienne doit absolument voir qui ne peut attendre le lendemain ?

Mais il y a dans la voix de mon mari quelque chose d’irrésistible.

« D’accord, où m’emmènes tu ? »

« Prépares toi à être surprise, » dit-il avec des paillettes dans les yeux.

Au volant de la vieille Oldsmobile qu’il a achetée en arrivant en Californie, il m’entraine dans les rues de Palo Alto.

Malgré l’absence totale de voitures et de passants  – il est minuit et Palo Alto est une ville morte en comparaison avec Paris – chaque maison est illuminée de tous feux. Des Pères Noël et des bonhommes de neige en plastique, dodus et joviaux, des traineaux tirés par des rênes plus vrais que nature se tiennent dans chaque jardin.

Même les troncs d’arbre – y compris les palmiers – sont entourés de guirlandes électriques, toutes allumées dans la nuit étoilée.

Je ne suis jamais encore allée à Disneyland mais cette nuit j’entre au royaume.

Ma sœur m’a conduite sur les Champs Élysées la veille. Paris avait revêtu sa robe de fête et alors que ma sœur descendait l’avenue, j’écarquillais les yeux, essayant  de mémoriser la splendeur de Paris, ma ville d’adoption que j’aimais tant.

Mais les décorations et les maisons illuminées sur Emerson, Hamilton et la plupart des rues de Palo Alto m’offrent le soir de mon arrivée aux Etats Unis une version toute nouvelle des fêtes de fin d’année.

Nulle part en France je n’ai vu autant de lumières et de décorations, même à Paris.

Et aucun français avec toute sa tête à lui n’aurait organisé un tel show.

Cette nuit là, sous le ciel californien éclatant d’étoiles, je tombais sous le charme de la nature exubérante et un peu enfantine des américains.

Le lendemain je fis la connaissance d’hommes et de femmes tout de rouge vêtus. Dans leurs sweatshirts brodés de paysages d’hiver avec rênes et flocons, avec leurs bonnets de Noël venant parfois avec une clochette teintant à chacun de leurs pas, et des broches imitant les fameuses Candy Canes, symbole de Noël aux States, je plongeais la tête la première dans un monde qui réussit encore à me surprendre.

Pendant cette première saison des fêtes, j’ai essayé d’apprendre les chants de Noël qui passaient en continu sur la radio et dans les magasins jusqu’à ce que j’en sois écœurée.

Tout le monde se souhaitait Joyeuses Fêtes à tout moment de la journée. Y compris les policiers. Et les pompiers dans leurs camions décorés.

L’américain adore les rituels, sait en inventer et surtout les faire adopter si facilement par le récent immigré qui vient de poser sa valise.

 

Aujourd’hui, dans un monde plus homogène, j’ai eu envie de vous faire découvrir Christmas Tree Lane qui fête cette année son 91e anniversaire.

Au cœur de la saison des fêtes cette tradition locale illustre la compassion naturelle des américains, égale à leur exubérance et leur anticonformisme.

En 1920, à Fresno, à une heure au sud de chez moi, un enfant est mort juste avant Noël. En son honneur sa famille a illuminé un arbre sur leur  pelouse. Dans un élan spontané de sympathie leurs voisins ont imité ce symbole. D’année en année cet événement, tout d’abord limité à quelques maisons, s’est étendu à tout un quartier.

La réputation de Christmas Tree Lane a dépassé Fresno et la Californie. Nationalement reconnue comme la plus longue rue des Etats Unis décorée pour les fêtes, elle est visitée chaque année par plus de 100 000 personnes.

Deux soirées sont uniquement piétonnes et je vous les recommande si vous passez dans le coin.

Je vous encourage aussi à visiter le site web et à explorer la galerie de photos.

Les deux photos suivantes sont prises par ma fille qui est descendue hier sur Christmas Tree Lane.

Joyeuses Fêtes à tous.

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Vague de Froid sur les Fêtes de Fin d’Année

Depuis mardi soir, une vague de froid est arrivée sur la Californie.

Après un long week-end de Thanksgiving qui frôlait les 25 degrés Celsius dans la journée, les températures sont brutalement descendues au-dessous de zéro.

La météo ne m’intéresse pas vraiment, mais les californiens looovent parler du temps. Pour une raison simple : il fait presque toujours beau.

