Mes Cloches sont un Lapin

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On apprend beaucoup de ses enfants. Une maman immigrée ? Presque tout.

Si l’école est un terrain d’apprentissage à la vie pour les enfants, c’est aussi là où les mamans immigrées découvrent la culture américaine.

A travers mes quatre enfants, au fil de leurs années d’école élémentaire, de collège, et de lycée, j’ai fait d’une culture qui m’était étrangère et inconnue la mienne.

Mais ce sont peut-être les années de jardin d’enfants qui ont été les plus formatrices et sont restées inoubliables.

Il fallait une pionnière et c’est ma fille ainée qui a ouvert la route.

A ses frère et sœurs. Mais avant tout à moi.

A travers ses découvertes, je découvrais et j’apprenais.

Plus encore que la langue, je pense que l’acquisition des rites et coutumes qui construisent un pays est plus importante. Ce qui ne se fait pas toujours aisément. Et rarement sans faux pas.

Si on prend moins de vacances aux States qu’en France, on n’en aime pas moins les holidays.

Rien à voir avec les holidays britanniques qui sont des vacations pour les américains.

Non, les holidays sont les jours fériés français.

Moins nombreux qu’en France, il y en a suffisamment pour fabriquer des décorations, des cartes, des T-shirts, des cadeaux, des cookies, des cupcakes, et des gâteaux.

En fait de nombreuses fêtes sont communes à la France et aux Etats Unis. Ce qui les sépare c’est la façon de les célébrer.

Avant d’avoir mon premier enfant, je ne fêtais plus que Noël et le 31 décembre. Les autres jours fériés étaient l’occasion de quitter Paris le temps d’un pont.

Avec une petite fille au jardin d’enfants américain, j’ai été très gâtée côté holidays.

Comme elle débuta en septembre j’ai passé un mois tranquille.

Octobre a été mon premier Halloween.

Noël je connaissais car j’ai débarqué aux Etats Unis en pleine Holiday Season.

Comme ma galette des rois était devenue un gâteau aux poires à cause de la fève qui m’aurait attiré des ennuis, j’étais restée prudente et j’observais.

Je passe sur la Saint Valentin car je la passe pour de vrai.

Pâques me semblait être sans problème.

C’était oublier la créativité américaine.

J’avais expliqué à ma fille que les cloches de Rome amenaient des petits œufs en chocolat dans les jardins et que nous les chercherions avec un petit panier.

En réalité, lorsque j’ai commencé à voir les gigantesques paniers garnis mis en vente plusieurs semaines avant Pâques, mon panier était très mignon mais très petit.

Et puis il y avait ce lapin immense qui se baladait dans les galeries marchandes des supermarchés et dans les centres villes.

J’avais trouvé que le Père Noël américain avait de l’embonpoint par rapport au Père Noël français – des années plus tard mes enfants n’aimeraient pas du tout le français qu’ils jugeraient maladif. Le lapin de Pâques me paraissait sortir tout droit d’Alice au Pays des Merveilles.

J’avais beau parler des cloches de Rome à ma fille, je voyais bien qu’elle m’entendait sans m’écouter. Pire, sans me croire.

Les maitresses d’école ont toujours raison quand on a trois ans.

Et une maitresse américaine savait forcément mieux que moi si c’était un lapin ou des cloches qui apportaient les chocolats de Pâques.

Rétrospectivement, je comprends que les américains aient préféré un lapin aux cloches de Rome qui restent un symbole catholique dans un pays qui embrasse tant de dénominations religieuses différentes.

C’est ainsi que j’ai fini par croire au lapin.

Les Jelly Beans et Peeps ont également remplacé les œufs au chocolat de mon enfance.

Et quand des années plus tard la plus jeune de mes filles m’a demandé si le Père Noël existait et que de fil en aiguille elle en a déduit qu’aucune fée (pas une souris) ne venait échanger une pièce pour une dent, c’est le lapin de Pâques qu’elle a pleuré à chaudes larmes.

Je l’ai consolée. Mal. On console difficilement un enfant à qui on a fait croire des mensonges.

J’ai pensé que j’avais eu de la chance. Qui pleurerait des cloches ? Même venues de Rome.

 

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A vous maintenant.

Elevez-vous vos enfants entre deux cultures? Avez-vous aussi connu des moments entre sourire et nostalgie, partagé(e) entre votre désir d’assimilation et votre envie de conserver les traditions de votre enfance?

 

 

 

 

 

 

 

Comments

  1. I think Google did an especially poor job of translating this page, but I like to try. As to the question you pose at the end, Born and raised to parents who were either 1st or 2nd generations born in the US, my cross-cultural experience was second hand. I did grow up torn between two religions, and you couldn’t get further apart than Eastern Orthodox Catholic and Evangelical Methodist. The Orthodox took religious holidays more seriously but the Methodist sang with greater passion 🙂

  2. I still think that English speakers who try to read my French posts deserve a Bravo. Google doesn’t always do a good job, I’ve seen the results when my kids used their service for French homework. In the end I was the official translator. As for your personal experience with two religions, it reminded me of many Americans I met who took the best from each. The best of two worlds is never bad. Thank you, Dan.

  3. Thank you, merci, Linda. That’s what I try to do, and I’ve been lucky because there is so much to like here in the US.

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