Highway 40 et Route 66

Quiconque traverse les Etats-Unis par le sud, à partir de la Californie, emprunte Highway 40. De larges sections empiètent sur l’historique Route 66, le premier accès routier entre Chicago et Los Angeles, avant la construction des autoroutes américaines.
Route 66 laisse un arrière-gout de jours meilleurs, quand l’Amérique faisait pour trois fois rien le plein de voitures qui n’existent plus que dans la mémoire nostalgique des vieux américains ou dans les ‘vintage car shows’.
Après Las Vegas et sa démesure commerciale qui donnent le vertige, c’est la nature qui coupe le souffle quand on atteint, après des kilomètres de routes étroites de montagne, la petite ville de Sedona, lovée aux pieds de canyons et de mesas impressionnants de beauté.


Ce sont des paysages qui, pour la française que je suis à chaque fois que je découvre un coin de mon Amérique que je ne connaissais pas encore, évoquent les westerns de mon enfance quand le beau cowboy tombait amoureux de la belle indienne montant fièrement un cheval indomptable.
Car Highway 40 c’est aussi ce qui reste des terres indiennes du sud ouest américain.
Des casinos qui n’ont en commun avec ceux de Las Vegas que le nom.
Des villages qui ne sont plus que de maigres rassemblements de maisons délabrées et de cours en terre battue des enfants au teint sombre et aux cheveux noirs jouent pieds nus dans la poussière rouge, près de voitures aux pneus crevés et aux capots ouverts sur un moteur qui n’a pas voulu démarrer un matin de poisse, et n’a jamais été réparé depuis.
La devise du Nouveau Mexique c’est « Terre d’Enchantement » ; les paysages sont, il est vrai, envoutants et l’histoire lourde d’évènements qui ont mal tournés.
L’Arizona a préféré choisir « The Grand Canyon State » même si ses réserves indiennes n’ont rien à envier à celles de son voisin le Nouveau Mexique.
Ce soir nous dormirons à Albuquerque.  Les hôtels de Sante Fe étaient pleins, et nous y sommes déjà restés plusieurs fois.
De plus, ce soir, cette ville ravissante, prospère, au centre ville un peu trop sophistiqué, aurait un je ne sais quoi d’artificiel après avoir roulé huit heures sur la Highway 40. 
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