Chez Panisse

Je suis sur la route pour quelques semaines alors que je traverse en voiture les Etats Unis d’Ouest en Est, empruntant des chemins détournés.

Si vous me lisez depuis un moment vous savez que ces voyages à travers le pays ont commencé le 11 septembre 2001.

Si vous me lisez depuis peu, c’est cet évènement qui a tout déclenché.

Le 11 septembre 2001 mon mari aurait du être à bord de l’un des avions qui s’est écrasé dans les Twin Towers.

La veille il avait repoussé son voyage de retour d’une journée pour une invitation à diner de dernière minute.

Les aéroports étant immédiatement fermés à tout trafic, mon mari a rejoint la Californie en trois jours dans une voiture de location.

Depuis, presque chaque année, nous roulons de la Californie vers le Maine.

Ce qui a commencé comme un voyage symbolique est devenu notre façon de continuer à découvrir notre pays d’adoption et ceux qui le peuplent.

Cet été est empreint de nostalgie puisque pour la première fois c’est à deux que nous ferons ce voyage. Sans enfants.

Notre road trip 2014 a commencé par une visite à l’une de nos filles qui étudie et vit à Berkeley. Comme mon mari et moi fêtions notre anniversaire de mariage nous sommes allés diner Chez Panisse.

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Quand Alice Waters a ouvert Chez Panisse au pied des collines de Berkeley, elle voulait créer un restau de quartier où se retrouveraient des invités recherchant une nourriture fraiche et locale dans une ambiance similaire à un diner chez soi.

La table d’Alice Waters est très prisée dans la région et même au-delà. Les commentaires sur les réseaux sociaux laissent entendre que les réservations doivent se faire de un à six mois à l’avance.

Mon mari a eu l’idée de diner Chez Panisse alors que nous étions à Berkeley. Il a décroché une table pour le lendemain à 21h. Tour de magie ? Coup de chance ?

Est-ce que Chez Panisse mérite sa réputation?

L’accueil et le service sont impeccables, sans être coincé et intimidant. Les serveurs et serveuses sont souriants, attentifs, amicaux sans être trop familiers.

La clientèle est variée et décontractée. Aucune tenue vestimentaire n’est exigée même si la plupart des hommes portaient des chemises à manches longues et que les femmes étaient peut-être davantage en robe qu’en pantalon.

L’éclairage émanant des plafonniers et des bougies sur les tables se reflète sur les très belles boiseries et les miroirs, créant une ambiance élégante mais surtout chaleureuse et accueillante.

En fait, je pense que ce restaurant doit être encore plus agréable par un soir pluvieux que par une nuit d’été.

La nappe et les serviettes blanches m’ont rappelé le raffinement français.

Mais on ne va pas au restau pour les serveurs, les bougies et les nappes en tissu.

J’ai toujours eu un faible pour les entrées et les desserts, les préférant au plat principal. A la maison, je suis toujours partante pour m’occuper du début et de la fin des repas, laissant à mon mari viandes, volailles et poissons.

J’ai de la chance car ces dernières années je trouve que la plupart des restaurants aux U.S. réussissent mieux leurs entrées et desserts que leurs plats.

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Chez Panisse n’échappe pas à la règle.

Le petit verre de vin pétillant rappelant un champagne qui serait parfumé aux herbes, accompagné de minuscules amuse bouches était parfait pour nous mettre en appétit.

Le pain était génial et le beurre, servi comme en France dans de minuscules petits pots en terre, aurait pu venir de ma Normandie natale.

L’entrée champignon, tomate verte, pecorino, persil et menthe était originale et excellente et la portion parfaite.

Les raviolis de poisson à la truffe noire et à l’ail étaient par contre décevants. Ils sont arrivés tièdes et deux de moins auraient suffi.

Je ne suis pas un fan de viande rouge mais les deux tranches de bœuf servis avec un zeste de pancetta fondaient dans la bouche. Je serais bien allée à la cuisine demander un deuxième service d’haricots en gratin et de salade verte. Pur régal. La raison principale étant la fraicheur des produits qui viennent de producteurs locaux.

Le dessert était un mille feuilles aux fruits rouges. Je serais bien aussi allée dire un mot au pâtissier pour qu’il le fasse plus gros la prochaine fois.

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Nous avons choisi un Saumur Champigny, un vin difficile à trouver aux U.S. même dans les bons restaurants.

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L’une des serveuses nous a parlé dans un français quasiment parfait.

« Ma mère est française, » nous a t-elle dit, « elle a voulu que ma sœur et moi parlions sa langue maternelle le mieux possible. »

J’étais vraiment contente que mes enfants soient absents. J’ai fait un travail plus médiocre !

Diner Chez Panisse comme n’importe où ailleurs avec mon mari, j’adore. Mais Chez Panisse m’a laissé une impression mitigée.

Un peu comme un livre avec une introduction appétissante et une bonne conclusion qui rattrape un milieu un peu banal.

 

Et vous, êtes-vous allés dans un restau culte qui a tenu sa promesse, ou êtes-vous aussi un peu restés sur votre faim ?

 

 

 

 

Comments

  1. Beverly Broughton says:

    Happy travels, dear friend. The dessert is scumptious!!!
    Bev

  2. Sisyphus47 says:

    J’évite ces endroits à la mode comme la peste! Peut-être vous rappelez vous des “R” rouges du vieux guide Michelin, je les cherche toujours, bien que cette appellation ait disparu depuis plusieurs années… Sur la route: nous avons l’équivalent, je crois, mais pour nous, c’est en Allemagne de l’Est. 🙂

    • Vous avez sans doute un point valide avec les endroits à la mode. Je reconnais à Chez Panisse et Alice Waters d’avoir été les pionniers dans cette quête des produits locaux et de saison. Cette approche a changé la restauration américaine. Mais je suis restée un peu sur ma faim. Au sens figuré! Bon été à vous aussi.

  3. j’adore l’idée de la route…concernant le restaurant, j’ai dîné une fois dans un étoilé…sublime tout était parfait mais le côté “pompeux” n’est pas pour moi…je n’étais pas à l’aise, à peine si j’osais parler de peur de dire un mot de travers car le serveur était à côté de nous, épiant nos gestes au cas où nous aurions besoin de quelque chose…définitivement ce n’est pas pour moi! j’aime la simplicité…

    • Ce que j’ai en fait préféré Chez Panisse est la simplicité. Rien de coincé et pompeux comme on peut le rencontrer en Europe. Mais j’ai nettement mieux mangé en France, c’est certain. Si vous aimez l’idée de la route, je vous tiendrai au courant de mes déplacements par ce blog. A plus tard!

  4. Bel article, Evelyne ! Et si nous ne fréquentons que peu les bons restaurants, nous avons eu des déceptions, je pense que c’est inévitable. Par exemple, si j’en avais les moyens, je n’irai pas manger chez Bocuse, devenu un commerçant, et en plus, manger du potage au prix auquel il l’affiche ( 20 € l’assiette ! ), j’appelle ça de l’escroquerie. Nous avons quelques bonnes adresses où la qualité reste égale, et ça nous va !

    • Les réputations sont parfois justifiées. Sans doute aussi attendons nous l’exceptionnel quand un nom revient toujours dans les conversations. Alice Waters a été une pionniere dans le domaine du frais et local. C’est super. Pour le reste, un peu plus inconsistant. En France aussi et ça me rassure de lire votre commentaire!

  5. Miam ! La dernière fois que je suis allée à Paris, je suis allée manger au Café Constant, tenu par un chef étoilé qui s’était mis au défit de faire de la nourriture traditionnelle de bistrot parisien. Un vrai régal, et pour une somme tout à fait raisonnable ! Après, on a toujours de bonnes petites adresses locales !

  6. I do not need to be able to read French to understand this post! Chez Pannisse is on my list of places to go. I have long admired Alice Waters and have followed with interest her school garden projects. Perhaps we could meet up in Berkeley one day and lunch together.

    • In fact, lunch at the café above the restaurant can be a better idea. Yes, let’s do it!
      You would like it, Claire. The location is also great with lots of small shops along the avenue. And the hills are just up the street.

  7. Hi Evelyne. I didn’t know about your 9/11 experience until now. An amazing story. 🙂

    • 9/11 has changed the world as we knew it. For my family, particularly my husband and I, since our children were still very young, the realization that my husband could have died transformed the way we saw life. We became more aware of its fragility and of the passing of time. Our road trips allow us to remember but also to express our happiness for being alive, free and together. Thank you, Teagan for your visit.

  8. Afraid my French is a little rusty, Evelyne, but I went to Berkeley so I know the area well. The dessert looked scrumptious. –Curt

    • My English was rusty until I moved to the States, so maybe you could get ready for a trip to France! You would bring back gorgeous photos. I know Berkeley fairly well, thanks to my daughter and to my husband who took me to so many different neighborhoods. The dessert at Chez Panisse was really delicious but way too small for my sweet tooth. See you on your blog, Curt.

  9. Fair wind to your backs. 9/11 changed so many lives.

  10. Happy Travels! You are going from one coast clear over to the other…a huge trip!

    Linda
    http://coloradofarmlife.wordpress.com

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