Epater et Faire Craquer une Parisienne

Lorsque je suis arrivée aux USA, tout m’apparaissait nouveau et par conséquent excitant, même ce qui était choquant pour la française que j’étais.
Au fil du temps le dépaysement des premiers moments s’atténue et l’extraordinaire cède la place à l’ordinaire. Les visites de me parents et famille m’ont longtemps permis de voir les Etats Unis à travers leurs yeux étonnées. Mais leurs séjours se sont espacés, et c’est moi qui maintenant redécouvre ma France natale en leur rendant visite.
Alors quand la possibilité de faire découvrir la Californie à quelqu’un qui ne la connaît pas se présente, c’est une chance que je ne laisse pas passer.
Au cours de ce long weekend de Labor Day (fête du travail aux USA, toujours le premier lundi du mois de septembre) ma famille a reçu la fille d’une très ancienne copine de fac qui vient étudier pour un an à San Francisco. Et à travers ses yeux j’ai revécu le temps d’un weekend mes premiers jours de vie en Californie.
Son émerveillements devant la beauté naturelle de Yosemite et de la côte entre Monterey et San Francisco, sa curiosité par rapport au comportement amical et courtois des américains, et ses efforts pour mieux comprendre la langue et la culture américaine m’ont ramenée des années en arrière quand tout était une découverte de tous les instants.
Je n’ai eu aucun mal à partager son enthousiasme naïf et sincère. Je me souviens encore du mien.
Mais ce qui était nouveau était de pouvoir parler de ce pays qui est maintenant le mien avec fierté et émotion.
Je n’avais pas d’iPhone, pas de MacAir, ni même d’adresse e-mail en 1990, et si cette jeune française pouvait en un clic envoyer à sa famille des photos et textos illustrant ses découvertes reflétant l’évolution foudroyante des vingt dernières années, ce qui n’avait pas pris une ride restait l’essentiel.
Découvrir un monde qui n’a rien, ou si peu, en commun avec celui dans lequel on a grandi reste une expérience inoubliable.
Même si la France s’est américanisée et que les américains mangent plus de fromage et boivent plus de vin que dans les années 90, il reste encore les cinnamon rolls, les diners et le café to go pour épater et faire craquer une parisienne.

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