En Faveur des Cadeaux Surprise

Entre Noël et le Jour de l’An que feraient les Américains s’ils ne pouvaient pas rendre les cadeaux qui sont trop petits, trop grands, trop moches ou trop pas ce qu’ils attendaient ?

Même Apple encourage à leur rendre visite pour enfin s’offrir le cadeau de ses rêves.

Je crois rêver.

Moi, j’ai adoré mes cadeaux cette année, comme toutes les autres années d’ailleurs.

Je ne retourne jamais mes cadeaux. J’aime les surprises. Je déteste faire des listes d’idées. Juste assez longtemps avant les fêtes je me débrouille simplement pour laisser des indices assez précis qui m’assurent de recevoir ce dont je rêve.

Alors cette mode qui consiste à se ruer dès le 25 sur l’Internet et le 26 dans les grands magasins pour vendre, rendre ou échanger un cadeau choisi avec soin par le Père Noël ou un être cher? Non, non, je n’aime pas du tout cela.

Vous n’aimez pas vos cadeaux ?

Gardez les et habituez vous à eux. Non mais.

Se faire des cadeaux à soi même ne laisse plus la moindre place à l’étonnement.

Un pull jaune canari ? On n’y aurait pas pensé mais maintenant qu’on l’a, on réalise que c’est une couleur positive qui ne pourra qu’ensoleiller ses matins grisâtres.

Une boite de chocolats alors qu’on a dit à tout le monde qu’on arrêtait le sucre en 2014 ? Pas de problème il reste une petite semaine pour la finir.

Les américains m’avaient surprise avec leur shopping de Noël en plein été mais franchement choquée en retournant leurs cadeaux.

Mon mari – heureusement que je l’ai pour scanner toutes les news pour moi – m’a dit que cette année six français sur dix aimeraient changer certains de leurs cadeaux de Noël.

Je crois rêver.

Remarquez, demain l’une de mes filles va exactement faire cela.

J’en profiterai peut-être, m’a t-elle dit, pour choisir un autre modèle.

Je ne peux pas vraiment lui en vouloir.

1- Elle est américaine.

2- Sa mère lui a fait cadeau d’une chaussure orpheline de sa sœur jumelle. Les chaussures c’est mieux quand il y en a deux.

L’année prochaine je devrais peut-être considérer commencer mon shopping de Noël en juillet pour avoir le temps de vérifier le contenu des boites.

Quant à moi, je suis très contente de mes cadeaux. Vous pouvez constater que le Père Noël me connaît très bien.

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Christmas Tree Lane

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« Tu dois voir ça ! » me dit mon mari.

Je viens juste de passer quelques vingt heures de voyage et d’atterrir à San Francisco. J’ai un bébé de moins d’un an dans les bras et un minuscule dans le ventre.

Franchement, qu’est-ce qu’une parisienne doit absolument voir qui ne peut attendre le lendemain ?

Mais il y a dans la voix de mon mari quelque chose d’irrésistible.

« D’accord, où m’emmènes tu ? »

« Prépares toi à être surprise, » dit-il avec des paillettes dans les yeux.

Au volant de la vieille Oldsmobile qu’il a achetée en arrivant en Californie, il m’entraine dans les rues de Palo Alto.

Malgré l’absence totale de voitures et de passants  – il est minuit et Palo Alto est une ville morte en comparaison avec Paris – chaque maison est illuminée de tous feux. Des Pères Noël et des bonhommes de neige en plastique, dodus et joviaux, des traineaux tirés par des rênes plus vrais que nature se tiennent dans chaque jardin.

Même les troncs d’arbre – y compris les palmiers – sont entourés de guirlandes électriques, toutes allumées dans la nuit étoilée.

Je ne suis jamais encore allée à Disneyland mais cette nuit j’entre au royaume.

Ma sœur m’a conduite sur les Champs Élysées la veille. Paris avait revêtu sa robe de fête et alors que ma sœur descendait l’avenue, j’écarquillais les yeux, essayant  de mémoriser la splendeur de Paris, ma ville d’adoption que j’aimais tant.

Mais les décorations et les maisons illuminées sur Emerson, Hamilton et la plupart des rues de Palo Alto m’offrent le soir de mon arrivée aux Etats Unis une version toute nouvelle des fêtes de fin d’année.

