Législatives en France et Primaires aux USA

Le mois de juin est politique.
La France a ses législatives. Les Etats Unis ont leurs primaires.
Le gouverneur républicain du Wisconsin vient d’être réélu et si sa réélection n’a aucune importance pour la France, elle donne le pouls de la classe moyenne américaine, blanche, oubliée et humiliée depuis 2008. Cet hiver le Wisconsin a traversé une crise importante divisant l’état entre les partisans du système public et les opposants à la débâcle financière de l’état. Hier le Wisconsin a parle en donnant la préférence à leur gouverneur conservateur. Pas très excitant mais révélateur d’un état traditionnellement plutôt en faveur du service public. 
Pendant que Barack Obama aligne diner sur diner à San Francisco, dans la Silicon Valley, et Beverly Hills, les américains, qui l’aient élu ou non, vivent la crise de plein fouet. Ils ont perdu leur travail et/ou leur maison et ne se reconnaissent pas dans un gouvernement qui leur a promis l’espoir et le changement mais qui continue de les ignorer, préférant les diners mondains qui rapportent gros dans les caisses du parti démocrate.
Les républicains ne font pas mieux mais aucun d’entre eux n’a jamais promis de changer le système du ‘fund-raising’.
Si quelqu’un comme moi, qui a cru en Barack Obama avant qu’il ne devienne le candidat démocrate à l’élection présidentielle, a des doutes sérieux quant à son engagement sincère pour la classe moyenne, que pensent ceux et celles qui le voient diner chez George Clooney (j’aime beaucoup Clooney !) 
à $40 000 le repas ou chez un des titans de la Silicon Valley (au même prix pour le même deal) ?
Maintenant le système s’est sophistiqué en point de faire croire au citoyen lambda qu’il peut lui aussi avoir la possibilité de diner en compagnie de M. le Président et d’une poignée de milliardaires. Tout le monde peut se le permettre puisqu’il suffit de payer $ 3.
Si ce n’est pas se mettre à portée de ceux et celles qui n’ont pas les moyens !
Ces diners sont un tel succès que sur Internet, les invitations pleuvent. Vous aussi vous pouvez diner avec le président !
Combien d’américains ont pensé que seul l’heureux élu dont le nom était tiré au sort parmi les millions qui ont participé à la loterie paierait $3?
Moi, j’y ai cru. Je n’ai pas participé parce que je n’ai aucune chance au jeu. Mais jamais je n’aurais pensé que la loterie était en fait la pompe à fric la plus gigantesque que les démocrates aient jamais conçu.
Est-ce que ces montagnes d’argent utilisées pour les spots télévisés qui vont matraquer les USA pendant la campagne de cet automne, ne vont-elles pas finir par écœurer les américains et claquer à la figure de celui qui pourtant encore aujourd’hui pourrait faire flancher l’opinion publique s’il se donnait la peine de quitter la scène pour redescendre dans la rue.
Hier le Wisconsin a réélu un gouverneur républicain et la Californie a dit non à la mesure 29, qui proposait d’augmenter la taxe sur les cigarettes. Un geste symbolique qui exprime la méfiance grandissante d’un état jusqu’à très récemment en faveur du service public.
L’été sera chaud. Et novembre risque d’être glacial.


%d bloggers like this: