Thanksgiving aux US

Ma fête américaine préférée est derrière moi. Thanksgiving reste une journée qui ne peut que plaire aux français. On mange !

Cela m’amuse et me touche toujours autant de voir l’enthousiasme américain à l’approche de Thanksgiving.  Une fois par an tout le monde mange presque à la même heure presque les mêmes plats. Je schématise un peu, c’est vrai. Chaque famille a ses traditions et ses plats favoris. Mais il reste exact que la dinde, les haricots verts, les pommes de terre douce, les canneberges en gelée, les tartes au potiron et aux noix de pécan n’apparaissent sur les tables américaines que pour Thanksgiving.

Le menu est orchestré autour de la dinde. Comme on est aux US et que d’autre part Thanksgiving est l’occasion de rassembler les familles éparpillées aux quatre coins du pays, la dinde est dodue. La mienne pesait 13 livres soit presque six kilos. Comparée aux dindes moyennes, elle était mince.

A la maison, nous grignotons des amuse gueules vers midi pour nous mettre en appétit et aussi permettre d’attendre quatre heures.

Après toutes ces années aux US, nous utilisons plus de recettes américaines que françaises mais nous leur donnons un je ne sais quoi bien de chez nous malgré tout.

Terrine de saumon, croustillants au fromage et tapenade pour patienter, dehors sur la terrasse, en shorts et T-shirts. Je sais que vous rêvez en lisant cela. Mais n’oubliez pas que dans la Sierra nous dépassons les 40 degrés Celsius en été, alors nous méritons notre automne somptueux.

Mon mari est sacré chef des soupes depuis qu’il a créé pour Thanksgiving une soupe à la carotte, veloutée à souhait il y a quelques années. Depuis il est passé à la vitesse supérieure et nous avons eu droit cette année à une soupe aux coquilles Saint Jacques à faire pâlir d’envie un français.

La dinde était succulente, grâce à une cuisson lente et attentive. Je suis trop impatiente pour m’en occuper. Mais les purées sont ma spécialité. Pommes de terre douces et carottes se marient très bien surtout avec un peu de noix de cajou. Pommes de terre ordinaires et navets parfumés à la sauge. Pas mal non plus. Je fais ma gelée aux canneberges alors que beaucoup achètent en boite. Mes enfants aiment les boites mais je les ai convaincus d’essayer la mienne et j’ai marqué un point.

Les desserts incontournables sont à notre table. Mes filles adorent la tarte au potiron que vend Costco – un entrepôt monstrueusement grand qui fournit des produits en gros donc peu chers – et une fois par an je cède à la pression. Cela me fait un dessert de moins à faire et que je le veuille ou non mes filles sont plus américaines que françaises. Tant pis si parfois elles préfèrent les plats industriels aux petits plats maisons.

J’aime faire un dessert ou une purée nouvelle à chaque Thanksgiving et cette année je n’ai pas résisté aux « Pumpkin Chai Pots de Crème ». Peut-être autant pour leur nom franco-américain que pour les ingrédients.

Le mélange potiron et concentré de thé chai était une bonne idée et tout le monde a aimé cette version Thanksgiving de notre bonne vieille crème brûlée française.

Chez moi, comme les français ne font jamais tout comme les autres, on mange plus tard que la moyenne. On aime peu le foot – tradition américaine après le repas – et on préfère un déjeuner/diner vers quatre heures plutôt que vers deux heures.

Les américains se déchainent en déco pour Thanksgiving. Les magazines et magasins donnent des idées plusieurs semaines avant le grand jour. Bougies, mini citrouilles, nappe et serviettes en… tissu – pour une fois – font leur apparition.

A part les citrouilles, on a fait pareil.

Ma famille était réunie et nous avons exprimé notre gratitude d’être ensemble. Thanksgiving c’est avant tout cela.

Une fête un peu kitch mais généreuse. Comme l’Amérique.

By Hand

An unfortunate accident forced me to live the past ten days without a computer. I won’t go into details, but you all know that liquids are the worst enemies for computers. My beloved MacBook Air spent ten days in repair.

In the middle of November. NanoWriMo.

When I left the Apple store, my bag weighing nothing on my shoulder, I felt the way I did when my youngest child attended school for the entire day for the first time. I was searching for my computer like I did search for my son’s hand the morning he entered first grade.

Without a computer, I imagined that I wouldn’t be able to write at all. And for the first day, it was true. I walked restlessly through the house, feeling guilty to read instead of writing.

Everyone around me had a computer and I seemed to be living in another era. Gosh, I missed Google!

The fact that I would spend more than a week without my MacBook finally sunk in. I thought of the story I started to write and realized that being unable to access the Internet, my e-mail, and the easiness of a keyboard was exactly what I needed to keep going.

I collect notebooks, pencils and pens, although I use them less and less. I picked a nice notebook and a good pen and I sat outside, in the sun. There was no glare on my computer screen, no need to charge the battery. I curled on my favorite bench under the porch and I wrote. I wrote without the spelling checker highlighting my typos. I wrote in my large handwriting that pulled me back to my school days. I filled half of my thick notebook.

There was something liberating to write by hand as if my brain and hand were in complete harmony.

I got my computer back this afternoon. It is repaired and looks as new. I was glad to slide it in my bag and be soon able to return to our world in constant motion. But the urgency and speediness imposed by the high tech world rushed back to my mind and a pang of nostalgia for the last ten days tugged at me.

I will of course type my notes so I can catch up with the delay I took. I am not of course planning to ruin my lovely MacBook again.

But I stuck my notebook in my purse with the promise to write more often by hand.

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