Un Avant Gout d’Automne Californien

En Californie les changements de temps peuvent être très subtils, mais si on est attentifs, ces petits signes qui arrivent à pas feutrés annoncent la fin d’une saison.

Six degrés de moins au thermomètre quand on flirte avec les 35 voire 40 degrés depuis début juillet cela n’est rien, et pourtant je devine l’arrivée de l’automne.

A 6 heures ce matin une petite brise jouait dans les pins et les cyprès. Le petit lapin qui vit dans les buissons de romarin a détalé lorsque j’ai ouvert en grand la porte fenêtre sur la terrasse. Le pic vert, quant à lui, s’est arrêté de marteler le tronc du chêne.

Maintenant que l’incendie dans Yosemite est à 80% contenu et que les vents nous sont favorables, le ciel a retrouvé sa clarté habituelle. Loin dans la distance des nuages blancs et épais se dirigent vers Tahoe et le Nevada : la fumée du Rim Fire.

Plus bas dans la vallée, là où mon fils va au lycée, l’indicateur d’air ce matin annonçait GOOD.

Tous ces changements me donnent envie de préparer un sac à dos et de partir sur Yosemite. L’incendie avait mis un frein à mes préparatifs mais ce matin a un avant gout de randonnée.

L’amie qui fait toujours partie de mes expéditions pédestres a quasiment couvert l’intégralité de Yosemite. Mais elle n’a aucun problème à refaire une randonnée pour me la faire découvrir. Sur un chemin de montagne, quand on souffre ensemble les gens se dévoilent vraiment et montrent leurs vraies couleurs. On a réalisé qu’on faisait un bon tandem.

Donc pour octobre mon amie a concocté un petit mélange qui me parait tentant. Au programme le lac Elizabeth et le lac Gaylor. Pas mal, non ?

En attendant de prendre ces petits chefs d’œuvres en photo, je patiente en triant celles du superbe automne 2009. Le chemin de randonnée entre Glacier Point et la Vallée de Yosemite via Panorama Trail est un must pour les paysages photogéniques. Le chemin est très bien balisé et plutôt facile. Les guides touristiques la classent en difficile, mais vraiment pour un marcheur en forme moyenne, c’est tout à fait faisable. Neuf miles ou quatorze kilomètres de pur régal pour les yeux.

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A ne pas manquer si vous vous trouvez dans le coin, surtout pendant ces brèves semaines où l’automne ressemble – presque – à mes automnes en Nouvelle Angleterre et en France.

Talking and Not Talking About Writing

Hemingway said that “though there is one part of writing that is solid and you do it no harm by talking about it, the other is fragile, and if you talk about it, the structure cracks and you have nothing.”

Hemingway, I suspect, spoke about his writing in the cafés he loved.

For us, writers of the 21st century, we have much more than cafés to distract us from our craft.

We blog, we tweet, we are on Facebook: we are constantly communicating. Writing about our writing is part of our daily lives.

But today was different.

Maybe because we are starting a new month, maybe because of the much-anticipated break in the Rim Fire in Yosemite, maybe because there was a hint of fall in the foothills, Hemingway’s words had a particular effect on my modest writing goals and I decided to follow his advice.HPIM3638

I brewed my coffee at home – no temptation to go to the café and talk – and filled my mug. I made the opening of the public library. The Quiet Room was all mine until ten o’clock. Quietness is like a beautiful, crisp white page, and anticipation tinted with a bit of apprehension filled me.

People came in and out. Nobody bothered me. Maybe they were following Hemingway’s advice, too.

You know, I told myself, this draft that you drag and the excuses you find to justify your inability to finish? Well, you and only you are the reason.

Call it fear or laziness: in the end both lead to the same outcome or rather the absence of outcome.

Hemingway would be really proud of me.

I had silenced my phone. I didn’t check my e-mail. I didn’t browse the Internet. I didn’t talk to anyone.

I wrote.

When I left the library at two o’clock, blinded by the afternoon California sun, strangely remote from the business of the street and the noisy traffic, I knew I had to reconnect with the real world.

I entered the café and connected my computer to the Internet.

It was time to talk about writing.

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