Get your Kicks on Route 66

Au cours de mes nombreux voyages à travers les USA j’ai croisé beaucoup de français en ballade. Enormément à San Francisco, Boston et New York et dans les parcs nationaux. Yosemite restant un grand préféré.

Mais il me semble que le Grand Canyon soit prêt à le battre.

Cet après-midi dans Williams, la petite ville aux pieds du parc national, mes oreilles en effet se pointaient toutes les trente secondes. Un mot en français ne manque jamais d’attirer mon attention. Mes ex compatriotes avaient envahi l’Arizona !

Williams pour moi c’est aussi la dernière ville digne d’intérêt avant Los Angeles si on roule sur la Route 66.

Et la Route 66, si j’en crois les français, leur plait bien aussi.

Alors pour vous qui n’avez peut-être pas encore emprunté cette route américaine mythique qui rejoint Chicago à Los Angeles voici quelques impressions personnelles.

Depuis 2003, l’année de mon premier voyage d’une côte à l’autre des Etats Unis, j’ai vu avec tristesse la Route 66 suivre le déclin de l’économie.

En aout 2012, je n’ai traversé qu’une petite section entre le Nouveau Mexique et la Californie. Depuis 2003 beaucoup de motels et de petits restaurants typiques de la belle époque où les américains roulaient sur cette route pavée de promesse avaient fermé. Davantage de néon étaient cassés et les souvenirs bon marché ‘Made In on préfère ne pas savoir où’ étaient maintenant vendus sur les parkings poussiéreux aux abords des stations services.

La crise financière de 2008 a frappé toute l’Amérique mais les états pauvres et ruraux ont été martelés. La Route 66 sous l’un des étés les plus brutaux de l’histoire américaine symbolisait à la perfection le fossé qui maintenant sépare ceux qui possèdent de ceux qui n’ont rien. Les fameux 99% des 1%. Les réservations pour diner à Sante Fe par exemple n’étaient plus nécessaires alors qu’il était impossible d’avoir une table en 2003. La chaleur extrême et la sècheresse accentuaient la pauvreté et la misère de la route vers la Californie.

La ville de Barstow, située aux confins du conté de San Bernardino, écrasée à la fois physiquement et économiquement, cuisait sous le soleil impardonnable de midi. Des notices de banqueroutes tapissaient les vitrines de presque tous les magasins du centre ville éparpillés le long de la Route 66. Le GPS indiquait des restaurants qui avaient fermé leurs portes depuis la dernière mise à jour. Sans peu de surprise Starbucks restait le seul café le mois affecté par la crise. En aout 2003 rouler sur la Route 66 me rappelait avec acuité Les Raisins de la Colère.

Cette année j’étais curieuse de voir les répercussions d’une économie indéniablement en meilleure santé sur la Route 66.

Stop à Holbrook, Arizona pour le déjeuner chez Joe and Aggie’s Café recommandé dans Road Trip USA, mon guide préféré pour partir à la découverte des US.

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La cuisine illustre la diversité culturelle de l’Arizona. Une moitié du menu offre une sélection de cuisine mexicaine avec burritos, tacos et enchiladas. Leur guacamole est génial. Croyez-en une consommatrice régulière.  La seconde moitié se divise entre les sandwiches américains typiques comme le BLT (bacon/lettuce/tomato), au thon ou encore au fromage fondu – l’équivalent de notre croque monsieur le plus basique.

Le café appartient à la troisième génération d’une famille qui l’a ouvert en 1943. Le service est amical et rapide. On est arrivés avant le rush de midi et c’était un heureux hasard car le restaurant faisait salle comble lorsque nous sommes partis. Un restau à la fois local et touristique qui marche est un bon indicateur de la santé économique d’un pays.

A 500 mètres de chez Joe et Aggie le motel Wigwam est sans doute le site le plus photographié de la région. C’est kitch à souhait et ne peut que plaire aux français. La preuve ? Je craque encore !

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Demain je traverserai le désert du Mojave. Barstow sera encore une fois sur la carte. Est-ce que la ville aura rebondi un peu ? Je le souhaite car égoïstement je préférais échapper au latte/sandwich de Starbucks que j’adore quand je suis entre deux rendez-vous mais par sur la Route 66.

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