Alors le premier givre sur les collines, la première vraie neige en altitude font parler.

Ce matin juste avant sept heures – oui, l’école commence tôt ici – il faisait 23F soit -5 Celsius.

Mais le soleil était déjà levé et la neige scintillait sur la haute Sierra. D’un sabot nonchalant une biche a traversé juste devant ma voiture. La raison pour laquelle je n’ai pas encore pu ajouter de photos de biches, de cerfs et de faons – ils sont trop adorables dans leurs petits manteaux tachetés – est que ces animaux aiment le risque. Ce sont sur les routes de montagne, au tournant d’un virage qu’ils bondissent sans crier gare. Comme je suis au volant impossible de prendre une photo. Ce matin si j’avais pu me garer je pense que j’aurais fait un joli portrait. Une autre fois !

Le froid c’est beau mais dans la vallée le gel menace la grande famille des citrus : citrons, oranges, mandarines, etc.

Depuis la nuit de mardi les agriculteurs ont installé de puissants ventilateurs à air chaud dans leurs plantations. Ils ont passé une seconde nuit à essayer d’augmenter de quelques degrés la température pour éviter au jus de geler à l’intérieur du fruit et de le faire ensuite éclater.

La production de citrus c’est un big business en Californie (deux milliards de dollars annuels) et la protection des arbres est prise très au sérieux. Le froid devrait durer jusqu’à samedi.

Cependant rien ne vaut le givre argenté sur les toits, le froid qui rougit les joues et un soleil qui fait briller la nature et les yeux pour entrer dans l’ambiance des fêtes. Une à une les maisons autour de chez moi se mettent sur leur trente et un dans l’attente de Noël.

Cependant depuis la crise financière, immobilière et économique de 2008, une prise de conscience collective à travers les US a mené à un ralentissement de la consommation effrénée qui avait marqué la fin des années 90 et les premières années du 21e siècle.

Bien sûr quelques enclaves très privilégiées (vous vous rappelez des 1% et de Occupy Wall Street ?) n’ont pas vu ces changements d’abord brutaux (plus d’accès au crédit= 0 achat), puis plus subtils dans les comportements individuels (moins de sorties restaus d’où un engouement très fort pour les shows cuisine à la télé; un Black Friday 2013 plus modéré que de coutume).

Donc en ce début décembre les magasins redoublent d’efforts pour attirer une clientèle aussi frileuse que le temps.

Les rabais de 40% sur des articles nouveaux, des Buy 2 Get 1 Free, des coupons de $5 off, des ouvertures matinales et des fermetures tardives avec apple cider (la version américaine non alcoolisée du vin chaud français), de la musique et des photos avec le Père Noël, rien n’est trop pour ouvrir l’appétit et les porte monnaies.

Mais les approches des grands magasins et des quartiers commerçants restent calmes, comme si personne ne voulait gouter à des lendemains de fêtes qui déchantent.

Qu’en est-il chez moi ?

Comme d’habitude nous serons les derniers à acheter notre sapin.

Comme d’habitude nous enverrons nos vœux pour la nouvelle année et pas de chronique détaillée de notre vie merveilleuse pendant 2013 dès la semaine prochaine.

Comme d’habitude nous passerons plus de temps que nos voisins à créer nos menus pour le soir de Noël, le jour de Noël, le 31 décembre et le 1er janvier.

Comme d’habitude nous râlerons un peu de ne pas trouver tout à fait ce dont nous avons besoin.

Comme d’habitude nos familles nous manqueront.

Comme d’habitude mon mari et moi évoquerons notre premier Noël aux US.HPIM4019

Comme d’habitude les enfants seront partagés entre roulements d’yeux, fous rires et émotion.

Comme d’habitude notre sapin restera illuminé jusqu’à la galette des rois.

Non, vraiment, vague de froid ou pas, certaines choses aiment leurs habitudes.

This Land is Your Land

J’écoute énormément la radio quand je conduis.

The California Report avant 7 heures du matin me donne les news locales et celles de l’état. Plus tard il y a la météo mais là je n’ai pas besoin de la radio. Le temps est magnifique, et c’est un pur régal de rouler les fenêtres ouvertes et d’admirer la Sierra se découper clairement à l’horizon après les incendies et la chaleur de l’été.

Et puis il y a A Moment in Time en direct de Richmond, Virginia. Dan Roberts est à l’origine du radio show syndiqué dont le but est de présenter en quelques minutes des moments ou personnages clés de l’histoire au grand public.

Pas mal pour redonner un coup de verni à ses connaissances historiques.

Depuis trois jours je l’ai entendu parler de Napoléon Bonaparte. En bonne petite française je me souviens du grand homme, malgré sa petite taille, et je connais encore les paroles de cette chanson stupide d’écoliers: Napoléon est mort à Saint Hélène …

Voici un extrait de A Moment in Time de ce matin. Vous pourrez lire l’intégralité sur le web.

« Napoleon was no democrat, but was canny enough to retain many of the outward symbols of the Revolution, and wherever his armies conquered, they took with them the sentiments of “liberty, equality and fraternity.” They also brought the often-insidious sentiment of nationalism, which today continues to plague many parts of Europe and its former colonies. »

Si votre anglais a aussi besoin d’un coup de verni :

« Napoléon n’était pas un démocrate mais était assez perspicace pour retenir les grands principes de la révolution française : liberté, égalité, fraternité que lui et ses armées ne manquaient pas de véhiculer. Mais ils transmettaient aussi les sentiments souvent insidieux de nationalisme qui aujourd’hui encore font des ravages à travers l’Europe et ses anciennes colonies. »

Le Monde hier titrait sur les problèmes liés au droit du sol et au nationalisme français. Ici les Etats Unis s’apprêtent à recouvrir, maintenant que la réforme de la santé est en route, le dossier sur l’immigration. Le droit du sol n’est pas mis en cause. Tout enfant né sur le sol américain est un citoyen à part entière même si ses parents sont en situation irrégulière.

Ces discussions me rappellent ma surprise teintée de choc lorsque je suis arrivée aux Etats Unis.

La présence extraordinaire de drapeaux américains, non seulement sur les places publiques, les édifices gouvernementaux, mais aussi dans les jardins des particuliers, voire sur leurs voitures sous forme de stickers et de fanions volant au vent, ne pouvait me laisser indifférente. C’était au cœur de la Silicon Valley, une région qui ne se définit pas comme faisant partie de l’Amérique profonde et conservatrice.

En comparaison, ma France provinciale puis parisienne montrait très rarement ses couleurs avec autant de fierté.

Plus tard, lorsque j’ai pris part aux festivités de l’indépendance américaine célébrée le 4 juillet, j’ai été très surprise de la ferveur patriotique des américains. Sans aucune relation avec leur origines sociales et culturelles.

Une française ne pouvait que remarquer que les américains, des plus pauvres aux plus riches, partageaient un amour égal pour leur pays.

Un peu sentimental et borderline too much, mais une réalité quotidienne aux USA.

Un américain critiquera son gouvernement et ses hommes politiques mais se tournera vers son drapeau le moment venu. D’ailleurs dans la plupart des écoles aux Etats Unis les élèves récitent le Pledge of Allegiance tous les matins, la main droite sur le cœur et les yeux tournés vers le drapeau dans leur classe ou dans la cour de l’école.

Ici le sentiment de nation existe tout autant qu’en France et en Europe. Mais pour la majorité des américains cette nation inclut tous ceux qui vivent sur le sol. Bien sûr que peu supportent une immigration incontrôlée et souhaitent voir se mettre en place un minimum de règles pour endiguer l’immigration illégale. Mais en comparaison aux problèmes que la France et l’Europe vivent, l’assimilation ici est un rêve.

Il y a une importante distinction entre nationalisme et patriotisme, et ici aussi je croise des américains qui sont plus nationalistes que patriotiques pour mon goût.

Il m’est arrivé, comme à toute personne d’origine étrangère vivant n’importe où dans le monde, de rencontrer des gens qui n’apprécient pas mon accent et voient d’un œil inquiet la présence de gens venus d’ailleurs. La peur de l’étranger existe. Partout. Aussi aux Etats Unis. Même en Californie.

Mais quand les feux d’artifice du 4 juillet éclatent aux quatre coins du pays les origines ethniques, culturelles et politiques ont rarement leur place.

Le plus pauvre des américains, en dépit de recevoir parfois si peu de son pays, reste si fier d’être américain qu’il est certain de vivre dans le plus beau pays du monde et ne doute pas une seconde que son pays fasse encore rêver.

Je ne sais toujours pas expliquer par quel tour de magie un étranger qui pose les pieds aux Etats Unis devient presque instantanément américain et parfois plus américain qu’un américain installé depuis plusieurs générations.

Ce n’est pas pour la protection sociale ni pour se la couler douce que les gens continent de peupler les US.

C’est peut-être dans l’eau, mais plus vraisemblablement lié au désir de ceux qui arrivent de faire partie de ce mouvement permanent d’immigration qui est le ciment des Etats Unis.

Comme la majorité des français je n’avais pas de drapeau chez moi quand je vivais en France.

Comme la plupart des familles américaines la mienne a aussi un drapeau– il a été offert par nos voisins quand mon mari est devenu citoyen américain  – et nous le hissons à l’occasion des fêtes américaines.

Et quand il vole sous la brise californienne je me souviens que ce pays est celui de mes enfants nés ici et le mien par adoption.

Mais je ne pense jamais que ce sol que je foule est moins le mien ou plus le leur ou plus le mien et moins le leur.

Ici on chante parfois ce chant que j’ai appris il y a longtemps quand mes enfants sont entrés à l’école. Je ne sais pas si c’est la réponse à l’assimilation mais cela ne doit pas faire de mal. Tout va toujours mieux avec de la musique.

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Winter Formal the American Way

All immigrant parents live each milestone in their child’s life with the hope it will bring them closer to understanding how their adoptive country works.
My younger daughter is going to winter formal tonight. It is the second time, but last year my husband drove her alone to her date’s home. I stayed with our son who was too young to attend. So this year is really a first for me.
I should know more about formals from my two oldest daughters. But my first one, fearing the possibility of a formal a la française did her shopping on her own and got ready at a friend’s home. 
My second one has never been traditional, and although she embraces our family origins, she never followed rules and went to formals or proms with friends and boyfriends or simple dates, preferring low-key outfits and restaurants.
My younger daughter loves traditions, American and French alike.
Weeks ago, she shopped for her dress and shoes. I was sent on a mission for a corsage and a boutonniere, which for the French reading these lines, don’t mean blouse and buttonhole.
Like pie a la mode that has nothing to do with a fashionable pie, but only a slice of pie and a scoop of vanilla ice cream on top, a boutonniere in the US is a flower pinned on a boy’s jacket lapel. A corsage is not a blouse but and a small bouquet of flowers slipped as a bracelet around a girl’s wrist.
My explanation to the friendly young woman who took care of the order last week, and ignored the French meaning of the words, earned me two scrumptious chocolate truffles.
When my daughter’s boyfriend showed up at three o’clock, he looked stunning. Any guy or man wearing a well-cut suit or tux looks good, in my opinion.  He was no exception.
Rain has finally arrived in California, and my daughter was eager to take advantage of the few sunny moments to capture the special day on her camera. My husband, although worried to see her seventeen-year-old daughter on her way to a night event, was appointed photographer and played his role to perfection, immortalizing the day on a camera and a few iPhones as well. 
Standing under the fragile afternoon sunlight, my daughter and her boyfriend looked so young and happy that I understood in a flash why formals and proms matter so much to American teenagers and their parents, and also why we don’t have such events in France.
The pursuit of eternal youth and constant happiness, as well as the importance of school rituals, are perhaps what separate the French and Americans the most.
My fifteen-year-old son is also going to formal this year. He got a blue tie to match the color of his date’s dress. She is one of his classmates and they decided to skip the corsage and boutonniere. My son is also a mix of traditions and non-conformism.
Ten of his friends are meeting for dinner before the dance. Since none of them is driving yet, (yeah!), several parents will be their chauffeurs.
Then, my husband and I will have dinner. Not an early dinner, but a late dinner that will remind us of our Parisian dinners.
None of us back then had heard of winter formals, of corsages and boutonnieres.
None of us had a way of knowing that some day, our American children would explain to us the rituals of their native country, a country often seen abroad as lacking traditions but that, in my opinion, is built on rituals that any immigrant ends us embracing with a fervor similar to the one of a native.

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