Christmas Tree Lane

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« Tu dois voir ça ! » me dit mon mari.

Je viens juste de passer quelques vingt heures de voyage et d’atterrir à San Francisco. J’ai un bébé de moins d’un an dans les bras et un minuscule dans le ventre.

Franchement, qu’est-ce qu’une parisienne doit absolument voir qui ne peut attendre le lendemain ?

Mais il y a dans la voix de mon mari quelque chose d’irrésistible.

« D’accord, où m’emmènes tu ? »

« Prépares toi à être surprise, » dit-il avec des paillettes dans les yeux.

Au volant de la vieille Oldsmobile qu’il a achetée en arrivant en Californie, il m’entraine dans les rues de Palo Alto.

Malgré l’absence totale de voitures et de passants  – il est minuit et Palo Alto est une ville morte en comparaison avec Paris – chaque maison est illuminée de tous feux. Des Pères Noël et des bonhommes de neige en plastique, dodus et joviaux, des traineaux tirés par des rênes plus vrais que nature se tiennent dans chaque jardin.

Même les troncs d’arbre – y compris les palmiers – sont entourés de guirlandes électriques, toutes allumées dans la nuit étoilée.

Je ne suis jamais encore allée à Disneyland mais cette nuit j’entre au royaume.

Ma sœur m’a conduite sur les Champs Élysées la veille. Paris avait revêtu sa robe de fête et alors que ma sœur descendait l’avenue, j’écarquillais les yeux, essayant  de mémoriser la splendeur de Paris, ma ville d’adoption que j’aimais tant.

Mais les décorations et les maisons illuminées sur Emerson, Hamilton et la plupart des rues de Palo Alto m’offrent le soir de mon arrivée aux Etats Unis une version toute nouvelle des fêtes de fin d’année.

Nulle part en France je n’ai vu autant de lumières et de décorations, même à Paris.

Et aucun français avec toute sa tête à lui n’aurait organisé un tel show.

Cette nuit là, sous le ciel californien éclatant d’étoiles, je tombais sous le charme de la nature exubérante et un peu enfantine des américains.

Le lendemain je fis la connaissance d’hommes et de femmes tout de rouge vêtus. Dans leurs sweatshirts brodés de paysages d’hiver avec rênes et flocons, avec leurs bonnets de Noël venant parfois avec une clochette teintant à chacun de leurs pas, et des broches imitant les fameuses Candy Canes, symbole de Noël aux States, je plongeais la tête la première dans un monde qui réussit encore à me surprendre.

Pendant cette première saison des fêtes, j’ai essayé d’apprendre les chants de Noël qui passaient en continu sur la radio et dans les magasins jusqu’à ce que j’en sois écœurée.

Tout le monde se souhaitait Joyeuses Fêtes à tout moment de la journée. Y compris les policiers. Et les pompiers dans leurs camions décorés.

L’américain adore les rituels, sait en inventer et surtout les faire adopter si facilement par le récent immigré qui vient de poser sa valise.

 

Aujourd’hui, dans un monde plus homogène, j’ai eu envie de vous faire découvrir Christmas Tree Lane qui fête cette année son 91e anniversaire.

Au cœur de la saison des fêtes cette tradition locale illustre la compassion naturelle des américains, égale à leur exubérance et leur anticonformisme.

En 1920, à Fresno, à une heure au sud de chez moi, un enfant est mort juste avant Noël. En son honneur sa famille a illuminé un arbre sur leur  pelouse. Dans un élan spontané de sympathie leurs voisins ont imité ce symbole. D’année en année cet événement, tout d’abord limité à quelques maisons, s’est étendu à tout un quartier.

La réputation de Christmas Tree Lane a dépassé Fresno et la Californie. Nationalement reconnue comme la plus longue rue des Etats Unis décorée pour les fêtes, elle est visitée chaque année par plus de 100 000 personnes.

Deux soirées sont uniquement piétonnes et je vous les recommande si vous passez dans le coin.

Je vous encourage aussi à visiter le site web et à explorer la galerie de photos.

Les deux photos suivantes sont prises par ma fille qui est descendue hier sur Christmas Tree Lane.

Joyeuses Fêtes à tous.

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