Winter Formal Pas si Formel

En avril dernier, j’écrivais à propos de la prom de ma fille, cet événement lycéen que seuls des américains auraient pu inventer.

Maintenant que mes trois filles sont passées par la prom et sont maintenant à l’université, je souffle.

Mais ce soir, c’est le tour de mon fils de se rendre à un autre évènement tout aussi intéressant, même s’il est moins grandiose pour deux raisons.

Winter Formal est une dance précédée d’un diner où les lycéens de toutes les classes confondues peuvent se rendre. La prom n’est ouverte qu’aux élèves de dernière et avant- dernière année de lycée (junior et senior) à moins qu’un senior invite un élève plus jeune qui dans ce cas est autorisé à aller à la prom.

Winter Formal comme son nom l’indique est une dance qui a lieu en hiver. Il faut bien couper l’année scolaire avec un évènement fun !

« J’ai besoin d’un costume, » mon fils m’annonce il y a une semaine.

C’est exact, il a dépassé mon 1,70 depuis l’été.

Faire du shopping avec les filles c’est à la fois amusant et épuisant. Trouver une petite robe, puis des chaussures, voire un petit sac, et un petit accessoire du genre boucles d’oreilles ou bracelet peut prendre des semaines de recherche. Si vous avez des filles, vous savez que « petit » veut en fait dire « cher ». La petite robe noire est plus chère que la grosse doudoune d’hiver. On sait toutes cela.

Mais pour les garçons, c’est faux. Plus c’est grand plus c’est cher.

Un costume pour un petit garçon c’est nettement plus raisonnable qu’un costume pour un ado, qui s’habille chez les hommes.

Mais mon fils est, comme la plupart des garçons et des hommes, moins exigeants dans le département mode que les filles et l’affaire costume est rondement menée, en un temps record et avec un prix défiant toute concurrence.

« Mais, » lui ai-je dit ce matin, me rappelant avec panique d’un détail. « De quelle couleur est la robe de ta copine ? »

La tradition veut en effet que la cravate ou le petit foulard glissé dans la poche de poitrine de la veste du garçon s’accorde avec la couleur de la robe de la fille qui l’accompagne à la dance.

« Sa robe est noire et ses chaussures sont bleues, » mon fils m’explique en avalant son bol de céréales, en pyjama, les cheveux ébouriffés.

Il n’est après tout que 10 h du matin un samedi.

Ses sœurs trempaient déjà dans un bain moussant à cette heure là le jour du Winter Formal.

Parfois, j’aurais aimé avoir quatre garçons !

« As-tu une cravate bleue ? »

Mon fils lève mollement les yeux au-dessus de son bol. « Papa en a une. »

Exact, et Papa accepte de prêter sa cravate si nécessaire. Les filles ne me demandaient pas toujours mon avis pour piocher dans mes tiroirs et ma penderie. Remarquez, maintenant qu’elles sont loin, cela m’énerve de voir mes affaires bien rangées.

« Donc, » dis-je à mon fils. « Tu mettras une cravate bleue ? »
« Peut-être, » dit-il.

« Peut-être ? »

« Tu sais, on s’en moque un peu de la couleur, on n’est pas très formels. »

Il me rappelle qu’une autre copine de la bande a organisé le diner du soir chez sa grand-mère au lieu d’aller au restaurant – ces ados deviennent raisonnables depuis la crise de 2008– et que la mère de la même copine propose de conduire les ados à la dance. La grand-mère aussi d’ailleurs.

J’écoute mon fils et je me dis que les choses vont dans le bon sens.

Mon fils de seize ans est tout à fait d’accord d’aller diner chez la grand-mère d’une copine en compagnie de ses dix autres copains et d’être conduit à la dance par la même grand-mère et la maman de la copine qui a tout arrangé.

Le monde entre les mains des femmes tourne bien.

Mon fils avec trois sœurs ainées et une maman qui passe beaucoup de temps avec lui a un avantage sur d’autres garçons : il n’a aucun préjugé sur les filles et les femmes.

Mais j’aime à penser que le mouvement est plus large et que la majorité des ados garçons de sa génération pensent comme lui et laissent tomber les schémas classiques garçon/fille sans aucune crainte et peur du ridicule.

Je trouve cela super et suis convaincue que l’égalité entre les sexes, ils la vivent au quotidien et pour de vrai.

Même quand ils vont au Winter Formal.

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