Route 66

Immortalisée par John Steinbeck qui l’a baptisée The Mother Road, la Route 66 qui coupe les USA en diagonale de Chicago à Los Angeles connut son heure de gloire entre 1924 et 1984, avant la fin des travaux d’autoroute qui la remplacèrent.
Ce qui reste aujourd’hui de la mystique Route 66 varie énormément dépendant des sections empruntées.
Dans le Nouveau Mexique, l’un de mes endroits préférés est El Rancho Hotel à Gallup. Les portes des chambres de l’hôtel portent les noms des stars du cinéma américain qui ont passé une nuit ici : John Wayne, Katherine Hepburn, Kirk Douglas, Gregory Peck, Humphrey Bogart et beaucoup d’autres.
Meme les présidents Reagan et Eisenhower y sont restés.  
Le restaurant est très simple mais les salades et sandwiches sont également nommés après des stars. Le classique BLT (bacon, laitue, tomate) sandwich s’appelle par exemple Katherine Hepburn.
La boutique adjacente au restaurant vend des bijoux et poteries du sud ouest et leurs bracelets, colliers et boucles d’oreilles, mélangeant l’argent et la turquoise, sont parmi les plus beaux et les plus raisonnables au niveau prix de tout le sud ouest.
Après avoir quitté l’Arizona, on entre vite dans le désert californien du Mojave. Les températures grimpent à toute allure et pendant des mois elles ne descendront pas en dessous des 40/45 degrés Celsius.
Route 66, parallèle à l’autoroute 66, ne fait plus alors que des apparitions brèves, comme si le passé ne pouvait qu’à regret céder la place au présent.
Ces modestes cafés, motels et diners, pour beaucoup en ruines ou très modestes valent cependant la peine d’y faire attention. Les humbles stands ou les attrape-touristes trop kitch vendent les souvenirs d’une route qui a fait rêver l’Amérique pendant plusieurs décennies et habite encore l’imaginaire collectif américain.
Cette route magique, symbole de l’aventure, de l’ouverture vers l’ouest prometteur, du gout des voitures et des plaisirs qui s’y associent reste davantage qu’une attraction, et beaucoup d’américains à un moment ou à un autre décident de l’emprunter, ne serait ce que pour quelques kilomètres.
Nostalgie mise à l’écart, pour moi, la route 66 évoquera toujours davantage l’exode vers l’espoir qu’offre l’ouest américain, si bien dépeint par Steinbeck dans Les Raisins de la Colère, que les voyages d’agrément.
La chaleur intense qui filtre à travers le pare brise, la désolation du désert et l’absence d’habitation, de commerces et d’aires de repos pendant plusieurs heures permet aisément d’imaginer ce que devait être cette traversée sans air climatisé et portables.
Le désespoir des hommes, femmes et enfants de l’Oklahoma qui pendant la Grande Dépression et plus tard après la deuxième guerre, laissèrent derrière eux la misère pour le rêve californien sont palpables quand on emprunte cette route.
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