Nulle part en France je n’ai vu autant de lumières et de décorations, même à Paris.

Et aucun français avec toute sa tête à lui n’aurait organisé un tel show.

Cette nuit là, sous le ciel californien éclatant d’étoiles, je tombais sous le charme de la nature exubérante et un peu enfantine des américains.

Le lendemain je fis la connaissance d’hommes et de femmes tout de rouge vêtus. Dans leurs sweatshirts brodés de paysages d’hiver avec rênes et flocons, avec leurs bonnets de Noël venant parfois avec une clochette teintant à chacun de leurs pas, et des broches imitant les fameuses Candy Canes, symbole de Noël aux States, je plongeais la tête la première dans un monde qui réussit encore à me surprendre.

Pendant cette première saison des fêtes, j’ai essayé d’apprendre les chants de Noël qui passaient en continu sur la radio et dans les magasins jusqu’à ce que j’en sois écœurée.

Tout le monde se souhaitait Joyeuses Fêtes à tout moment de la journée. Y compris les policiers. Et les pompiers dans leurs camions décorés.

L’américain adore les rituels, sait en inventer et surtout les faire adopter si facilement par le récent immigré qui vient de poser sa valise.

 

Aujourd’hui, dans un monde plus homogène, j’ai eu envie de vous faire découvrir Christmas Tree Lane qui fête cette année son 91e anniversaire.

Au cœur de la saison des fêtes cette tradition locale illustre la compassion naturelle des américains, égale à leur exubérance et leur anticonformisme.

En 1920, à Fresno, à une heure au sud de chez moi, un enfant est mort juste avant Noël. En son honneur sa famille a illuminé un arbre sur leur  pelouse. Dans un élan spontané de sympathie leurs voisins ont imité ce symbole. D’année en année cet événement, tout d’abord limité à quelques maisons, s’est étendu à tout un quartier.

La réputation de Christmas Tree Lane a dépassé Fresno et la Californie. Nationalement reconnue comme la plus longue rue des Etats Unis décorée pour les fêtes, elle est visitée chaque année par plus de 100 000 personnes.

Deux soirées sont uniquement piétonnes et je vous les recommande si vous passez dans le coin.

Je vous encourage aussi à visiter le site web et à explorer la galerie de photos.

Les deux photos suivantes sont prises par ma fille qui est descendue hier sur Christmas Tree Lane.

Joyeuses Fêtes à tous.

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This Land is Your Land

J’écoute énormément la radio quand je conduis.

The California Report avant 7 heures du matin me donne les news locales et celles de l’état. Plus tard il y a la météo mais là je n’ai pas besoin de la radio. Le temps est magnifique, et c’est un pur régal de rouler les fenêtres ouvertes et d’admirer la Sierra se découper clairement à l’horizon après les incendies et la chaleur de l’été.

Et puis il y a A Moment in Time en direct de Richmond, Virginia. Dan Roberts est à l’origine du radio show syndiqué dont le but est de présenter en quelques minutes des moments ou personnages clés de l’histoire au grand public.

Pas mal pour redonner un coup de verni à ses connaissances historiques.

Depuis trois jours je l’ai entendu parler de Napoléon Bonaparte. En bonne petite française je me souviens du grand homme, malgré sa petite taille, et je connais encore les paroles de cette chanson stupide d’écoliers: Napoléon est mort à Saint Hélène …

Voici un extrait de A Moment in Time de ce matin. Vous pourrez lire l’intégralité sur le web.

« Napoleon was no democrat, but was canny enough to retain many of the outward symbols of the Revolution, and wherever his armies conquered, they took with them the sentiments of “liberty, equality and fraternity.” They also brought the often-insidious sentiment of nationalism, which today continues to plague many parts of Europe and its former colonies. »

Si votre anglais a aussi besoin d’un coup de verni :

« Napoléon n’était pas un démocrate mais était assez perspicace pour retenir les grands principes de la révolution française : liberté, égalité, fraternité que lui et ses armées ne manquaient pas de véhiculer. Mais ils transmettaient aussi les sentiments souvent insidieux de nationalisme qui aujourd’hui encore font des ravages à travers l’Europe et ses anciennes colonies. »

Le Monde hier titrait sur les problèmes liés au droit du sol et au nationalisme français. Ici les Etats Unis s’apprêtent à recouvrir, maintenant que la réforme de la santé est en route, le dossier sur l’immigration. Le droit du sol n’est pas mis en cause. Tout enfant né sur le sol américain est un citoyen à part entière même si ses parents sont en situation irrégulière.

