Vivre en California

Depuis mon retour en Californie les températures dans les collines qui bordent l’entrée sud du parc national de Yosemite ne sont pas descendues au-dessous de 95 degrés Fahrenheit, soit environ 35 degrés Celsius. La première partie du mois a vu des températures atteignant les 45F. 
Mes parents en Normandie se sont plaints d’une vague de chaleur. « Ecrasante » a dit ma maman. Il faisait 30C sur la Basse-Normandie.
Mon mari qui était à San Francisco pour business il y a deux jours a eu froid dans le Sunset, quartier toujours ou presque dans le brouillard, particulièrement en été.
Aujourd’hui encore des incendies ravagent le nord de la Californie. Ou je vis, l’air n’est pas affecté mais il peut l’être lorsque le feu attaque Yosemite, Kings Canyon ou Séquoia, les trois parcs nationaux au nord et au sud de ma maison.
L’été californien est atypique. La baie de San Francisco connaît des températures fraiches et des nuits froides. Dès que l’on quitte les frontières de la ville et qu’on entre dans la péninsule et qu’on atteint le sud de la baie (Palo Alto jusqu’à San Jose vers le sud, Pleasanton sud-est de Berkeley) les températures montent très vite.
Les foothills connaissent des étés très secs, très chauds et très longs. Jusqu’en Octobre nous sommes en vêtements légers, avec heureusement des matinées et des nuits plus fraiches vers mi septembre. Halloween traditionnellement marque un changement très net et très attendu par les californiens.
La fin de l’été indien pour la baie de San Francisco, l’automne tant rêvé pour de nouvelles plantations pour les résidents de la vallée. Commence ensuite la longue attente pour la saison des pluies.
Dépendant énormément d’El Nino, les années se suivent et ne se ressemblent pas.
La saison des pluies et des neiges a été quasi inexistante l’hiver dernier et si cela n’a pas affecté les réserves d’eau – l’hiver précédant avait été extraordinairement mouillé – les incendies sont la conséquence de notre hiver très sec.
Je ne me plains pas. Aucun incendie n’a ravagé ma région et l’air est peu pollué. Il ne fera que 100 F aujourd’hui (40 Celsius) et plus tard dans l’après-midi. Ce matin était agréable, me permettant un petit déjeuner sur l’une de mes terrasses. Je ne suis rentrée que parce que mon Mac avait besoin d’être rechargé.
L’été en Californie je pense à Thanksgiving, quand je pourrai faire une longue promenade avant de prendre l’apéritif dehors.
Je pense aussi à la beauté de Yosemite quand les pluies de l’hiver font déborder les cascades et pousser des cris d’admiration aux touristes.
Ce sont ces moments qui me font aimer la Californie davantage encore.
Un état à trois couleurs : le bleu du ciel, le brun brulé de son herbe – les natifs disent doré – entre mai et les premières pluies, et le vert dès les premières gouttes d’eau.
Vivre en Californie c’est apprendre à oublier les quatre saisons, à vénérer la pluie, à craindre une nature extraordinairement belle mais puissante et donc dangereuse. 

%d bloggers like this: