A Propriétaire de Château, Taxes Royales

La petite madeleine de Proust ravive bien plus que mes souvenirs personnels quand je retourne en France. C’est l’histoire de mon pays natal qui revient au galop à ma mémoire.
Angers, dans mon enfance, c’était la porte des vacances, la ville que nous traversions, ma sœur, mes parents et moi, pour nous rendre en Vendée. Malgré la présence d’oncles et tantes dans la Mayenne et la Sarthe, jamais je n’avais visité Angers et le pays angevin avant aujourd’hui.
Angers a suffisamment de cafés, restaurants, boutiques et…châteaux pour occuper deux journées de vacances. En plus du superbe château situé au cœur de la ville, de plus petits châteaux et manoirs surgissent au détour des routes, surplombant des collines rondes et verdoyantes.
Le château de Montriou, par exemple, a un charme fou. Sa propriétaire, chaleureuse et accueillante, offre avec le sourire un plan pour visiter les jardins à faire pâlir d’envie la jardinière que j’essaie d’être. 


Au château j’ai rencontré ma concurrente ; sa collection de géraniums en pots me fait passer pour une amatrice. Plusieurs jardins entourent le petit château qui est dans la famille depuis plus de 300 ans. Les buissons de buis et les allées d’herbe soyeuse portent la griffe de la France. Le potager est particulièrement exceptionnel avec ses arbres fruitiers, ses roses et dalias qui tiennent compagnie aux salades, carotte, courgettes et haricots.

Il est tellement impossible de ce pas succomber au charme français qu’un californien résidant dans l’une des chambres d’hôtes à l’intérieur du château a questionné la propriétaire à ce sujet.
“J’ai reçu un californien ici,” dit-elle, apprenant que mon mari et moi vivons là-bas. “La seule question qu’il m’a posée était sur les taxes foncières. Cela semblait beaucoup le préoccuper, les taxes sur le château.” Elle a froncé les sourcils. “Quand je lui ai finalement dit combien je payais, il a cessé de m’en parler.”
En parfaite française elle ne nous a pas informé du montant des impôts.
Quant au californien, il a, j’en suis certaine, très vite renoncé au rêve angevin.
A propriétaire de château, taxes royales. 
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