Ces discussions me rappellent ma surprise teintée de choc lorsque je suis arrivée aux Etats Unis.

La présence extraordinaire de drapeaux américains, non seulement sur les places publiques, les édifices gouvernementaux, mais aussi dans les jardins des particuliers, voire sur leurs voitures sous forme de stickers et de fanions volant au vent, ne pouvait me laisser indifférente. C’était au cœur de la Silicon Valley, une région qui ne se définit pas comme faisant partie de l’Amérique profonde et conservatrice.

En comparaison, ma France provinciale puis parisienne montrait très rarement ses couleurs avec autant de fierté.

Plus tard, lorsque j’ai pris part aux festivités de l’indépendance américaine célébrée le 4 juillet, j’ai été très surprise de la ferveur patriotique des américains. Sans aucune relation avec leur origines sociales et culturelles.

Une française ne pouvait que remarquer que les américains, des plus pauvres aux plus riches, partageaient un amour égal pour leur pays.

Un peu sentimental et borderline too much, mais une réalité quotidienne aux USA.

Un américain critiquera son gouvernement et ses hommes politiques mais se tournera vers son drapeau le moment venu. D’ailleurs dans la plupart des écoles aux Etats Unis les élèves récitent le Pledge of Allegiance tous les matins, la main droite sur le cœur et les yeux tournés vers le drapeau dans leur classe ou dans la cour de l’école.

Ici le sentiment de nation existe tout autant qu’en France et en Europe. Mais pour la majorité des américains cette nation inclut tous ceux qui vivent sur le sol. Bien sûr que peu supportent une immigration incontrôlée et souhaitent voir se mettre en place un minimum de règles pour endiguer l’immigration illégale. Mais en comparaison aux problèmes que la France et l’Europe vivent, l’assimilation ici est un rêve.

Il y a une importante distinction entre nationalisme et patriotisme, et ici aussi je croise des américains qui sont plus nationalistes que patriotiques pour mon goût.

Il m’est arrivé, comme à toute personne d’origine étrangère vivant n’importe où dans le monde, de rencontrer des gens qui n’apprécient pas mon accent et voient d’un œil inquiet la présence de gens venus d’ailleurs. La peur de l’étranger existe. Partout. Aussi aux Etats Unis. Même en Californie.

Mais quand les feux d’artifice du 4 juillet éclatent aux quatre coins du pays les origines ethniques, culturelles et politiques ont rarement leur place.

Le plus pauvre des américains, en dépit de recevoir parfois si peu de son pays, reste si fier d’être américain qu’il est certain de vivre dans le plus beau pays du monde et ne doute pas une seconde que son pays fasse encore rêver.

Je ne sais toujours pas expliquer par quel tour de magie un étranger qui pose les pieds aux Etats Unis devient presque instantanément américain et parfois plus américain qu’un américain installé depuis plusieurs générations.

Ce n’est pas pour la protection sociale ni pour se la couler douce que les gens continent de peupler les US.

C’est peut-être dans l’eau, mais plus vraisemblablement lié au désir de ceux qui arrivent de faire partie de ce mouvement permanent d’immigration qui est le ciment des Etats Unis.

Comme la majorité des français je n’avais pas de drapeau chez moi quand je vivais en France.

Comme la plupart des familles américaines la mienne a aussi un drapeau– il a été offert par nos voisins quand mon mari est devenu citoyen américain  – et nous le hissons à l’occasion des fêtes américaines.

Et quand il vole sous la brise californienne je me souviens que ce pays est celui de mes enfants nés ici et le mien par adoption.

Mais je ne pense jamais que ce sol que je foule est moins le mien ou plus le leur ou plus le mien et moins le leur.

Ici on chante parfois ce chant que j’ai appris il y a longtemps quand mes enfants sont entrés à l’école. Je ne sais pas si c’est la réponse à l’assimilation mais cela ne doit pas faire de mal. Tout va toujours mieux avec de la musique.

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Etre une Femme (plus si jeune) aux Etats Unis

Hier matin à la gym, alors que nos chemins convergeaient vers la même machine de torture, un jeune homme s’est effacé devant moi me laissant utiliser l’engin avant lui.

J’interprète cet instant à la façon d’un test de magazine féminin:

1-    j’ai l’air si vieille que la crainte de me bousculer et de se retrouver avec un procès a été plus forte que son envie de travailler ses triceps avant moi

2-    il aime sa maman, et comme j’ai l’âge de pouvoir être la sienne il est normal qu’il ait agi comme il l’a fait

3-    il a simplement respecté le principe américain ‘first come first serve’ et peut-être avais-je en effet un centimètre d’avance sur lui

4-    il est particulièrement attentif et aurait fait la même chose avec n’importe qui d’autre

5-    il a été éduqué ailleurs qu’aux Etats Unis avec des principes qualifiés ici de machistes et s’efface devant les femmes, quel que soit leur âge

6-    il a lu le New York Times Style Magazine

 

Cet article est un éloge à la France où d’après le journaliste la vieillesse n’est pas un obstacle à la  beauté des femmes et à l’intérêt que les hommes continuent à leur porter.

C’est sans doute exagéré. Mais il y a un parfum de vérité.

L’une des différences fondamentales entre les Etats Unis et la France, à mon avis, est en effet cette course américaine vers la jeunesse éternelle versus une acceptation plus naturelle de la vieillesse et ultimement de la mort.

Quand je suis arrivée aux States, beaucoup de choses m’ont surprise. Je pouvais avoir passé dix ans à Paris, je n’étais pas blasée, et l’Amérique m’a envoutée sans faire d’efforts au point de ne pas trop manquer la France. Désolée.

Mais les français m’ont parfois manqué. Les français pas les françaises. Encore désolée.

Les français en France m’ont parfois semblé un peu lourds et trop entreprenants mais tout à coup dans ce pays où la séduction n’est pas le point fort, ils m’ont manqué. Un peu.

Il est vrai que j’avais un bébé et que j’étais enceinte. Quand même. En France il s’en trouvait toujours plusieurs à m’offrir leur siège dans le métro. Je veux croire que ce n’était pas seulement par pitié.

Je me suis habituée à un pays où les hommes sont beaucoup plus discrets quand ils regardent les femmes – ils les regardent quand même – et n’osent pas leur parler de crainte d’être accusés d’harassement – je ne les blâme pas, cela arrive.

Même notre président s’est fait taper sur les doigts quand il a fait un commentaire publique très malheureux sur l’apparence physique d’une femme.

C’est compliqué l’égalité entre hommes et femmes, et les hommes marchent sur des œufs. Moi aussi je veux que nous soyons reconnues pour nos talents et compétences plus que pour la couleur de nos yeux – en plus c’est rarement nos yeux qui sont les stars. Bénéficier d’un coup de pouce parce que nous sommes encore à la rame est condescendant. Non merci.

Il reste cela étant exact que très vite les femmes deviennent invisibles aux Etats Unis. Les films qui sont le miroir de nos sociétés le prouvent. Qui peut donner le nom d’une actrice américaine de plus de cinquante ans qui fait les têtes d’affiche ? Of course c’est impossible. Les acteurs de leur âge sont en tournage avec leurs filles.

L’article du New York Times cite la réalisatrice de cinéma Carol Banker – la série Glee, c’est elle. Elle a cinquante et un ans et dit que si elle entre dans un bar, elle pourrait être un fantôme que ce ne serait pas diffèrent.

Et Clooney ?

En ce qui concerne mon jeune américain d’hier matin, je soupçonne qu’il s’était levé du bon pied, était donc de bonne humeur, et juste un peu moins américain que la moyenne.

Quant à moi, j’ai réglé le problème il y a bien longtemps.

J’ai dit oui à un français.

Où Etiez-Vous le 28 Aout 1963?

Où étiez-vous le 28 aout 1963 ? Peut-être comme moi étiez-vous juste un bébé.

Et pourtant si nous étions des bébés français cet été là, le célèbre discours « I Have a Dream » de Martin Luther King nous est toutefois familier.

Cette semaine l’Amérique commémore le cinquantième anniversaire de ce discours délivré à Washington DC après la tout aussi célèbre marche vers Washington initiée par Martin Luther King. Et c’est là que les évènements les plus importants se tiendront.

Si vous êtes allés à Washington DC vous savez que le rêve n’est pas encore pleinement réalisé et que la route reste cahoteuse et prône à des accidents de parcours.

A deux pas de la Maison Blanche, des monuments historiques, des musées, et des bâtiments du gouvernement les rues de cette ville ne sont pas encore paisibles et belles pour tous les Américains.

Les deux marches de cette semaine de commémoration reflètent l’actualité américaine et les engagements du peuple américain en 2013.

Le défilé du 24 aout concentre ses efforts sur le chômage, la pauvreté, la violence des armes, l’immigration, les droits des gays et de l’homme en général, contre le contrôle d’identité que certains états veulent mettre en place pour voter et contre le profilage racial.

Le défilé du 28 aout, quant à lui, sera mené par des vétérans de celui du 28 aout 1963. Un bus utilisé pendant la période de ségrégation raciale aux USA accompagnera ceux et celles qui défileront. En clôture du défilé un discours du président Barack Obama.

A 15 heures une cloche sonnera pour commémorer l’exact moment où Dr. King prononça son célèbre discours.

« I Have a Dream » a le pouvoir intemporel des plus beaux et puissants discours.

La route est encore longue pour une égalité complète, mais nous ne pouvons qu’atteindre notre destination si nous considérons où nous en étions il y a cinquante ans.

Où étiez-vous le 28 aout 1963 ? Peut-être comme moi étiez-vous juste un bébé.

Et pourtant.

My Vertigo

Soon I will hit the long road that links the East Coast to the West.

Cross-country trips are a favorite summer tradition of mine. But I can’t brag to own it. My husband – he can be very creative when it comes to driving – started this ritual on 9/11.

“When I followed the directions to get home,” he told me after his speedy return from Boston to San Francisco. “I wanted to follow others. I could have gone anywhere.” He always paused there. “Anywhere.”

It is because of this pause, more an invitation than a silence, that, two years later, the six of us went on our first family cross-country trip. Since 2003, we have, over the course of several summers, first with the four children, then with three, with two, and this year with one, zigzagged across most of America.

Schoolteachers, of all people, know the importance of field trips. Traveling through America by car is a recommended field trip for anyone willing to grasp firsthand the size of these United States. For immigrant parents and their first-generation children, it is an obligatory journey.

It is a wonder we manage to get along relatively well when there is so little in common between the skyscrapers and eclectic neighborhoods of New York City and the pueblos and mesas of New Mexico, between the Maine pine trees and the Joshua trees of the Mojave Desert or between the industrial skyline of Columbus and the vast plains of Nebraska. The American flag, draped on a bridge in New Hampshire or a building in Wyoming, is sometimes the only tangible reminder that we are still in the United States of America. Even English, spoken differently throughout the country – yes, I can spot accents, too! – reflects the extraordinary diversity of the fifty states. Traveling through America, at the pace of a car, also provides an honest, sometimes brutal, but necessary reality check.

In August, when we pull in our driveway after a cross-country trip, the children always rush inside our home. It has been closed for weeks and doesn’t smell familiar. But the beds are made and like everyone else I lie down. But unlike my husband and the children, I never fall asleep easily after a cross-country trip. Even with my eyes closed, the quietness of my room never brings anticipated sleep. The infinity of the United States of America keeps me awake, restless, and hungry for more.

American flags on the motorcycles. Bumper stickers on trucks: “Without trucks, America stops.”  Bumper stickers on cars: “Got Jesus?” Waitresses working long shifts while their children are home. Gas attendants smoking behind the counter while customers get cheap coffee and donuts. “How are you’s?” at the rest areas. Smiles and nods at the free continental breakfast buffet. Miles under the wheels, trucks zooming by, sandwiches on the side of the road, and newspapers spread all over the car.

And the infinite beauty of a land as vast, as diverse, as generous, and as resilient as its people keeps me awake one more night.

In 2007, the French philosopher Bernard-Henri Levy published The American Vertigo. The book was written as he made his own cross-country trek, following the journey of Alexis de Tocqueville, who published Democracy in America in 1835 and 1840. Although Mr. Levy met interesting and well-known people that I won’t ever meet, his America didn’t smell, taste, or even look much like mine. However the title of his book drew me when I bought it in France.

There was no other possible title, I realized as I finally drifted away that summer.

And this is why, every year, I crisscross our country, in search of the vertigo that, like an addict, I need to remind me that I live in America.

I’m One of Them

Richard Rodriguez was November speaker at the San Joaquin Valley Town Hall and he captivated the audience.
He told of his upbringing between two Mexican parents who didn’t speak English and of the catholic school where the nuns shoved English down his throat.
He owes them a lot since he has led a successful career as a writer, journalist, scholar and speaker. Richard Rodriguez is a controversial figure since he has openly stood against affirmative action that he believes is an obstacle to real assimilation.
And he spoke of course of America and being an American, topics I am passionate about.
Through a brilliant, funny and strikingly unique talk he told of an America getting brown, in perpetual change, fluid and complex at the same time.
Dozens of anecdotes punctuated his lecture. Among them a few echoed my personal understanding of what being an American means.
When Rodriguez told of the two distinct worlds that are home and school for kids born from immigrant parents, I could only think of my own children who day after day cross the bridge between two languages and cultures that only belong to their parents. Of course I cross the bridge too and it can be a pretty shaky one for both sides of the family.
Richard Rodriguez spoke of the American language with eloquence. In Europe, American is either associated to English or put down as a language not as pure as the British language. American has assimilated many more languages following the different waves of immigration that any other language has ever done and the rest of the world borrows from it more and more often. Even the French, who cherish their heritage, punctuate their newspapers and magazines with American words.
When Rodriguez said that anywhere in the world Americans are easily recognized but also able to spot each other, I could only agree.
Whenever I return to France I notice how I am growing apart from my fellow compatriots and how, more and more often, they don’t see me as a French native.
However I look physically the same and I wonder what makes them tick. It can only be my clothes, I think. With French clothes on, I will be French again. But I have to admit that it doesn’t work.
What makes me spot an American in a crowd can be a pair of white sneakers worn with a pair of jeans, being bare foot in the fall in Paris and of course a sweatshirt with the name of a football team. But an American like me knows how to avoid all these tags that yell, “I’m an American”, right? So what is it that makes the French doubt I’m one of them?
Rodriguez spoke of an American walk, an American slouch and an American smile. I pick the smile. It has to be the smile that targets me as one of them darned Americans who walk the world with awe, confidence, curiosity and naivety.
Yesterday when I left the auditorium, I looked around me. Americans of all genders, all sizes, all ages, and all colors surrounded me. They talked and laughed, patted each other’s back and joked in loud groups. I couldn’t resist smiling at them.
And as I made my way though this ebullient bunch of Americans, I thought with a mix of surprise and pride, “I’m one of them. I’m an American.”

A Walk to Remember

The California Valley has been baking under triple digits temperatures for the last two weeks. A brutal form of Indian summer that even after seven years I still don’t handle well.
Last night there was a subtle yet distinct change in the air and I opened the windows. The air conditioning didn’t kick in during the night. The house early morning had cooled off to a nice 70F.
The air smelled of dry hay and the breeze had chased the smoke rising from the wildfire burning in Sequoia National Park. Soon, I thought, we will see the coastal range from home.
It was a perfect day for my first cool-weather run in weeks. Above the trail that cut through the San Joaquin Valley, white clouds billowed in the blue sky and the Sierras appeared after days of smog. The premise of fall gave me wings.
I wasn’t alone to feel the same eagerness. People had a smile on their face. Bikers, walkers, runners, dogs, babies and children came from everywhere responding to the welcoming change of weather.
What a difference when I remembered last night CNN news. I watched with my daughter who was supposed to study for an AP history test. History is also what’s happening today, right?
Anderson Cooper was interviewing a pastor who is planning the burning of Qurans on September 11. He was as much of an extremist as the extremists who attacked the USA nine years ago. Then a panel of commentators discussed the building or not the building of a mosque close to ground zero. I turned the TV off at 11:00 p.m., tired yet wired too. Too much information, too many pros and cons that were going nowhere.
This morning, on a perfect California day that can only bring the best from everyone, I only saw people looking forward to a change of weather, to a new season. I had to switch from a run to a brisk walk in order to respond to the many hellos and how are you?
Of course it could only remind me of my fist days in the USA when such friendliness was almost too much. Today more than ever, only days away from the anniversary of September 11, the American cheerfulness, optimism, and natural curiosity toward others, felt just right.
Within an hour I had forgotten about the inflammatory words, the bigotry and the mosque from last night.

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