La Boucle Est Bouclée

J’ai délaissé mon blog en français comme j’ai délaissé ma langue natale en arrivant aux U.S., pensant que mon anglais s’améliorerait plus vite. Erreur !

Les deux langues peuvent se heurter et se pousser du coude parfois, elles finissent par se côtoyer et vivre en harmonie.

Mes deux blogs doivent apprendre à en faire de même.

A la maison, le français de mon fils progresse maintenant que ses sœurs sont toutes les trois à l’université, et que contraint forcé, il doit communiquer avec ses parents. Amusant comme toute situation qui semble difficile a toujours un avantage. En anglais on appelle cela ‘silver lining’ et je trouve que c’est une jolie expression.

Aujourd’hui, je suis allée faire une présentation autour du travail d’écriture dans une école locale à l’occasion de l’anniversaire de Dr. Seuss, également Read Across America Day. C’était aussi l’occasion de présenter mon livre Trapped in Paris.

C’était un moment très symbolique pour moi puisque mes quatre enfants sont allés à cette école et que nous y avons laissé de très nombreux souvenirs.

Les 450 élèves de l’école étaient très réceptifs comme savent le faire si bien les enfants qui vivent 100% dans le présent.

En plus, les enfants ont cette immense ouverture d’esprit qui les rend sourds à un accent étranger. Les adultes pourraient en prendre de la graine.

En parlant d’accent et d’écrire dans une langue étrangère, une des profs d’anglais m’a demandé si je pourrais visiter les différentes classes qu’elle enseigne (7e et 8e grades, soit 5e 4e en France) et organiser un atelier d’écriture avec ses élèves dont la langue maternelle est l’espagnol et qui ne parlent qu’espagnol à la maison car leurs parents ne parlent pas anglais. Elle aimerait aussi que se joignent au groupe les enfants dont les parents, même s’ils sont américains de naissance, sont illettrés.

C’est à la fois un honneur et une angoisse.

Je compatirai toujours avec celui ou celle qui apprend la langue de son pays d’adoption. Il me semble que cet apprentissage doit être obligatoire pour une assimilation réussie. Alors quand on me parle d’enfants qui ont besoin d’encouragement, je ne pourrai jamais dire non.

Quant aux enfants dont les parents sont illettrés, leur besoin de support est tout aussi grand.

Serais-je à la hauteur ? Comment aider sans faire tout le travail ? Jusqu’où le support et à partir d’où l’immersion ?

Ces discussions ne peuvent que me rappeler mon expérience personnelle et aussi celle de mère élevant mes enfants dans deux langues.

Emouvant pour moi que l’on me demande d’aider des élèves à améliorer leur anglais quand j’ai cherché de l’aide il n’y a pas encore si longtemps.

Vingt ans après, la boucle serait-elle bouclée ?

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