La Promesse de Berkeley

berkeleyberkeley2Un beau symbole de post fête des mères que de voir sa fille terminer ses quatre premières années d’étude à Berkeley.

La dernière expérience américaine qui manquait à ma collection scolaire, commencée dès la première rentrée à l’école de ma fille ainée, était la college graduation.

Impossible à traduire en français puisque l’équivalent n’existe pas, cette cérémonie est sans doute la plus américaine parmi tous les évènements liés à la vie scolaire – et Dieu sait s’il y en a.

Berkeley symbolise à la fois le succès de l’éducation publique aux U.S.A et particulièrement en Californie. La plus ancienne des universités du système University of California, Berkeley est aussi la plus réputée. Son histoire académique est étroitement mêlée à l’histoire socio économique et culturelle de la région que nous appelons ici East Bay (de l’autre côté du Bay Bridge, en face de San Francisco). En passant par les mouvements de libération des femmes aux luttes raciales et des droits de l’homme en général, les manifestations contre la guerre du Vietnam et plus récemment Occupy Wall Street, tout changement important aux U.S. est passé par Berkeley.

Le campus de l’université illustre ce riche et turbulent passé. Un parfum de rébellion – un peu embourgeoisé, pour rassurer le passant – et d’innovation flotte sur le campus et dans les rues avoisinantes – de hasch aussi, même si cela n’arrive pas à la cheville de Santa Cruz, la capitale californienne du farniente et de la fumette.

Une graduation à l’américaine ou the commencement suit un protocole dont les américains, si libres et inventifs dans leur façon de vivre, sont paradoxalement très friants.

L’université de Berkeley a refait récemment son stade, et la cérémonie – 3 500 étudiants de la classe 2013, plus leurs familles et amis – s’est tenue au stade entre 10 heures et midi.

Dès 8 heures du matin les élèves se rendaient seuls, à deux ou en bande dans les coulisses pour se préparer pendant que les invités se pressaient aux grilles pour accéder aux gradins.

Mes deux plus jeunes enfants, mon mari et moi sommes entrés tôt dans le stade et avons pu nous installer dans les premiers rangs qui font face au terrain de football.

3 500 chaises étaient disposées sur une estrade temporaire et les étudiants sont entrés comme dans une arène au son de la musique jouée par l’orchestre de l’université.

C’est facile de devenir blasé aux Etats Unis. Mais voir sa fille défiler avec les garçons et les filles qui, comme elle, ont été admis à Berkeley quatre ans plus tôt, ne peut qu’amener une larme à l’œil.

Les immigrés, plus que n’importe quel parent, connaissent le prix de l’assimilation, et ce jour là, plus qu’aucun autre, la réussite de leur enfant est aussi la leur.

Si nous restons d’éternels outsiders nous avons tout fait pour que nos enfants nés sur cette terre soient 100% américains.

Musique, défilés, ballons, l’hymne national – superbement interprété live par une jeune étudiante – et les discours : rien ne manquait hier sur le stade de Berkeley.

En commençant par le président de l’université, le président du bureau des élèves et les anciens élèves, les discours se sont succédés, avec plus ou moins d’émotion dépendant du speaker.

Le plus attendu était Steve Wozniak, le Co fondateur d’Apple. Ancien élève de Berkeley il était le keynote speaker et sa prestation a été suffisamment humoristique pour maintenir les tribunes en éveil.

Pour mon mari et moi sa présence était symbolique. Il y a 22 ans, l’une de mes premières virées en voiture a été le long du Steven Creeks Boulevard à Cupertino, au cœur de la Silicon Valley, où les bureaux de Apple étaient déjà mythiques. J’attendais mon deuxième enfant.

De la voir défiler dans sa longue robe noire, avec ce chapeau noir indescriptible sur la tête, en écoutant Steve Wozniak je me disais que la boucle était décidément bouclée.

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  1. […] sociaux liés à la vie scolaire aux USA ainsi qu’aux cérémonies de fin de lycée et de premier cycle universitaire, je vous invite à relire ou à découvrir trois de mes anciens […]

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