Une Journée Hors du Temps

Comme convenu j’ai passé la journée de samedi dans le parc de Yosemite et mes amis de randonnée ont comme toujours rempli leur fonction de photographes avec brio, même si aucune photo ne remplacera jamais l’expérience vécue.

Les deux lacs prévus au programme se situent dans la partie la plus à l’est du parc, juste à la lisière de la forêt nationale d’Inyo.

Nous étions au départ du chemin de randonnée à 9h du matin. Le temps était clair et ensoleillé mais les températures un peu au dessous de zéro. Très tentant de rester dans la voiture à siroter un petit café.

Il avait plu dans la vallée le dimanche précédant et cette pluie s’était transformée en neige en altitude. Yosemite sous une légère couche de neige saupoudrant les sommets, c’est divin.

Mon amie avec qui je fais la plupart de mes randonnées poursuit un but précis et un peu obsessif : grimper tous les monts dans Yosemite.

Le mien, tout aussi obsessif : aller payer une petite visite à chaque lac.

Hier était mon jour de chance. Les deux lacs que je voulais voir se situent à quelques kilomètres l’un de l’autre.

Le lac Elizabeth, régulièrement voté le plus joli lac de tout Yosemite, se situe un peu au dessous de 3 050 mètres d’altitude et la randonnée aller retour n’est que de 6,5 kilomètres.

Les deux premiers kilomètres montent de façon assez abrupte mais le reste de la piste est un mélange de terrain forestier et rocailleux.

Juste avant d’arriver au lac, le sol hier était spongieux du à la fonte de cette première neige de la saison.

Le lac a été une petite déception parce que sa description en faisait une star.

Mais les grands pins et les pics montagneux, fières sentinelles qui semblent garder le lac, fournissent un décor exceptionnel.

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Comme au théâtre, dans les films, et les restaus, le décor est parfois meilleur que la vedette.

Mais la vraie star se cachait à quelques kilomètres dans la haute Sierra.

Pour l’atteindre on a un peu craché nos poumons. Pas pour très longtemps, mais un kilomètre et demi à pic on le sent passer.

Cependant on oublie vite quand au sommet du col, la vue donne le vertige. Pour un peu on croirait en Dieu et même si on n’y croit pas on se sent au début du monde, quand tout était si neuf et si beau que cela devait être effrayant.

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Là-haut à chaque fois que j’y suis je me sens en préhistoire et les mots, tout comme mon souffle, me manquent  – cela ne m’arrive pas souvent disent ceux qui me connaissent bien.

Et pourtant, je vous jure, c’est vrai.

Les lacs du bassin de Gaylor sont au nombre de cinq et nous n’en avons vu qu’un. Sous le soleil éclatant de la Californie il peut faire froid. Il se faisait tard aussi.

Mais la promesse de retour m’a accompagnée alors que ma petite voiture redescendait tout le parc de Yosemite.

Le long de la route des noms de sentiers de randonnées que je connais bien et quelques uns que je n’ai pas encore découverts. Tous me font rêver.

Là-haut on rêve et on oublie tout.

Les factures à payer et les devoirs à vérifier.

Le linge à laver et le jardin à désherber.

Les mails à répondre et les courses à faire.

Et le gouvernement qui vient de fermer jusqu’à nouvel ordre ces parcs où le soleil rythme le temps.

Là-haut pour une journée, j’étais hors du temps.

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