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La presse internationale révèle les écoutes téléphoniques effectuées par la NSA sur les citoyens français. Chez les champions de la vie privée, c’est le choc.

L’état du New Jersey rejoint les quatorze autres états américains qui ont légalisé le mariage gay.

Les américains qui désirent souscrire (beaucoup pour la première fois) à un plan de santé par l’intermédiaire du Healthcare.gov (programme fédéral) rencontrent des obstacles parfois tellement insurmontables qu’ils abandonnent en route.

Beaucoup de raisons techniques sont évoquées. Mais un fait, peu divulgué jusqu’alors, dénonce l’impossibilité de connaître le cout du plan avant d’avoir fourni trois tonnes d’informations personnelles.

Un peu comme un menu de restaurant qui n’annoncerait pas ses prix et ne vous laisserait pas changer votre commande quand vous réalisez que le filet mignon est au-dessus de votre budget.

En comparaison, les plans proposés par le secteur privé laissent les gens faire leur shopping avant de payer.

Evidemment ce genre de problème fournit des munitions gratuites aux opposants de l’Affordable Care. Comme on dirait en français c’est prendre le bâton pour se faire battre.

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J’ai fait ma ballade matinale en compagnie de mon mari. Le parking près du  lac où nous aimons marcher était plein. Assez inhabituel maintenant que la piscine est fermée. Une dame vêtue de rouge est sortie d’un coupé rouge. A la main un mug rouge et au bras un petit sac assorti. Son sourire était accordé au reste de sa personne.

« Un meeting des Red Hatters, » a murmuré mon mari sur un ton confidentiel. « Enfin je suppose, » a t-il ajouté.

Depuis quand connaît-il les dates des réunions de ce club kitch à souhait ?

Les Red Hatters font partie de la Red Hat Society et illustrent à la perfection un écart socioculturel intéressant entre les Etats Unis et la France.

Ce club créé en 1998 est ouvert aux femmes à partir de l’âge de cinquante ans. En gros : sa fondatrice, californienne du sud, a fait un jour un achat d’impulsion alors qu’elle allait rejoindre l’une des ses amies pour déjeuner. Elle est arrivée coiffée d’un fedora rouge qui a suscité l’enthousiasme de son amie. De fil en aiguille, l’idée d’un club où les femmes d’âge mur (c’est l’expression française pour le middle age américain, je crois) se retrouveraient, pour se moquer dans la bonne humeur d’être un peu moins jeunes, et se soutiendraient socialement et émotionnellement est née.

Le chapeau rouge et par extension les vêtements violets et rouges qui jurent un peu lorsqu’ils sont portés ensemble sont devenus emblématiques du club.

Le moto des membres de la Red Hat Society: Fun, friendship, freedom, fulfillment, fitness.

Traduction : l’amusement, l’amitié, la liberté, la plénitude, la forme physique.

Quand on les voit débarquer dans un café ou un restau, le mot Fun prend le dessus et aussi toute sa valeur.

Car si les journaux titrent sinistre, un fait reste exact : l’américain (e) recherche le fun avant tout.

Cette quête peut agacer, et elle me déconcerte toujours un peu, moi la française plus coincée et moins exubérante. Ah le poids de l’éducation.

Les proms, les winter formals, les marching bands, les graduations, les sweet sixteen et j’en passe et j’en oublie, toutes ces célébrations et traditions américaines n’existent que pour se fabriquer des souvenirs et avoir du fun.

Sur un plateau de télé français les invités évoquant un tournage de film ou la réalisation d’une pièce de théâtre diront sur un ton chargé d’émotion et de retenue: “C’était un vrai bonheur.”

Les américains dans les mêmes circonstances s’exclameront, des paillettes plein les yeux: “It was so much fun!”

Moi je regarde les deux plateaux, et comme toujours mon cœur balance. Je suis un peu entre les deux et j’emprunte un peu des deux.

Oh j’oubliais, il y a des membres de la Red Hat Society dans plus de vingt-cinq pays à l’extérieur des Etats Unis.

La France n’est pas sur la liste.

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