Des Emotions, S’il Vous Plait

Il y a quatre ans, l’Amérique s’enflammait pour un jeune candidat à la présidence américaine et pour la première fois depuis longtemps, les appartenances politiques, les origines ethniques et géographiques, et les differences socio-économiques, s’effaçaient devant l’espoir et le changement promis. Pour tous.

Où en sommes nous aujourd’hui ?

Un pays scindé en deux, déchiré par un taux de chômage galopant, par une hausse des prix et une baisse du pouvoir d’achat, et surtout divisé délibérèment par une campagne politique qui ne cesse de mettre de l’huile sur le feu, comme disait ma mère quand je cherchais à faire sortir ma sœur de ses gonds par n’importe quel moyen.

Si la campagne présidentielle 2012 était un livre, ce ne serait pas un best-seller.

Si elle était un film, pas davantage un blockbuster.

Un bon livre et un bon film ouvrent le cœur et l’esprit, donnent envie d’autre chose, font rêver, changent notre vision du monde et – quand ils sont très bons – nous rendent meilleurs.

Où sont passés la compassion, l’espoir, l’envie d’un monde plus beau ? Des émotions, s’il vous plait.

A leur place on a une guerre – une de plus – où les adversaires s’envoient à la figure des messages télévisés à plusieurs millions de dollars. Messages remplis d’arrogance, de dédain, de mensonges. Une guerre entre des idées qui, de façon étrange se ressemblent parfois tellement que l’on ne sait plus très bien qui a dit quoi. Une guerre qui ne rallie pas les Américains mais les divisent alors que nous devrions être plus que jamais unis.

La dernière guerre est celle de la conquête de l’électorat féminin. Nous, les femmes, n’avons jamais été aussi importantes que dans cette élection. Cela devrait nous mettre du baume au cœur. Il n’en est rien car seules certaines catégories de femmes sont jugées réellement importantes: les femmes qui élèvent leur (s) enfants seules, les femmes de couleur et les femmes appartenant aux communautés LGBT.

Revenant à ma mère, le jour du second débat présidentiel, elle m’a confié, « Moi, j’aime Obama ! »

Moi aussi. Avant qu’il ne préfère séparer à unir.

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